CULTURE

Citadelle : démission choc de Jean Garry Denis, le gouvernement acculé par ses propres défaillances

Un séisme politique ébranle les plus hautes sphères de l’État après le drame de la Citadelle Laferrière. La démission fracassante de Jean Garry Denis, adressée au Premier ministre intérimaire Alix Didier Fils-Aimé, met à nu les failles profondes d’un système incapable d’assurer la protection du patrimoine national. Dans une correspondance officielle datée du 13 avril 2026 et adressée au chef du gouvernement, l’ex-directeur général du ministère de la Culture et de la Communication annonce sa démission avec effet au plus tard le 1er mai 2026. Il évoque une décision « mûrement réfléchie », motivée par des constats personnels profonds. Au cœur de sa lettre, un désaccord de fond apparaît clairement : Jean Garry Denis dénonce une incompatibilité entre ses convictions notamment en matière de protection des biens culturels, de valorisation de l’identité nationale et de financement des activités culturelles et l’orientation stratégique actuellement adoptée au sein du ministère. Il affirme, en substance, qu’il lui est impossible de travailler avec conviction dans un tel cadre. Derrière la prudence du langage administratif, le message est sans équivoque : c’est un désaveu direct de la gouvernance actuelle. Une rupture nette qui intervient dans un contexte de crise, quelques jours seulement après le drame survenu à la Citadelle. Car la question centrale demeure : comment un site aussi emblématique a-t-il pu être laissé sans encadrement suffisant ? Pourquoi aucune mesure préventive sérieuse n’a-t-elle été mise en place ? Et surtout, pourquoi l’État semble-t-il incapable de fournir des réponses claires après une tragédie d’une telle ampleur ? La démission de Jean Garry Denis agit comme un révélateur brutal d’un dysfonctionnement plus large. Elle met en lumière un État qui peine à protéger ses symboles, à anticiper les risques et à assumer ses responsabilités. Dans l’opinion publique, la pression s’intensifie. Plusieurs voix exigent désormais des mesures concrètes et des sanctions immédiates. Le ministre de la Culture et de la Communication, la ministre du Tourisme, le ministre de l’Intérieur ainsi que le directeur général de l’ISPAN sont directement pointés du doigt, certains appelant ouvertement à leur départ. Au-delà des individus, c’est toute une culture de gouvernance qui est remise en cause : une gestion réactive plutôt que préventive, une communication floue, et une absence persistante de reddition de comptes. Ce nouvel épisode dépasse le cadre d’une simple démission. Il s’agit d’un test majeur pour un pouvoir fragilisé, désormais sommé de prouver qu’il peut encore assumer ses responsabilités. Faute de quoi, la crise de confiance pourrait atteindre un point de rupture irréversible.

RTVHAITI INVESTIGATION DOSSIER SPÉCIAL CITADELLE HENRY : COMPRENDRE UN DRAME HUMAIN ET INSTITUTIONNEL

INTRODUCTION GÉNÉRALE Le 11 avril 2026, la Citadelle Henry, symbole majeur du patrimoine historique haïtien, a été le théâtre d’un drame marqué par une bousculade ayant entraîné des pertes en vies humaines. À partir du rapport officiel de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (,"ISPAN","Institut de Sauvegarde du Patrimoine National"]), ce dossier de RTVHAITI INVESTIGATION propose une lecture complète et structurée des événements. L’objectif n’est pas de juger, mais de comprendre : comprendre comment une journée de visite a basculé dans une situation de crise, et pourquoi les mécanismes de prévention n’ont pas suffi à empêcher le drame. UNE JOURNÉE QUI BASCULE Ce qui devait être une journée de fréquentation touristique normale s’est transformé en un événement de forte affluence difficile à maîtriser. Selon le rapport de l’ISPAN, la Citadelle Henry a connu une arrivée massive de visiteurs, principalement des jeunes, dans un contexte post-Semaine sainte. Cette affluence aurait été amplifiée par des appels diffusés sur les réseaux sociaux, sans coordination préalable avec les institutions responsables de la gestion du site. Très rapidement, le site s’est retrouvé dans une situation de tension progressive, sans dispositif pleinement adapté à l’intensité du flux. L’ENGRENAGE SUR LE TERRAIN Face à l’afflux croissant, des agents municipaux ont été déployés aux entrées du site. Le rapport indique que leur intervention s’est principalement concentrée sur le contrôle des accès, dans un contexte de forte pression humaine. Progressivement, la configuration des entrées est devenue problématique : une seule voie de passage est restée fonctionnelle, tandis qu’une autre porte était fermée. Aucune séparation claire n’a été mise en place entre les personnes entrant et celles sortant. Dans ces conditions, deux mouvements contraires se sont retrouvés face à face au même point de passage. LE MOMENT CRITIQUE Au fil des heures, la situation s’est tendue. Des visiteurs tentaient de quitter le site, tandis que d’autres cherchaient encore à y entrer. La pluie est venue compliquer davantage les déplacements, rendant les mouvements plus lents et plus difficiles. Le point d’accès principal a progressivement atteint un niveau de saturation critique. C’est dans ce contexte qu’une bousculade s’est produite, entraînant des pertes en vies humaines et des blessés. CE QUE LE RAPPORT MONTRE SUR LE FOND Au-delà de l’événement lui-même, le rapport met en lumière plusieurs réalités structurelles. Il ressort notamment que le site ne disposait pas d’un dispositif permanent suffisamment structuré pour gérer ce type d’affluence exceptionnelle. La gestion impliquait plusieurs acteurs institutionnels, mais sans véritable coordination unifiée capable de prendre le relais en situation de crise. Le système de gestion des flux, élément central dans ce type d’infrastructure, n’était pas suffisamment opérationnel pour absorber une montée rapide de fréquentation. UNE ALERTE AVANT LE DRAME Le rapport rappelle qu’une alerte avait été formulée dès le 20 mars 2026 par les services de l’ISPAN. Cette alerte signalait le risque d’une affluence importante et recommandait un renforcement du dispositif de sécurité, ainsi qu’une meilleure organisation des flux de visiteurs. Cependant, selon les éléments disponibles, ces recommandations n’ont pas été entièrement traduites en dispositif opérationnel sur le terrain. UNE COORDINATION FRAGILE La gestion du site repose sur plusieurs institutions : autorités nationales, autorités locales et forces de sécurité. Dans la pratique, cette organisation n’a pas toujours permis une coordination fluide et rapide au moment de la montée de la crise. Le rapport décrit ainsi une situation où chaque acteur intervient dans son champ de compétence, mais sans mécanisme unifié de commandement en situation d’urgence. ENTRE GESTION ADMINISTRATIVE ET EXIGENCE DE SÉCURITÉ Dans la dynamique de l’événement, la gestion des accès a joué un rôle central. Les opérations sur le terrain ont combiné contrôle des entrées et contraintes organisationnelles, dans un contexte de forte affluence. L’absence de séparation des flux entrants et sortants a contribué à créer une situation de blocage progressif au niveau des passages. UNE NOUVELLE RÉALITÉ : L’EFFET DES RÉSEAUX SOCIAUX Le rapport met également en évidence un facteur devenu incontournable dans la gestion des foules modernes : les réseaux sociaux. Une mobilisation rapide, spontanée et massive peut désormais transformer en quelques heures un site touristique en zone de forte pression humaine. Cette réalité impose de nouveaux outils de veille et d’anticipation, encore insuffisamment développés. CE QUI RESTE À ÉCLAIRCIR Malgré les éléments disponibles, plusieurs zones restent encore à préciser dans le cadre des enquêtes en cours : Les décisions exactes prises au moment de la restriction des accès ; -Le niveau réel de coordination entre les différents acteurs ; -L’application effective des recommandations formulées avant l’événement ; -Les modalités de gestion de la foule au moment critique ; -Le rôle précis des dynamiques de mobilisation en ligne. Ces éléments nécessitent des investigations complémentaires. CONCLUSION GÉNÉRALE Le drame de la Citadelle Henry ne peut être réduit à un seul facteur. Il résulte d’une combinaison de conditions humaines, organisationnelles et institutionnelles qui, ensemble, ont dépassé la capacité de gestion du site. Au-delà des responsabilités individuelles, cet événement met en lumière une question essentielle : comment adapter la gestion des sites patrimoniaux haïtiens à des dynamiques de fréquentation de plus en plus rapides, imprévisibles et amplifiées par le numérique ? RTVHAITI INVESTIGATION

Fantom choisit Limonade : le retour d’un souffle sur Haïti

La pluie tombe, le sol tremble, et une voix traverse les nuages : Fantom revient en Haïti. Limonade n’est pas sa naissance, mais elle devient son choix, son refuge, son nouveau royaume. Sous une pluie battante, le vent emporte les échos d’un exil trop long. Fantom, légende du Barikad Crew, se tient là, sur une scène trempée, et chaque goutte semble danser avec ses mots. Il n’est pas né ici, mais aujourd’hui, il adopte Limonade. La ville devient sa racine, son port, le sol où il déposera ses rêves et ses rimes. Les années passées en République dominicaine ont laissé leurs cicatrices : arrestation, détention, frontières fermées. Mais derrière la peur, une force silencieuse a grandi. Sur scène, sous la pluie, cette force éclate en notes et en vers. La ville retient son souffle. Chaque parole est une libération, chaque pas une déclaration : « Je choisis ce pays, je choisis cette ville, je choisis de revenir. » Fantom ne ramène pas seulement sa musique : il transporte ses espoirs, ses luttes et sa lumière. Limonade devient alors plus qu’un lieu : un symbole, un théâtre où la résilience prend forme, où la musique devient manifeste, où chaque goutte de pluie se fait applaudissement. Adopter Limonade, c’est transformer l’exil en retour, la pluie en rythme, et la ville en maison. Fantom n’est plus seulement un artiste : il est un souffle nouveau sur Haïti, une invitation à croire que choisir, revenir et rêver sont des actes de courage.

Décès de Dieudonné Larose : Haïti perd une voix majeure de sa mémoire musicale

La musique haïtienne est en deuil. Le vendredi 9 janvier 2025, Dieudonné Larose, figure emblématique du compas et de la musique populaire haïtienne, s’est éteint, laissant derrière lui une œuvre riche et un héritage profondément ancré dans la mémoire collective. L’annonce de sa disparition a suscité une vive émotion à travers le pays, au point que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a publié une note officielle de sympathie saluant la contribution exceptionnelle de l’artiste à la culture nationale. À travers ses chansons, Dieudonné Larose s’était imposé comme une voix incontournable de la scène musicale haïtienne. Son talent, reconnu tant par le public que par ses pairs, lui a permis de traverser les générations, touchant aussi bien les amateurs de compas traditionnel que les jeunes mélomanes. Ses textes, souvent empreints de sensibilité, d’amour et de réalisme social, reflétaient les joies, les douleurs et les espoirs du peuple haïtien. Le CPT, dans sa note de sympathie, souligne que Dieudonné Larose n’était pas seulement un musicien, mais un porteur de mémoire et d’identité. Sa musique, devenue au fil du temps un repère culturel, continuera de résonner « comme un chant d’amour pour Haïti et pour l’humanité ». Une reconnaissance institutionnelle qui témoigne de l’impact durable de l’artiste bien au-delà de la scène musicale. La disparition de Dieudonné Larose laisse un vide immense, non seulement au sein de sa famille et de ses proches, mais aussi dans toute la communauté artistique haïtienne. Pour de nombreux musiciens, il représentait un modèle de rigueur, de créativité et de fidélité à l’authenticité musicale haïtienne. Son parcours inspire aujourd’hui une nouvelle génération appelée à préserver et renouveler cet héritage culturel. Au-delà de l’émotion, la mort de Dieudonné Larose relance également le débat sur la préservation du patrimoine musical haïtien et la reconnaissance des artistes de leur vivant. Dans un pays confronté à de multiples crises, la culture demeure l’un des rares espaces de résistance, de cohésion et d’espoir. Les œuvres de Larose s’inscrivent pleinement dans cette dynamique, rappelant que la musique reste une force de rassemblement et d’affirmation identitaire. En adressant ses condoléances à la famille de l’artiste, à ses amis, à ses collègues musiciens et aux mélomanes, le Conseil Présidentiel de Transition a exprimé le sentiment partagé par toute une nation. Si Dieudonné Larose n’est plus physiquement parmi nous, son héritage artistique, lui, est appelé à traverser le temps. Comme beaucoup de grandes figures de la musique haïtienne, Dieudonné Larose entre désormais dans l’histoire. Une histoire faite de notes, de paroles et d’émotions, qui continueront d’inspirer Haïti et ses générations futures.

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SANTé

Scandale médical : une mineure contaminée au VIH, l’OPC exige des sanctions immédiates

Le soleil tape sur la cour de l’hôpital Nos Petits Frères et Sœurs. Des parents, des enfants, des silhouettes fatiguées attendent sous la chaleur. Rien, absolument rien, dans cette scène ordinaire ne laisse deviner qu’ici, il y a sept ans, la vie d’une enfant a basculé. En 2018, une fillette de 10 ans avait été admise pour un soin banal. Quelques heures plus tard, une transfusion lui était administrée. Ce jour-là, dans une salle froide, un geste censé la sauver a bouleversé son futur. Aujourd’hui, devenue adolescente, elle porte encore les conséquences d’une erreur médicale que l’hôpital a reconnue peu après les faits, sans jamais réellement réparer le tort causé. Une famille brisée dans le silence Dans le quartier où la jeune fille vit toujours, les voisins évoquent une famille discrète, épuisée mais digne. L’un d’eux confie, presque en murmurant : « Sa maman ne parle pas beaucoup… mais on voit que cette histoire leur pèse. Ils ont cherché de l’aide partout. C’est comme s’ils avaient crié longtemps dans un espace où personne ne répondait. » Depuis le drame, la famille a dû apprendre à vivre avec un poids qu’elle n’a jamais choisi : consultations, médicaments, rendez-vous, fatigue, inquiétudes, regards parfois lourds. Tout cela dans un pays où les structures d’accompagnement sont souvent inexistantes. L’OPC brise enfin le mur Sept ans après, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a décidé d’agir. Dans une lettre ferme adressée au ministère de la Santé publique, le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, exige des sanctions immédiates et une réparation juste pour la jeune fille et ses proches. Pour lui, ce cas représente bien plus qu’une faute médicale : c’est une atteinte directe à la dignité, aux droits et à l’avenir d’une adolescente qui ne méritait que protection. « Ce n’est pas un accident isolé » Un professionnel du secteur médical, touché mais prudent, lâche : « Dans nos hôpitaux, les équipes font ce qu’elles peuvent… mais parfois, le système laisse passer l’irréparable. Et quand ça arrive, les familles restent seules. ». Cette phrase résume la réalité que l’OPC veut mettre en lumière : les contrôles insuffisants, les mécanismes de suivi défaillants, le manque d’encadrement, et surtout le silence qui entoure ces cas. Dans sa correspondance, l’OPC parle même d’autres situations similaires, étouffées par l’absence d’accompagnement pour les victimes. Une adolescence volée Pour la jeune fille, la vie a pris un tournant que ni elle ni sa famille n’avaient imaginé. Les rêves d’enfant, les ambitions scolaires, l’insouciance… tout cela s’est heurté à une réalité douloureuse. Un proche de la famille raconte : « Ce n’est pas seulement une maladie. C’est le choc, la honte qu’on impose, la peur du lendemain, l’injustice. Elle n’a rien demandé… elle voulait juste guérir. » Dans les couloirs de l’hôpital, le contraste est brutal : les files d’attente, les pas pressés, les pleurs parfois… Et au milieu, l’histoire d’une adolescente qui rappelle ce que peut coûter une seule négligence. Un pays face à un choix moral Ce drame n’est pas un cas isolé, mais il devient un symbole. Un symbole de ce que vit une population qui ne demande que des soins sûrs, respectueux, encadrés. Pour l’OPC, l’heure n’est plus aux excuses. Il faut des sanctions, oui. Mais il faut surtout redonner à cette jeune fille et à toutes les autres victimes possibles la place qu’elles méritent : celle d’êtres humains auxquels l’État doit protection, transparence et justice. Un appel à la conscience collective Ce cas rappelle une vérité sensible : derrière chaque faute médicale se cache une vie, une famille, une histoire. Et derrière chaque silence institutionnel, il y a une souffrance qui s’alourdit. Le drame de Tabarre doit devenir un tournant. Pas seulement pour sanctionner, mais pour reconstruire. Pour que les hôpitaux soient des lieux de guérison, pas des lieux où une simple erreur peut briser une enfance.

Nathacha Rosier : l’infirmière qui transforme des vies et inspire tout un peuple

Dans le Sud d’Haïti, là où les routes s’effacent entre montagnes et ravines, une femme illumine les villages et réinvente la santé avec courage, vision et passion. Nathacha Rosier n’est pas seulement une infirmière diplômée : elle est une force de transformation, une entrepreneure sociale audacieuse, et une leader communautaire engagée. Chaque jour, elle incarne ce que signifie véritablement servir, protéger et inspirer. Depuis ses débuts à Maniche, elle a choisi un chemin rare : mettre la santé et le bien-être au cœur de sa mission, en allant au-delà des murs des institutions, là où les patients sont le plus vulnérables. Diplômée en sciences infirmières en 2020 à l’Université Notre Dame d’Haïti et licenciée par le MSPP en 2021, elle a très vite démontré que la compétence seule ne suffit pas : il faut la passion, l’audace, la créativité et le courage pour transformer une communauté. Une vision audacieuse et un engagement sans faille Nathacha n’attend pas que les solutions viennent des autres. Elle crée, innove et agit. Février 2021 : Elle fonde Miss Nathou Resto, promouvant une alimentation saine, naturelle et accessible. Août 2021 : Après le séisme, elle organise la cuisson et la distribution de repas pour les familles sinistrées, apportant soutien et espoir en temps de crise. Décembre 2021 : Elle rejoint le centre de santé de Maniche, développant des programmes de prévention et de dépistage, touchant des centaines de femmes et d’hommes. Cette capacité à anticiper, innover et agir est l’une des qualités majeures qui fait d’elle une entrepreneure à succès : vision claire, leadership, audace et persévérance. Une clinique mobile, un pont vers l’espoir En août 2024, elle transforme son rêve en réalité : sa propre clinique à domicile, sillonnant les villages les plus reculés de Maniche, Camp Périn, Guilgo, Coraux, Saint-Louis, Cavaillon et Bananier. Depuis, elle a soigné près de 200 patients, franchissant ravines et chemins impraticables, chaque trajet étant un acte de courage, chaque geste posé un acte d’humanité. Chaque vie sauvée est un trophée, chaque sourire retrouvé un triomphe sur l’adversité. Les familles pleines de gratitude témoignent que Nathacha ne sauve pas seulement des corps, mais redonne la confiance et la dignité. Leadership et impact durable Pour amplifier son action, Nathacha fonde en juin 2025 l’OPSED’S (Organisation des Professionnels Sanitaires Engagés pour le Développement du Sud). Cette initiative fédère les professionnels de santé autour d’un objectif clair : protéger, éduquer et renforcer la communauté. Juillet 2025 : Formation de plus de 100 habitants aux gestes de premiers secours. Août 2025 : Organisation d’une clinique mobile gratuite, offrant des soins primaires à tous. Ces réalisations témoignent de son esprit stratégique, de sa discipline et de sa capacité à mobiliser et inspirer. Elle combine la vision d’une leader, le courage d’une aventurière et la sensibilité d’une humaniste. Un modèle universel d’excellence Nathacha Rosier est bien plus qu’une infirmière : elle est un exemple vivant de ce qu’une entrepreneure, un leader et une humaniste peuvent accomplir. Elle allie : -Vision et audace pour créer des solutions innovantes. -Persévérance et résilience face aux obstacles. -Leadership et capacité à inspirer ceux qui l’entourent. -Compassion et humanité pour transformer chaque vie en victoire. Elle milite pour un hôpital digne à Maniche, capable de traiter tous les patients, prouvant que la santé est un droit, pas un privilège. Ine source d’inspiration mondiale Aujourd’hui, Nathacha Rosier est un phare pour sa communauté, un modèle d’entrepreneuriat social et un exemple universel de courage et de détermination. Chaque patient soigné, chaque vie sauvée et chaque sourire retrouvé est la preuve qu’un seul individu, guidé par la passion, le service et l’excellence, peut transformer une région entière et inspirer le monde entier.

Haïti : alerte sanitaire après le passage de l’ouragan Melissa

Lors de la 28ᵉ édition des #MardisDeLaNation, le Gouvernement à travers son ministre de la santé, Dr Sinal BERTRAND a présenté les mesures mises en œuvre pour contenir cette crise sanitaire. L’accent est mis sur la prévention, la protection des populations vulnérables et la réhabilitation rapide des infrastructures de santé endommagées. Parmi les actions prioritaires : -Assistance immédiate aux populations sinistrées et soutien aux structures sanitaires affectées ; -Campagnes de sensibilisation et prévention, avec un message clair sur l’importance de l’eau potable, de l’hygiène personnelle et de la sécurité alimentaire ; -Opérations d’assainissement et distribution de kits d’hygiène dans les communautés les plus exposées ; -Surveillance sanitaire renforcée, permettant une réaction rapide face aux nouveaux cas et une coordination étroite avec les partenaires locaux et internationaux ; -Mobilisation des équipes médicales pour garantir la prise en charge des malades et la mise en place de centres de traitement temporaires si nécessaire. Le Gouvernement appelle toutes les communautés à rester vigilantes et à coopérer pleinement pour limiter la propagation des maladies. La population est invitée à respecter les mesures d’hygiène, à privilégier l’eau traitée ou bouillie et à signaler toute situation suspecte aux autorités sanitaires. Face à ces défis post-catastrophe, la prévention et la réactivité restent les armes essentielles pour protéger la santé publique et éviter que la situation ne se transforme en crise majeure.

Automédication en Haïti : une bombe silencieuse dans les foyers

Dans une petite pharmacie de Carrefour, une mère tend un billet de 500 gourdes au comptoir. Sans ordonnance, elle repart avec des antibiotiques pour “faire passer la fièvre” de son fils. Ce geste anodin, répété chaque jour dans les quatre coins du pays, illustre un danger invisible : l’automédication, une pratique devenue aussi courante que risquée En Haïti, se soigner soi-même sans avis médical est presque une norme. Pourtant, selon les experts, cette habitude pourrait à long terme affaiblir tout le système de santé. Pour en parler, Radio Télé Voix d’Haïti s’est entretenue avec le Dr André-Louis Bernard, médecin généraliste, professeur d’université et spécialiste en santé publique, formé à Cuba et en Suisse. Qu’est-ce que l’automédication ? Maxime Daniel Etienne (Journaliste) : Docteur Bernard, que signifie exactement “automédication” ? Dr André-Louis Bernard : “L’automédication, c’est le fait de se soigner soi-même sans consulter un professionnel. Cela inclut l’usage de médicaments achetés sans ordonnance, de restes de traitements ou de remèdes traditionnels. Cela peut sembler pratique, mais c’est une habitude dangereuse, surtout lorsqu’elle devient systématique.” « L’automédication n’est pas une solution, c’est une bombe à retardement sanitaire. » Dr Bernard Maxime Daniel Etienne : Quelles sont les principales causes de ce phénomène ? Dr André-Louis Bernard : “Il y en a plusieurs. D’abord, l’accès difficile aux soins : les hôpitaux sont souvent saturés ou trop éloignés. Ensuite, le coût élevé des consultations pousse beaucoup de familles à chercher des alternatives. À cela s’ajoute la facilité d’accès aux médicaments certaines pharmacies vendent sans ordonnance et la tradition des remèdes maison.” Un autre facteur majeur demeure le manque de sensibilisation. Selon une étude menée en 2023 par la Faculté de Médecine de l’Université d’État d’Haïti, plus de 65 % des Haïtiens reconnaissent avoir déjà pris des médicaments sans avis médical. « L’automédication n’est pas un choix individuel. C’est un problème collectif qui menace la santé publique. » Dr Bernard Des risques graves, souvent ignorés Les conséquences de l’automédication sont multiples et parfois irréversibles : Retard de diagnostic : certaines maladies graves passent inaperçues. Surdosage ou intoxication : les anti-inflammatoires et le paracétamol peuvent endommager le foie et les reins. Résistance bactérienne : l’usage abusif d’antibiotiques rend les infections plus difficiles à traiter. Effets secondaires imprévus : allergies, troubles digestifs, hémorragies, voire hospitalisations. Cas concret : “Un adolescent a pris plusieurs antibiotiques pour une fièvre. En réalité, il souffrait d’une infection pulmonaire sévère. Il a été hospitalisé d’urgence et heureusement sauvé, mais cette erreur aurait pu lui coûter la vie.” Dr Bernard Remèdes traditionnels : entre culture et confusion En Haïti, les plantes médicinales occupent une place historique dans les foyers. Si certaines ont des vertus reconnues, leur usage incontrôlé peut s’avérer dangereux. « Les plantes peuvent soulager certains symptômes, mais elles ne remplacent pas un diagnostic médical. Mal utilisées, elles peuvent aggraver l’état du patient. » Dr Bernard Les pharmacies, quant à elles, jouent parfois un rôle ambigu : la vente sans contrôle de médicaments favorise une spirale de dépendance et de faux traitements. Comment réduire ce fléau ? Le Dr Bernard propose plusieurs pistes de solution : 1. Consulter un médecin dès que les symptômes persistent. 2. Éviter l’usage d’antibiotiques sans prescription. 3. Respecter les doses indiquées sur les ordonnances. 4. Renforcer la régulation du secteur pharmaceutique. 5. Multiplier les campagnes de sensibilisation dans les écoles, médias et églises. « La prévention est la meilleure médecine. Informer, c’est déjà soigner. » Dr Bernard Une urgence de santé publique Au-delà des comportements individuels, l’automédication révèle une crise structurelle du système de santé haïtien : hôpitaux sous-équipés, absence de politique nationale sur le médicament, et vide réglementaire permettant la vente libre de produits potentiellement dangereux. « Tant que les médicaments se vendront comme du pain, la santé publique haïtienne restera en sursis. » Dr André-Louis Bernard Conclusion L’automédication en Haïti est plus qu’un réflexe populaire : c’est une bombe silencieuse qui fragilise les familles et compromet les efforts médicaux. Face à ce constat, la solution passe par l’éducation sanitaire, la régulation stricte et la responsabilité collective. Chaque comprimé pris sans avis médical est un pari risqué sur la santé un pari que trop de foyers haïtiens continuent malheureusement de perdre.

publié récemment

Société

Carrefour : LEAD et HASC s’allient pour offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse

CARREFOUR, août 2026 — Face aux nombreux obstacles qui limitent l’épanouissement de la jeunesse, deux organisations décident de conjuguer leurs efforts. Le Centre de Leadership et d’Innovation (LEAD) et la Haitian American Student Corporation (HASC) annoncent un partenariat destiné à construire un écosystème favorable au développement des jeunes, à l’innovation et à l’entrepreneuriat dans la commune de Carrefour. La commune de Carrefour dispose d’un important réservoir de jeunes étudiants, professionnels, entrepreneurs et responsables associatifs. Pourtant, ce potentiel reste confronté à plusieurs contraintes : accès irrégulier à l’électricité, coût élevé de l’Internet, manque d’espaces de travail, faiblesse des équipements et insuffisance de formations spécialisées. Pour de nombreuses organisations de jeunesse, ces difficultés compliquent la réalisation des activités et réduisent leur capacité à développer des projets durables. Les besoins sont particulièrement importants dans des domaines tels que le leadership, la gouvernance, la gestion de projets et l’entrepreneuriat. Depuis 2020, LEAD travaille à Carrefour à la création d’un environnement permettant aux jeunes de développer leurs compétences et de devenir des acteurs de changement. L’organisation a notamment mis en œuvre SHE LEADS, destiné à l’autonomisation de jeunes femmes, LEAD Innovation Labs, consacré à l’incubation de projets, ainsi que le Cosmopolitan English Program. LEAD a également développé des initiatives dans le domaine de la santé mentale et travaille actuellement à la mise en place d’une bibliothèque pour les étudiants de la communauté. Fondée en 2014, HASC apporte au partenariat une dimension internationale. L’organisation rassemble des étudiants, des jeunes professionnels et des membres de la diaspora haïtienne autour d’une vision axée sur l’engagement citoyen et le développement communautaire. Sa mission consiste notamment à mobiliser les compétences, les ressources financières et les réseaux de la diaspora afin d’investir dans l’éducation, la technologie et l’autonomisation des communautés haïtiennes. À travers ce partenariat, LEAD et HASC veulent dépasser les initiatives isolées pour construire un cadre plus structuré capable d’accompagner les jeunes sur le long terme. L’ambition est de mettre à leur disposition des ressources, des formations, des espaces et des réseaux leur permettant de transformer leurs idées en projets concrets. Au-delà d’un simple accord institutionnel, ce partenariat se veut ainsi une réponse aux défis structurels de la jeunesse de Carrefour, avec l’objectif de rapprocher les talents locaux des opportunités nationales et internationales. Pour LEAD et HASC, l’enjeu est désormais de transformer cette vision en résultats concrets et de faire de Carrefour un espace où le leadership, l’innovation et l’engagement de la jeunesse deviennent de véritables moteurs de développement.

Date : 02-Sep-2026
Auteur : Paul Markenley AUGUSTIN
Actualité

Gonaïves sous les eaux après de fortes pluies : plusieurs quartiers inondés

Gonaïves, mercredi 2 septembre 2026 — De fortes pluies se sont abattues dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 septembre sur la commune des Gonaïves, provoquant des inondations dans plusieurs quartiers de la ville. Gatro, Bienac, K-Soleil, Bwa Dòm, entre autres zones, figurent parmi les secteurs particulièrement touchés par cette situation. Au lendemain de ces précipitations, plusieurs rues de la cité de l’Indépendance étaient encore envahies par les eaux. Dans certains endroits, la circulation est devenue difficile pour les habitants, tandis que des maisons et des espaces publics ont été exposés aux eaux stagnantes. Surnommée la Cité de l’Indépendance, la ville des Gonaïves demeure particulièrement vulnérable aux phénomènes d’inondation. Cette fragilité est notamment liée à l’état du système de drainage et d’assainissement, qui peine depuis plusieurs années à répondre aux besoins d’une population confrontée régulièrement aux fortes précipitations. De nombreux canaux et drains de la ville ne bénéficient pas d’un entretien régulier. L’accumulation de boue, de déchets et d’autres détritus réduit considérablement leur capacité à évacuer les eaux pluviales. Cette situation est devenue particulièrement préoccupante depuis les grandes catastrophes naturelles qui ont frappé les Gonaïves et ses environs au cours des dernières décennies. Les passages successifs des tempêtes et cyclones, notamment en 2004, 2008 et 2012, ont laissé des infrastructures fortement fragilisées et ont rappelé la vulnérabilité chronique de la commune. À l’inondation s’ajoute une autre difficulté : la crise des déchets. Dans plusieurs quartiers, les eaux de pluie se mélangent aux détritus présents dans les rues, créant des conditions sanitaires particulièrement préoccupantes. Le mélange des eaux usées, des eaux pluviales et des déchets constitue un risque supplémentaire pour la santé publique, notamment en favorisant la prolifération de bactéries et de vecteurs de maladies. Des citoyens attirent également l’attention sur la présence de plusieurs égouts et canaux ouverts dans différents secteurs de la ville. Lorsque les rues sont recouvertes d’eau, ces ouvertures deviennent difficiles, voire impossibles à distinguer. Le risque d’accidents est alors important : chutes, blessures ou fractures peuvent survenir, particulièrement chez les enfants, les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite. Face à cette situation, les habitants des Gonaïves demandent aux autorités locales et nationales d’intervenir rapidement. Ils réclament notamment le curage des canaux et des drains, l’amélioration du système d’assainissement, une meilleure gestion des déchets ainsi que la sécurisation des égouts ouverts. Pour de nombreux citoyens, chaque épisode de fortes pluies ne devrait pas se transformer en catastrophe annoncée. La situation actuelle relance ainsi la nécessité d’un véritable plan durable de prévention des inondations et de réhabilitation des infrastructures hydrauliques des Gonaïves CP: @prolongation

Date : 02-Sep-2026
Auteur : Paul Markenley AUGUSTIN
Sport

Lionel Messi tourne définitivement la page de l’Albiceleste : la fin d’une ère historique

BUENOS AIRES — 31 août 2026. Une page monumentale du football mondial vient officiellement de se tourner. Lionel Messi a annoncé ce lundi sa retraite définitive de la sélection argentine, mettant fin à une aventure internationale commencée il y a plus de vingt ans. À 39 ans, le capitaine de l’Albiceleste quitte une équipe nationale avec laquelle il aura connu pratiquement toutes les émotions possibles : les débuts difficiles, les critiques, les finales perdues, les déceptions, les larmes, mais aussi la rédemption, les titres et finalement la consécration suprême. Cette décision intervient quelques semaines après la finale de la Coupe du monde 2026, au cours de laquelle l’Argentine s’est inclinée face à l’Espagne. Messi aura donc disputé son dernier match international sur la plus grande scène du football mondial. Selon Reuters, Messi termine son parcours avec 207 sélections et 125 buts, deux records historiques pour l’équipe nationale argentine. Lorsque Lionel Messi a commencé son aventure avec l’équipe nationale senior, beaucoup imaginaient déjà une carrière exceptionnelle. Mais son histoire avec l’Argentine n’a pas immédiatement été celle d’un héros incontesté. Pendant plusieurs années, Messi a été comparé à Diego Maradona et confronté à une pression considérable. Son extraordinaire réussite avec le FC Barcelone ne semblait pas se reproduire avec la sélection. Les défaites en finales de la Copa América 2007, 2015 et 2016, ainsi que la finale de la Coupe du monde 2014 perdue contre l’Allemagne, ont longtemps alimenté les critiques. Le paradoxe était cruel : le joueur considéré comme l’un des meilleurs de l’histoire du football semblait incapable de gagner un grand titre avec son pays. Messi avait même annoncé une première fois sa retraite internationale en 2016 avant de revenir sur sa décision. Mais l’histoire allait changer. 2021 : le premier grand sacre Le véritable tournant intervient en 2021. Avec l’Argentine, Messi remporte la Copa América, son premier grand trophée avec l’équipe nationale senior. Cette victoire contre le Brésil au Maracanã représente bien plus qu'un titre. Elle libère Messi d'un poids psychologique qui l'accompagnait depuis ses débuts internationaux. Le joueur qui avait longtemps été accusé de ne pas réussir avec l’Albiceleste devenait enfin champion avec son pays. Trois ans plus tard, l’Argentine confirme sa domination continentale en remportant une nouvelle Copa América en 2024. Qatar 2022 : Messi entre définitivement dans l’histoire Mais le moment qui changera pour toujours l'histoire de Lionel Messi reste évidemment la Coupe du monde 2022 au Qatar. À 35 ans, le numéro 10 conduit l’Argentine jusqu'au titre mondial après une finale légendaire contre la France. Messi marque deux buts dans cette finale et transforme son tir au but lors de la séance décisive. L’Argentine devient championne du monde et Messi obtient enfin le trophée qui manquait à son immense carrière. Après le sacre de Doha, le débat sur sa place dans l'histoire du football prend une nouvelle dimension. Pour beaucoup, il n'est plus seulement l'un des meilleurs joueurs de tous les temps : il rejoint définitivement le panthéon des légendes du football argentin aux côtés de Diego Maradona. 2026 : le dernier chapitre La Coupe du monde 2026 devait constituer un dernier défi. Messi, désormais âgé de 39 ans, participe à son sixième Mondial, un record exceptionnel dans l'histoire du football. L'Argentine atteint une nouvelle fois la finale, mais cette fois l'histoire ne se termine pas par un trophée. L'Espagne s'impose en finale et prive Messi d'un deuxième sacre mondial consécutif. Quelques semaines plus tard, le capitaine argentin annonce officiellement sa retraite internationale. Messi a expliqué que cette décision lui faisait profondément mal, mais qu'il comprenait que le moment était venu de tourner la page. Une décision mûrement réfléchie Cette retraite n'est manifestement pas une décision prise dans la précipitation. Messi avait déjà rédigé une lettre de retraite peu après la défaite contre l'Espagne en finale de la Coupe du monde 2026. Il avait toutefois retardé son annonce publique, notamment dans un contexte familial particulièrement douloureux après le décès de son père, Jorge Messi, le 8 août. Le timing donne donc à cette annonce une dimension personnelle particulière. Après plus de deux décennies de sacrifices, de voyages, de compétitions et de pression permanente, Messi choisit désormais de fermer définitivement le chapitre de la sélection. Des statistiques qui racontent une carrière hors norme Les chiffres de Messi avec l'Argentine sont vertigineux : • 207 sélections • 125 buts • Recordman des sélections argentines • Meilleur buteur de l'histoire de l'Albiceleste • Champion du monde 2022 • Finaliste de la Coupe du monde 2014 et 2026 • Champion de la Copa América 2021 et 2024 • Champion olympique en 2008 • Champion du monde U20 en 2005 • Six participations à la Coupe du monde Ces statistiques ne racontent pourtant qu'une partie de l'histoire. Car l'héritage de Messi ne se mesure pas uniquement en buts et en trophées. Il se mesure aussi à l'évolution de la relation entre un joueur et son peuple. De joueur critiqué à symbole national Pendant une longue période, Messi a été accusé de ne pas être suffisamment attaché à l'Argentine, notamment en raison de son départ très jeune pour l'Espagne et de son immense réussite au FC Barcelone. Aujourd'hui, cette perception appartient presque définitivement au passé. Messi est devenu un symbole de l'identité footballistique argentine. Il a porté le numéro 10 avec une responsabilité comparable à celle de Maradona. Il a connu les mêmes attentes, les mêmes comparaisons et, finalement, une forme de consécration nationale. Son parcours est ainsi devenu une histoire de rédemption sportive. Le vide laissé derrière lui La question qui se pose désormais est simple : qui pourra remplacer Lionel Messi ? La réponse est évidemment complexe. L'Argentine possède une nouvelle génération talentueuse, capable de prendre progressivement le relais. Messi lui-même a souligné l'émergence de jeunes joueurs prêts à écrire leur propre histoire avec la sélection. Mais remplacer Messi ne signifie pas simplement trouver un autre numéro 10. Il faudra remplacer un leader, un capitaine, un créateur de jeu, un buteur et surtout une figure autour de laquelle une génération entière s'est construite. L'Albiceleste devra désormais apprendre à gagner sans son plus grand symbole contemporain. Une sortie qui ne ressemble pas à un échec Certains pourraient considérer que Messi aurait pu choisir une autre manière de terminer sa carrière internationale, notamment en remportant la Coupe du monde 2026. Mais une défaite en finale ne peut effacer l'ensemble de son œuvre. Au contraire. Messi quitte la sélection après avoir accompli ce que plusieurs générations de joueurs argentins n'avaient pas réussi à faire : ramener la Coupe du monde en Argentine. Il quitte également la scène internationale avec deux Copa América, une médaille d'or olympique, un titre mondial U20 et les records individuels les plus importants de l'histoire de la sélection.Son dernier match n'a donc pas détruit son héritage. Il l'a simplement clôturé. La fin du Messi international, pas la fin de Messi La retraite internationale ne signifie pas nécessairement la fin de la carrière professionnelle de Lionel Messi. Le joueur poursuit son aventure en club avec Inter Miami, où il reste engagé contractuellement jusqu'en 2028 selon les informations rapportées par plusieurs médias. Mais quelque chose sera désormais définitivement différent. Il n'y aura plus de Messi sous le maillot bleu et blanc dans une compétition officielle. Plus de numéro 10 argentin conduisant ses partenaires vers une nouvelle bataille. Plus de débat sur une éventuelle nouvelle Coupe du monde. Plus de « peut-être encore une fois ». Cette fois, c'est officiel. Une légende quitte l'Albiceleste Lionel Messi avait commencé son histoire avec l'Argentine comme un jeune prodige à qui l'on demandait de devenir le nouveau Maradona. Il quitte aujourd'hui la sélection comme champion du monde, double champion d'Amérique, recordman des sélections et meilleur buteur de l'histoire de l'Albiceleste. Entre les deux, il y a eu vingt années de football, de souffrance, de critiques, de génie, de persévérance et de triomphe. Le football argentin devra désormais apprendre à vivre sans son numéro 10. Mais une chose est certaine : il sera pratiquement impossible de raconter l'histoire moderne de l'Albiceleste sans raconter celle de Lionel Messi. Le rideau tombe sur Messi avec l'Argentine. Mais son héritage, lui, ne prendra jamais sa retraite.

Date : 31-Aug-2026
Auteur : Paul Markenley AUGUSTIN
Sport

La Coupe du Monde de Football au prisme de la Géopolitique

Le football à travers la Coupe du monde est un outil de *Soft Power* qui influence les États, surtout les grandes puissances, symbolisant leur affirmation dans tous ses aspects. Si pour plus d'un, la Coupe du Monde est considérée comme une distraction, un spectacle où l'ambiance, la joie, les pleurs et les regrets sont au rendez-vous, mais pour d'autres qui s'intéressent aux questions essentielles dans une dynamique de recherche et de complexification à l'instar de *Pascal BONIFACE* (Directeur de l'IRIS), la Coupe du Monde va au-delà des dynamiques émotionnelles. Ainsi, cette réflexion sur ce grand événement sportif s'inscrit dans une perspective géopolitique et a pour but de placer cette compétition dans un contexte d'interaction politique, économique, diplomatique, socioculturel, et autres, tout en montrant les enjeux qui tournent autour d'elle. Ce qui nous permettra d'identifier les objectifs primordiaux de cet événement planétaire. 1- La Coupe du Monde de Football et la pacification des Relations Internationales La Coupe du Monde a été créée en 1930 dans un contexte international marqué par *la période de l'entre-deux guerres (1919-1939)*, qui était dans ses premières années relativement calme avec surtout la signature du *Pacte Briand-Kellog (1927*) par soixante pays dans le monde à travers lequel, ils avaient mis la guerre hors la loi. Mais, avec la Coupe du Monde de Football, dans son appellation première du nom de *Jules Rimet* , on pourrait parler de la consolidation d'un monde relativement pacifique entamé depuis trois ans. Et qui va durer jusqu'au 1er Septembre 1939 marquant le début de la Seconde guerre mondiale (1939-1945) avec l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie. La reprise de la Coupe du Monde en 1950 au Brésil symbolise le début du renforcement d'un monde de paix incarné depuis la communauté des États à travers la création de l'ONU le 26 juin 1945 à San Francisco (New-York, USA). C'est dans cette même perspective que la Coupe du Monde, au fil des années, s'agrandit dans le but d'offrir la possibilité à beaucoup plus de pays d'y participer, passant ainsi de treize pays dès son entame en 1930 à quarante-huit pays en 2026. Donc, l'idée de cette compétition dans son sens originel, c'est de réunir plus de Nations possibles à travers le Football pour une meilleure connaissance mutuelle à des fins de pacification du monde. 2- La Coupe du Monde de Football, un instrument de lutte géopolitique Malgré sa création en 1930 dans un contexte de paix apparent, la Coupe du Monde ne cesse d'être un instrument pour exprimer les positions géopolitiques des États surtout les grandes puissances. L'exemple des Coupes du Monde de 1934 et de 1938 ont montré comment les régimes totalitaires en Europe, ceux du fascisme et du nazisme étaient mis au service de ces régimes répressifs, acquis à leur volonté. Et comme résultat, l'Italie sous l'influence et la pression de Benito Mussolini avait remporté ces deux éditions respectives. En 1978, l'Argentine avait remporté la Coupe du Monde sous la dictature militaire de Videla, et ce fut une opportunité pour l'opposition politique dans ce pays d'exposer la situation politique en Argentine et la brutalité de cette dictature. Ce qui va alimenter les tensions pour mettre fin à celle-ci. En 1986, les conflits autour des îles Malouines (1982) entre l'Argentine et l'Angleterre se sont exprimés au quart de final de la Coupe du Monde opposant ces deux pays. D'ailleurs, Diego Maradona avait pris position dans cette affaire en dénonçant l'agression Anglaise. En 1990, l'Allemagne a remporté la Coupe du Monde, ce qui a grandement influencé son unification le 3 octobre de la même année. En 1998, les USA se sont opposés à l'Iran en Coupe du Monde. Ce qui a alimenté les tensions politiques sur et en dehors du terrain. Le Roi Pelé, l'icône du Football et de la Coupe du Monde, s'est servi de cette compétition pour dénoncer la discrimination raciale des noirs au Brésil et à travers le monde. C'est pourquoi, il a mené des campagnes à travers de grands voyages en Afrique pour apporter son soutien au processus de la décolonisation (1945-1975). 3- La Coupe du Monde de Football, expression de la puissance douce "Le Soft Power"* La Coupe du Monde est une vitrine qui suscite l'envie, l'attirance, le respect, l'admiration et l'influence. En effet, les joueurs de Football participant à cette compétition sont des cosmopolitains, des citoyens du monde qui dépasse les frontières, les tensions politiques, et autres. Ce sont des Ambassadeurs représentant leur pays, et qui vendent l'image, les valeurs et la réputation de leur patrie auprès des autres Nations. Donc, la Coupe du Monde est une opportunité pour faire rayonner un pays, un atout essentiel pour promouvoir la diplomatie culturelle. Elle est un symbole où les valeurs se promeuvent et s'affrontent dans un cadre de cohabitation pacifique. Chaque sélection à son surnom, ses représentations et ses habitus qui se manifestent dans une dynamique d'interactions et d'échanges culturels dans un esprit harmonieux, de Fair Play, de vulgarisation de masse et d'affirmation pacifique des identités distinctes. 4- La Coupe du Monde de Football et l'affirmation de la puissance économique des Etats Cette compétition génère beaucoup de dividendes et représente le marché par excellence pour la consommation mondiale. En effet, l'organisation de la Coupe du Monde est devenue pour un pays une grande opportunité de croissance économique. Cela implique beaucoup d'investissements dans la construction, la réhabilitation et la rénovation des stades, l'emploi à grande échelle, la mobilisation des sponsors, des médias et l'augmentation du niveau de productivité. Un pays comme l'Afrique du Sud qui a organisé la Coupe du Monde de 2010 jouit jusqu'à présent des retombées économiques générées par ce mondial. La croissance économique dans ce pays est très encourageante avec un niveau d'emplois très significatif dans le domaine du sport ayant un impact considérable sur l'économie nationale. Le Brésil en 2014 a connu une nette progression économique à cause de ses investissements dans la préparation du mondial. Cette compétition mobilise des millions de touristes à travers le monde, qui ont un impact sur le marché de la consommation du ou des pays hôtes. En somme, la Coupe du Monde de Football n'est pas un simple simple jeu où le football est mis en valeur. Elle est plus beaucoup plus que ça, car les États l'ont toujours instrumentalisé à des fins politiques, diplomatiques, culturelles et économiques afin d'affirmer leur prééminence sur la scène internationale. Indices bibliographiques - AUBIN L. (2024), _Sport Power -Le sport : nouvel atout géopolitique pour les villes françaises?,_ Éditions autrement. - BONIFACE P. (2023), _Géopolitique du Sport_ , Éditions Dunod poche. - DULUC V. (2009), _La grande histoire de la Coupe du Monde,_ éditions l'Equipe. - GUILLAIN J. Y. (1998), _La Coupe du Monde : l'œuvre de Jules Rimet_ , éditions Amphora.

Date : 16-Jun-2026
Auteur : Joël DUPUY

A LA UNE

Chavanne Grégoire de retour en Haïti : le champion du monde accueilli en héros au Cap-Haïtien

CAP-HAÏTIEN, 1er septembre 2026 — Une atmosphère particulière régnait mardi à l’aéroport international du Cap-Haïtien pour accueillir l’un des nouveaux visages du sport haïtien. Le champion du monde de kick-boxing Chavanne Grégoire, originaire de Saint-Raphaël, a fait son retour au pays après son sacre international en France. Plusieurs personnalités ont participé à cet accueil, dont le maire adjoint du Cap-Haïtien, Micardo Vreus, le directeur régional du ministère du Tourisme, Pierrot Luma, et le directeur départemental du Nord du ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC), Gamaël Sonceau. Chavanne Grégoire s’est illustré en novembre 2025 à Metz, en France, lors du gala King of the Ring 10, en remportant la ceinture mondiale de la World Kickboxing Network (WKN) dans la catégorie des -85/-86 kg. Il avait alors affronté le Français d’origine marocaine Mimoun Jazouli, champion d’Europe WKN, qu’il a battu aux points après cinq rounds. Cette victoire lui a permis de devenir le premier Haïtien sacré champion du monde WKN de kick-boxing, une performance saluée par les autorités sportives haïtiennes. Le WKN l’a également présenté comme un pionnier de la discipline pour Haïti. Le champion, âgé de 35 ans lors de son sacre, s’est construit une solide expérience internationale. Il a notamment combattu dans plusieurs pays européens, dont la France, le Danemark et l’Allemagne, ainsi qu’aux États-Unis. Son parcours témoigne d’une longue expérience au plus haut niveau et d’une capacité à évoluer face à des adversaires de différentes écoles de combat. Au Danemark, Grégoire évolue notamment sous les couleurs de Rumble Sports. Des sources spécialisées le décrivent comme un combattant au style explosif, caractérisé par la pression et l’engagement offensif. Pour Chavanne Grégoire, cette consécration ne représente pas uniquement une réussite individuelle. Elle constitue également une victoire symbolique pour Haïti et pour toute une génération de jeunes sportifs qui cherchent à faire leur place sur la scène internationale. Son retour au pays intervient donc comme un moment de reconnaissance. Le MJSAC a salué une performance représentant, selon le ministère, un motif de fierté pour la jeunesse, le mouvement sportif national et l’ensemble du peuple haïtien. À travers son parcours, Chavanne Grégoire rappelle surtout que le talent haïtien peut franchir les frontières lorsque le travail, la discipline et la persévérance sont au rendez-vous. Son titre mondial ouvre ainsi une nouvelle page pour le kick-boxing haïtien et pourrait contribuer à susciter davantage d’intérêt pour les sports de combat dans le pays. CP: Ticket Magazine (Gérard Maxineau)

Carrefour : LEAD et HASC s’allient pour offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse

CARREFOUR, août 2026 — Face aux nombreux obstacles qui limitent l’épanouissement de la jeunesse, deux organisations décident de conjuguer leurs efforts. Le Centre de Leadership et d’Innovation (LEAD) et la Haitian American Student Corporation (HASC) annoncent un partenariat destiné à construire un écosystème favorable au développement des jeunes, à l’innovation et à l’entrepreneuriat dans la commune de Carrefour. La commune de Carrefour dispose d’un important réservoir de jeunes étudiants, professionnels, entrepreneurs et responsables associatifs. Pourtant, ce potentiel reste confronté à plusieurs contraintes : accès irrégulier à l’électricité, coût élevé de l’Internet, manque d’espaces de travail, faiblesse des équipements et insuffisance de formations spécialisées. Pour de nombreuses organisations de jeunesse, ces difficultés compliquent la réalisation des activités et réduisent leur capacité à développer des projets durables. Les besoins sont particulièrement importants dans des domaines tels que le leadership, la gouvernance, la gestion de projets et l’entrepreneuriat. Depuis 2020, LEAD travaille à Carrefour à la création d’un environnement permettant aux jeunes de développer leurs compétences et de devenir des acteurs de changement. L’organisation a notamment mis en œuvre SHE LEADS, destiné à l’autonomisation de jeunes femmes, LEAD Innovation Labs, consacré à l’incubation de projets, ainsi que le Cosmopolitan English Program. LEAD a également développé des initiatives dans le domaine de la santé mentale et travaille actuellement à la mise en place d’une bibliothèque pour les étudiants de la communauté. Fondée en 2014, HASC apporte au partenariat une dimension internationale. L’organisation rassemble des étudiants, des jeunes professionnels et des membres de la diaspora haïtienne autour d’une vision axée sur l’engagement citoyen et le développement communautaire. Sa mission consiste notamment à mobiliser les compétences, les ressources financières et les réseaux de la diaspora afin d’investir dans l’éducation, la technologie et l’autonomisation des communautés haïtiennes. À travers ce partenariat, LEAD et HASC veulent dépasser les initiatives isolées pour construire un cadre plus structuré capable d’accompagner les jeunes sur le long terme. L’ambition est de mettre à leur disposition des ressources, des formations, des espaces et des réseaux leur permettant de transformer leurs idées en projets concrets. Au-delà d’un simple accord institutionnel, ce partenariat se veut ainsi une réponse aux défis structurels de la jeunesse de Carrefour, avec l’objectif de rapprocher les talents locaux des opportunités nationales et internationales. Pour LEAD et HASC, l’enjeu est désormais de transformer cette vision en résultats concrets et de faire de Carrefour un espace où le leadership, l’innovation et l’engagement de la jeunesse deviennent de véritables moteurs de développement.

Gonaïves sous les eaux après de fortes pluies : plusieurs quartiers inondés

Gonaïves, mercredi 2 septembre 2026 — De fortes pluies se sont abattues dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 septembre sur la commune des Gonaïves, provoquant des inondations dans plusieurs quartiers de la ville. Gatro, Bienac, K-Soleil, Bwa Dòm, entre autres zones, figurent parmi les secteurs particulièrement touchés par cette situation. Au lendemain de ces précipitations, plusieurs rues de la cité de l’Indépendance étaient encore envahies par les eaux. Dans certains endroits, la circulation est devenue difficile pour les habitants, tandis que des maisons et des espaces publics ont été exposés aux eaux stagnantes. Surnommée la Cité de l’Indépendance, la ville des Gonaïves demeure particulièrement vulnérable aux phénomènes d’inondation. Cette fragilité est notamment liée à l’état du système de drainage et d’assainissement, qui peine depuis plusieurs années à répondre aux besoins d’une population confrontée régulièrement aux fortes précipitations. De nombreux canaux et drains de la ville ne bénéficient pas d’un entretien régulier. L’accumulation de boue, de déchets et d’autres détritus réduit considérablement leur capacité à évacuer les eaux pluviales. Cette situation est devenue particulièrement préoccupante depuis les grandes catastrophes naturelles qui ont frappé les Gonaïves et ses environs au cours des dernières décennies. Les passages successifs des tempêtes et cyclones, notamment en 2004, 2008 et 2012, ont laissé des infrastructures fortement fragilisées et ont rappelé la vulnérabilité chronique de la commune. À l’inondation s’ajoute une autre difficulté : la crise des déchets. Dans plusieurs quartiers, les eaux de pluie se mélangent aux détritus présents dans les rues, créant des conditions sanitaires particulièrement préoccupantes. Le mélange des eaux usées, des eaux pluviales et des déchets constitue un risque supplémentaire pour la santé publique, notamment en favorisant la prolifération de bactéries et de vecteurs de maladies. Des citoyens attirent également l’attention sur la présence de plusieurs égouts et canaux ouverts dans différents secteurs de la ville. Lorsque les rues sont recouvertes d’eau, ces ouvertures deviennent difficiles, voire impossibles à distinguer. Le risque d’accidents est alors important : chutes, blessures ou fractures peuvent survenir, particulièrement chez les enfants, les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite. Face à cette situation, les habitants des Gonaïves demandent aux autorités locales et nationales d’intervenir rapidement. Ils réclament notamment le curage des canaux et des drains, l’amélioration du système d’assainissement, une meilleure gestion des déchets ainsi que la sécurisation des égouts ouverts. Pour de nombreux citoyens, chaque épisode de fortes pluies ne devrait pas se transformer en catastrophe annoncée. La situation actuelle relance ainsi la nécessité d’un véritable plan durable de prévention des inondations et de réhabilitation des infrastructures hydrauliques des Gonaïves CP: @prolongation

Lionel Messi tourne définitivement la page de l’Albiceleste : la fin d’une ère historique

BUENOS AIRES — 31 août 2026. Une page monumentale du football mondial vient officiellement de se tourner. Lionel Messi a annoncé ce lundi sa retraite définitive de la sélection argentine, mettant fin à une aventure internationale commencée il y a plus de vingt ans. À 39 ans, le capitaine de l’Albiceleste quitte une équipe nationale avec laquelle il aura connu pratiquement toutes les émotions possibles : les débuts difficiles, les critiques, les finales perdues, les déceptions, les larmes, mais aussi la rédemption, les titres et finalement la consécration suprême. Cette décision intervient quelques semaines après la finale de la Coupe du monde 2026, au cours de laquelle l’Argentine s’est inclinée face à l’Espagne. Messi aura donc disputé son dernier match international sur la plus grande scène du football mondial. Selon Reuters, Messi termine son parcours avec 207 sélections et 125 buts, deux records historiques pour l’équipe nationale argentine. Lorsque Lionel Messi a commencé son aventure avec l’équipe nationale senior, beaucoup imaginaient déjà une carrière exceptionnelle. Mais son histoire avec l’Argentine n’a pas immédiatement été celle d’un héros incontesté. Pendant plusieurs années, Messi a été comparé à Diego Maradona et confronté à une pression considérable. Son extraordinaire réussite avec le FC Barcelone ne semblait pas se reproduire avec la sélection. Les défaites en finales de la Copa América 2007, 2015 et 2016, ainsi que la finale de la Coupe du monde 2014 perdue contre l’Allemagne, ont longtemps alimenté les critiques. Le paradoxe était cruel : le joueur considéré comme l’un des meilleurs de l’histoire du football semblait incapable de gagner un grand titre avec son pays. Messi avait même annoncé une première fois sa retraite internationale en 2016 avant de revenir sur sa décision. Mais l’histoire allait changer. 2021 : le premier grand sacre Le véritable tournant intervient en 2021. Avec l’Argentine, Messi remporte la Copa América, son premier grand trophée avec l’équipe nationale senior. Cette victoire contre le Brésil au Maracanã représente bien plus qu'un titre. Elle libère Messi d'un poids psychologique qui l'accompagnait depuis ses débuts internationaux. Le joueur qui avait longtemps été accusé de ne pas réussir avec l’Albiceleste devenait enfin champion avec son pays. Trois ans plus tard, l’Argentine confirme sa domination continentale en remportant une nouvelle Copa América en 2024. Qatar 2022 : Messi entre définitivement dans l’histoire Mais le moment qui changera pour toujours l'histoire de Lionel Messi reste évidemment la Coupe du monde 2022 au Qatar. À 35 ans, le numéro 10 conduit l’Argentine jusqu'au titre mondial après une finale légendaire contre la France. Messi marque deux buts dans cette finale et transforme son tir au but lors de la séance décisive. L’Argentine devient championne du monde et Messi obtient enfin le trophée qui manquait à son immense carrière. Après le sacre de Doha, le débat sur sa place dans l'histoire du football prend une nouvelle dimension. Pour beaucoup, il n'est plus seulement l'un des meilleurs joueurs de tous les temps : il rejoint définitivement le panthéon des légendes du football argentin aux côtés de Diego Maradona. 2026 : le dernier chapitre La Coupe du monde 2026 devait constituer un dernier défi. Messi, désormais âgé de 39 ans, participe à son sixième Mondial, un record exceptionnel dans l'histoire du football. L'Argentine atteint une nouvelle fois la finale, mais cette fois l'histoire ne se termine pas par un trophée. L'Espagne s'impose en finale et prive Messi d'un deuxième sacre mondial consécutif. Quelques semaines plus tard, le capitaine argentin annonce officiellement sa retraite internationale. Messi a expliqué que cette décision lui faisait profondément mal, mais qu'il comprenait que le moment était venu de tourner la page. Une décision mûrement réfléchie Cette retraite n'est manifestement pas une décision prise dans la précipitation. Messi avait déjà rédigé une lettre de retraite peu après la défaite contre l'Espagne en finale de la Coupe du monde 2026. Il avait toutefois retardé son annonce publique, notamment dans un contexte familial particulièrement douloureux après le décès de son père, Jorge Messi, le 8 août. Le timing donne donc à cette annonce une dimension personnelle particulière. Après plus de deux décennies de sacrifices, de voyages, de compétitions et de pression permanente, Messi choisit désormais de fermer définitivement le chapitre de la sélection. Des statistiques qui racontent une carrière hors norme Les chiffres de Messi avec l'Argentine sont vertigineux : • 207 sélections • 125 buts • Recordman des sélections argentines • Meilleur buteur de l'histoire de l'Albiceleste • Champion du monde 2022 • Finaliste de la Coupe du monde 2014 et 2026 • Champion de la Copa América 2021 et 2024 • Champion olympique en 2008 • Champion du monde U20 en 2005 • Six participations à la Coupe du monde Ces statistiques ne racontent pourtant qu'une partie de l'histoire. Car l'héritage de Messi ne se mesure pas uniquement en buts et en trophées. Il se mesure aussi à l'évolution de la relation entre un joueur et son peuple. De joueur critiqué à symbole national Pendant une longue période, Messi a été accusé de ne pas être suffisamment attaché à l'Argentine, notamment en raison de son départ très jeune pour l'Espagne et de son immense réussite au FC Barcelone. Aujourd'hui, cette perception appartient presque définitivement au passé. Messi est devenu un symbole de l'identité footballistique argentine. Il a porté le numéro 10 avec une responsabilité comparable à celle de Maradona. Il a connu les mêmes attentes, les mêmes comparaisons et, finalement, une forme de consécration nationale. Son parcours est ainsi devenu une histoire de rédemption sportive. Le vide laissé derrière lui La question qui se pose désormais est simple : qui pourra remplacer Lionel Messi ? La réponse est évidemment complexe. L'Argentine possède une nouvelle génération talentueuse, capable de prendre progressivement le relais. Messi lui-même a souligné l'émergence de jeunes joueurs prêts à écrire leur propre histoire avec la sélection. Mais remplacer Messi ne signifie pas simplement trouver un autre numéro 10. Il faudra remplacer un leader, un capitaine, un créateur de jeu, un buteur et surtout une figure autour de laquelle une génération entière s'est construite. L'Albiceleste devra désormais apprendre à gagner sans son plus grand symbole contemporain. Une sortie qui ne ressemble pas à un échec Certains pourraient considérer que Messi aurait pu choisir une autre manière de terminer sa carrière internationale, notamment en remportant la Coupe du monde 2026. Mais une défaite en finale ne peut effacer l'ensemble de son œuvre. Au contraire. Messi quitte la sélection après avoir accompli ce que plusieurs générations de joueurs argentins n'avaient pas réussi à faire : ramener la Coupe du monde en Argentine. Il quitte également la scène internationale avec deux Copa América, une médaille d'or olympique, un titre mondial U20 et les records individuels les plus importants de l'histoire de la sélection.Son dernier match n'a donc pas détruit son héritage. Il l'a simplement clôturé. La fin du Messi international, pas la fin de Messi La retraite internationale ne signifie pas nécessairement la fin de la carrière professionnelle de Lionel Messi. Le joueur poursuit son aventure en club avec Inter Miami, où il reste engagé contractuellement jusqu'en 2028 selon les informations rapportées par plusieurs médias. Mais quelque chose sera désormais définitivement différent. Il n'y aura plus de Messi sous le maillot bleu et blanc dans une compétition officielle. Plus de numéro 10 argentin conduisant ses partenaires vers une nouvelle bataille. Plus de débat sur une éventuelle nouvelle Coupe du monde. Plus de « peut-être encore une fois ». Cette fois, c'est officiel. Une légende quitte l'Albiceleste Lionel Messi avait commencé son histoire avec l'Argentine comme un jeune prodige à qui l'on demandait de devenir le nouveau Maradona. Il quitte aujourd'hui la sélection comme champion du monde, double champion d'Amérique, recordman des sélections et meilleur buteur de l'histoire de l'Albiceleste. Entre les deux, il y a eu vingt années de football, de souffrance, de critiques, de génie, de persévérance et de triomphe. Le football argentin devra désormais apprendre à vivre sans son numéro 10. Mais une chose est certaine : il sera pratiquement impossible de raconter l'histoire moderne de l'Albiceleste sans raconter celle de Lionel Messi. Le rideau tombe sur Messi avec l'Argentine. Mais son héritage, lui, ne prendra jamais sa retraite.

POLITIQUE

Diplomatie en vitrine, nation en ruine : l’éternel théâtre de la sécurité annoncée

Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a de nouveau échangé avec un haut responsable des Nations Unies sur la crise sécuritaire qui étouffe le pays. Les mots sont connus : “coordination”, “renforcement”, “urgence”, “rétablissement de l’autorité de l’État”. Un vocabulaire devenu rituel, presque mécanique. Mais derrière cette grammaire institutionnelle, une question persiste, lourde et insistante : que change réellement cette succession de rencontres ? Une politique de l’annonce permanente Haïti semble enfermée dans une dynamique où l’action se dilue dans la communication. Chaque réunion promet une intensification de la lutte contre les groupes armés. Chaque communiqué annonce une reprise en main des axes stratégiques. Pourtant, ces axes restent, jour après jour, sous contrôle de la peur. Les structures sécuritaires sont évoquées, les mécanismes internationaux sollicités, les partenariats renforcés… mais la réalité territoriale, elle, demeure inchangée. Le pays continue de vivre sous fragmentation armée, où l’État apparaît davantage dans les discours que dans l’espace physique. Poétique d’un État absent Il y a dans cette répétition diplomatique quelque chose d’étrangement silencieux. Comme si les mots avaient remplacé les actes. Comme si les réunions avaient pris la place des reconquêtes. Haïti avance avec des communiqués comme boussole, mais sans terrain comme ancrage. Elle parle de sécurité dans des salles climatisées, tandis que ses routes restent des lignes de danger. La souveraineté est proclamée, mais elle circule rarement au-delà des textes officiels. Une transition suspendue Le gouvernement affirme vouloir créer les conditions d’élections “libres et crédibles”. Mais cette ambition démocratique repose sur une condition préalable : la sécurité effective. Or, cette sécurité reste hypothétique, fragmentée, intermittente. Dans ce contexte, l’écart entre le discours et l’exécution devient structurel. Ce n’est plus un retard. C’est un mode de gouvernance perçu comme une gestion de crise sans résolution visible. Le doute comme seul résultat tangible À force de réunions, de déclarations et de promesses répétées, une forme de scepticisme s’installe. Non pas un scepticisme abstrait, mais concret, nourri par l’expérience quotidienne.Le pays écoute encore les annonces. Mais il attend désormais autre chose : des résultats mesurables, visibles, irréfutables. Sans cela, la diplomatie sécuritaire risque de devenir un rituel sans effet, un langage sans transformation, une promesse sans prise sur le réel.

Que peut-on attendre de la Force de Répréssion des Gangs en Haïti

La République d’Haïti connaît une crise multidimensionnelle depuis plusieurs années qui est caractérisée par l’effondrement de l’État, la montée en puissance des gangs armés et une paralysie démocratique persistante dans le pays. Dans ce contexte, la mise en place d’une nouvelle force qui est connue sous le nom de « Force de Répression des Gangs (FRG) », autorisée par la Résolution 2793 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies, fait l’objet de notre analyse et suscite un débat fondamental : une intervention sécuritaire renforcée peut-elle compenser les déficits politiques et institutionnels structurels du pays ? En effet, la situation sécuritaire en Haïti s’est profondément dégradée depuis la fin des années 2010, avec une intensification notable après 2021 surtout à l’accession au pouvoir du Premier Ministre Ariel Henry. De plus, les gangs armés contrôlent aujourd’hui une grande partie de la capitale et imposent leur autorité sur des quartiers entiers. Selon plusieurs rapports, jusqu’à 80 à 90 % de la Capitale est sous influence de groupes armés, qui exercent des fonctions quasi étatiques, notamment en matière de sécurité, de taxation et de contrôle des flux économiques du pays (Brussels : ICG, 2024). Cette dynamique correspond à ce que certains chercheurs qualifient d’« insurrection criminelle », dans laquelle des acteurs non étatiques concurrencent ou défient directement l’autorité publique (Robert Muggah et al, 2023). Dans une perspective inspirée de Thomas Hobbes, cette situation peut être interprétée comme un retour à l’« état de nature », caractérisé par l’absence d’autorité souveraine capable de garantir la sécurité dans la cité (Hobbes, 1651). Cependant, les données disponibles montrent que la violence généralisée en Haïti a des conséquences humanitaires majeures, notamment des déplacements internes massifs, une augmentation des violences sexuelles et l'effondrement des services publics. En outre, des organisations internationales et nationales font état d'une augmentation significative des violations des droits de l’homme, en particulier dans les zones contrôlées par les gangs. Il convient de noter qu'Haïti n'a pas organisé d'élections depuis 2016. Cette absence prolongée d'élections a entraîné une crise profonde de légitimité politique. Dans la perspective de Max Weber, l’autorité politique à l’ère contemporaine repose sur la reconnaissance de sa légitimité légale-rationnelle (Weber, 1922). Or, en Haïti, cette légitimité est aujourd’hui fortement contestée, fragilisant la capacité de l’État à gouverner efficacement le pays. L’absence des exercices électoraux et la faiblesse des institutions traduisent une rupture du contrat social, correspond au sens de Jean-Jacques Rousseau (Rousseau, 1762). Car, la souveraineté populaire ne s’exprime plus, laissant place à une fragmentation du pouvoir et à une montée de la violence. Face à la gravité de la situation, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté plusieurs résolutions majeures notamment la Résolution 2699 (2023), autorisant une mission multinationale d’appui à la sécurité ; la Résolution 2692 (2023), prolongeant le mandat du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et enfin Résolutions 2793 (2025), renforçant le dispositif sécuritaire qui aboutit à la Force de Répression des Gangs (FRG). Ces résolutions reconnaissent que la situation en Haïti est critique et constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales (Nations Unies, 2023). Ce changement est principalement dû à l'échec de la Mission Multinationale d’appui à la Sécurité (MMAS) dirigée par le Kenya, qui était censée apporter une réponse rapide à la crise en Haïti. Cependant, son déploiement s'est heurté à des difficultés majeures. Tout d’abord, il y avait un manque important de personnel. En second lieu, le financement des partenaires internationaux s'est avéré insuffisant, malgré leurs engagements envers la mission. Troisièmement, la mission a eu un impact limité sur la dynamique des gangs, ce qui, en termes d’évaluation, signifie que nous ne pouvons pas faire état d’une satisfaction de la part de la population. Par conséquent, cet échec relatif confirme l’analyse de Samuel Huntington selon laquelle la stabilité politique dépend d’institutions solides ; en leur absence, les interventions sécuritaires restent fragiles (Huntington, 1968). Avec l’adoption de la résolution 2793 (2025), une nouvelle force a été mise en place pour faire face à nouveau à la situation sécuritaire en Haïti. Selon cette résolution, la FRG se distingue par un effectif plus important, un mandat plus proactif et une structure opérationnelle améliorée sur le terrain. Plus précisément, cette force vise à neutraliser les gangs et à rétablir un niveau minimum d’ordre public en Haïti. Cela ne nous empêche toutefois pas de prédire ce qui nous attend sur le terrain. À première vue, cette réponse semble incomplète. Car malgré ces avancées, plusieurs défis persistent aujourd'hui : la coordination avec des institutions nationales fragiles et la dépendance totale vis-à-vis du financement de la communauté internationale. De plus, compte tenu de l'absence de consultation des citoyens, il existe un risque de rejet par la population. En soutenant la démarche d’Hannah Arendt, la violence ne peut se substituer durablement au pouvoir légitime ; elle ne peut que le soutenir temporairement (Arendt, 1970). Pour être très précis, voici ce que l’on peut attendre de la Force de Répression des Gangs à court terme. Premièrement, elle pourrait contribuer à réduire la capacité opérationnelle des gangs, qui gagnent du terrain de jour en jour. Ensuite, sécuriser certaines régions clés et ouvrir des routes importantes comme le grand Nord et le grand Sud pour améliorer le transport des biens et services dans le pays. Finalement, le plus gros défi reste l’organisation des élections qui est en retard depuis environ cinq (5) ans dans le pays. Il existe en effet des contraintes structurelles qui empêcheront une stabilité effective dans le pays. Cependant, sans réformes politiques profondes, son impact restera limité. La stabilisation d’Haïti passe par l’organisation d’élections crédibles, la reconstruction des institutions et le rétablissement de la confiance du public. Comme le souligne Robert Dahl, une démocratie effective repose sur la participation, la compétition et l’inclusion éléments encore largement absents en Haïti (Dahl, 1971). En définitive, la Force de Répression des Gangs représente une initiative plus ambitieuse que les interventions précédentes visant à résoudre la crise sécuritaire en Haïti. Cependant, son efficacité dépendra largement de facteurs qui dépassent son mandat, tels que la volonté politique, la reconstruction institutionnelle et le retour à l'ordre constitutionnel en Haïti qui fait défaut depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse. La question fondamentale n'est pas simplement une question de sécurité. Elle est au contraire profondément politique, car sans le renouvellement du contrat social, aucune intervention, aussi vigoureuse soit-elle, ne peut garantir une paix durable en Haïti. Bibliographie • Arendt, Hannah. On Violence. New York: Harcourt, 1970. • Dahl, Robert. Polyarchy: Participation and Opposition. New Haven: Yale University Press, 1971. • Hobbes, Thomas. Leviathan. London, 1651. • Huntington, Samuel. Political Order in Changing Societies. New Haven: Yale University Press, 1968. • International Crisis Group. Haiti’s Gang Crisis. Brussels, 2024. • Nations Unies. Conseil de sécurité. Résolutions 2692 (2023). • Nations Unies. Conseil de sécurité. Résolutions 2699 (2023). • Nations Unies. Conseil de sécurité. Résolutions 2793 (2025). • Rousseau, Jean-Jacques. Du contrat social. 1762. • Weber, Max. Économie et société. Paris: Plon, 1922. • Institute for Justice & Democracy in Haiti. Human Rights and the Rule of Law in Haiti. 2026.

Vers les prochaines élections : le RCMH se positionne sur l’échiquier politique haïtien

À l’approche d’éventuelles consultations électorales, la scène politique de Haïti continue de s’élargir avec l’arrivée de nouvelles structures partisanes. Dans une note de presse rendue publique le 12 mars 2026 à Port-au-Prince, le Rassemblement des Citoyens en Mouvement d’Haïti (RCMH) a annoncé son inscription officielle au registre électoral, conformément au décret électoral en vigueur. Selon le document signé par le président du parti, Péguy Jean, et son secrétaire général, Chesnel Pierre, cette reconnaissance administrative ouvre la voie à la participation du RCMH aux prochaines joutes électorales prévues dans le pays. Cette étape marque une avancée importante pour cette formation politique qui ambitionne de s’implanter durablement dans le débat public haïtien. Le RCMH se positionne idéologiquement dans la mouvance de la social-démocratie moderne, une orientation politique qui vise à concilier le dynamisme de l’économie de marché avec un haut niveau de justice sociale. Dans sa déclaration, le parti affirme vouloir promouvoir une participation citoyenne active et contribuer à la bonne marche de la société haïtienne, tout en favorisant la solidarité communautaire et la formation des jeunes aux valeurs démocratiques. Parmi ses priorités, la nouvelle formation politique met l’accent sur la bonne gouvernance, la justice sociale et la réforme progressive des institutions. Le RCMH prône notamment une économie mixte régulée, une démocratie à la fois politique et sociale, ainsi que le recours à la négociation collective comme mécanisme de régulation des relations économiques et sociales. Dans un contexte national marqué depuis plusieurs années par l’instabilité institutionnelle, la méfiance envers la classe politique et l’absence d’élections régulières, l’émergence de nouveaux partis constitue un signal de recomposition du paysage politique. Le RCMH affirme vouloir incarner un renouveau en proposant une approche réformiste visant à « civiliser le capitalisme » plutôt qu’à le remettre totalement en cause.

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