CULTURE

Citadelle : démission choc de Jean Garry Denis, le gouvernement acculé par ses propres défaillances

Un séisme politique ébranle les plus hautes sphères de l’État après le drame de la Citadelle Laferrière. La démission fracassante de Jean Garry Denis, adressée au Premier ministre intérimaire Alix Didier Fils-Aimé, met à nu les failles profondes d’un système incapable d’assurer la protection du patrimoine national. Dans une correspondance officielle datée du 13 avril 2026 et adressée au chef du gouvernement, l’ex-directeur général du ministère de la Culture et de la Communication annonce sa démission avec effet au plus tard le 1er mai 2026. Il évoque une décision « mûrement réfléchie », motivée par des constats personnels profonds. Au cœur de sa lettre, un désaccord de fond apparaît clairement : Jean Garry Denis dénonce une incompatibilité entre ses convictions notamment en matière de protection des biens culturels, de valorisation de l’identité nationale et de financement des activités culturelles et l’orientation stratégique actuellement adoptée au sein du ministère. Il affirme, en substance, qu’il lui est impossible de travailler avec conviction dans un tel cadre. Derrière la prudence du langage administratif, le message est sans équivoque : c’est un désaveu direct de la gouvernance actuelle. Une rupture nette qui intervient dans un contexte de crise, quelques jours seulement après le drame survenu à la Citadelle. Car la question centrale demeure : comment un site aussi emblématique a-t-il pu être laissé sans encadrement suffisant ? Pourquoi aucune mesure préventive sérieuse n’a-t-elle été mise en place ? Et surtout, pourquoi l’État semble-t-il incapable de fournir des réponses claires après une tragédie d’une telle ampleur ? La démission de Jean Garry Denis agit comme un révélateur brutal d’un dysfonctionnement plus large. Elle met en lumière un État qui peine à protéger ses symboles, à anticiper les risques et à assumer ses responsabilités. Dans l’opinion publique, la pression s’intensifie. Plusieurs voix exigent désormais des mesures concrètes et des sanctions immédiates. Le ministre de la Culture et de la Communication, la ministre du Tourisme, le ministre de l’Intérieur ainsi que le directeur général de l’ISPAN sont directement pointés du doigt, certains appelant ouvertement à leur départ. Au-delà des individus, c’est toute une culture de gouvernance qui est remise en cause : une gestion réactive plutôt que préventive, une communication floue, et une absence persistante de reddition de comptes. Ce nouvel épisode dépasse le cadre d’une simple démission. Il s’agit d’un test majeur pour un pouvoir fragilisé, désormais sommé de prouver qu’il peut encore assumer ses responsabilités. Faute de quoi, la crise de confiance pourrait atteindre un point de rupture irréversible.

RTVHAITI INVESTIGATION DOSSIER SPÉCIAL CITADELLE HENRY : COMPRENDRE UN DRAME HUMAIN ET INSTITUTIONNEL

INTRODUCTION GÉNÉRALE Le 11 avril 2026, la Citadelle Henry, symbole majeur du patrimoine historique haïtien, a été le théâtre d’un drame marqué par une bousculade ayant entraîné des pertes en vies humaines. À partir du rapport officiel de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (,"ISPAN","Institut de Sauvegarde du Patrimoine National"]), ce dossier de RTVHAITI INVESTIGATION propose une lecture complète et structurée des événements. L’objectif n’est pas de juger, mais de comprendre : comprendre comment une journée de visite a basculé dans une situation de crise, et pourquoi les mécanismes de prévention n’ont pas suffi à empêcher le drame. UNE JOURNÉE QUI BASCULE Ce qui devait être une journée de fréquentation touristique normale s’est transformé en un événement de forte affluence difficile à maîtriser. Selon le rapport de l’ISPAN, la Citadelle Henry a connu une arrivée massive de visiteurs, principalement des jeunes, dans un contexte post-Semaine sainte. Cette affluence aurait été amplifiée par des appels diffusés sur les réseaux sociaux, sans coordination préalable avec les institutions responsables de la gestion du site. Très rapidement, le site s’est retrouvé dans une situation de tension progressive, sans dispositif pleinement adapté à l’intensité du flux. L’ENGRENAGE SUR LE TERRAIN Face à l’afflux croissant, des agents municipaux ont été déployés aux entrées du site. Le rapport indique que leur intervention s’est principalement concentrée sur le contrôle des accès, dans un contexte de forte pression humaine. Progressivement, la configuration des entrées est devenue problématique : une seule voie de passage est restée fonctionnelle, tandis qu’une autre porte était fermée. Aucune séparation claire n’a été mise en place entre les personnes entrant et celles sortant. Dans ces conditions, deux mouvements contraires se sont retrouvés face à face au même point de passage. LE MOMENT CRITIQUE Au fil des heures, la situation s’est tendue. Des visiteurs tentaient de quitter le site, tandis que d’autres cherchaient encore à y entrer. La pluie est venue compliquer davantage les déplacements, rendant les mouvements plus lents et plus difficiles. Le point d’accès principal a progressivement atteint un niveau de saturation critique. C’est dans ce contexte qu’une bousculade s’est produite, entraînant des pertes en vies humaines et des blessés. CE QUE LE RAPPORT MONTRE SUR LE FOND Au-delà de l’événement lui-même, le rapport met en lumière plusieurs réalités structurelles. Il ressort notamment que le site ne disposait pas d’un dispositif permanent suffisamment structuré pour gérer ce type d’affluence exceptionnelle. La gestion impliquait plusieurs acteurs institutionnels, mais sans véritable coordination unifiée capable de prendre le relais en situation de crise. Le système de gestion des flux, élément central dans ce type d’infrastructure, n’était pas suffisamment opérationnel pour absorber une montée rapide de fréquentation. UNE ALERTE AVANT LE DRAME Le rapport rappelle qu’une alerte avait été formulée dès le 20 mars 2026 par les services de l’ISPAN. Cette alerte signalait le risque d’une affluence importante et recommandait un renforcement du dispositif de sécurité, ainsi qu’une meilleure organisation des flux de visiteurs. Cependant, selon les éléments disponibles, ces recommandations n’ont pas été entièrement traduites en dispositif opérationnel sur le terrain. UNE COORDINATION FRAGILE La gestion du site repose sur plusieurs institutions : autorités nationales, autorités locales et forces de sécurité. Dans la pratique, cette organisation n’a pas toujours permis une coordination fluide et rapide au moment de la montée de la crise. Le rapport décrit ainsi une situation où chaque acteur intervient dans son champ de compétence, mais sans mécanisme unifié de commandement en situation d’urgence. ENTRE GESTION ADMINISTRATIVE ET EXIGENCE DE SÉCURITÉ Dans la dynamique de l’événement, la gestion des accès a joué un rôle central. Les opérations sur le terrain ont combiné contrôle des entrées et contraintes organisationnelles, dans un contexte de forte affluence. L’absence de séparation des flux entrants et sortants a contribué à créer une situation de blocage progressif au niveau des passages. UNE NOUVELLE RÉALITÉ : L’EFFET DES RÉSEAUX SOCIAUX Le rapport met également en évidence un facteur devenu incontournable dans la gestion des foules modernes : les réseaux sociaux. Une mobilisation rapide, spontanée et massive peut désormais transformer en quelques heures un site touristique en zone de forte pression humaine. Cette réalité impose de nouveaux outils de veille et d’anticipation, encore insuffisamment développés. CE QUI RESTE À ÉCLAIRCIR Malgré les éléments disponibles, plusieurs zones restent encore à préciser dans le cadre des enquêtes en cours : Les décisions exactes prises au moment de la restriction des accès ; -Le niveau réel de coordination entre les différents acteurs ; -L’application effective des recommandations formulées avant l’événement ; -Les modalités de gestion de la foule au moment critique ; -Le rôle précis des dynamiques de mobilisation en ligne. Ces éléments nécessitent des investigations complémentaires. CONCLUSION GÉNÉRALE Le drame de la Citadelle Henry ne peut être réduit à un seul facteur. Il résulte d’une combinaison de conditions humaines, organisationnelles et institutionnelles qui, ensemble, ont dépassé la capacité de gestion du site. Au-delà des responsabilités individuelles, cet événement met en lumière une question essentielle : comment adapter la gestion des sites patrimoniaux haïtiens à des dynamiques de fréquentation de plus en plus rapides, imprévisibles et amplifiées par le numérique ? RTVHAITI INVESTIGATION

Fantom choisit Limonade : le retour d’un souffle sur Haïti

La pluie tombe, le sol tremble, et une voix traverse les nuages : Fantom revient en Haïti. Limonade n’est pas sa naissance, mais elle devient son choix, son refuge, son nouveau royaume. Sous une pluie battante, le vent emporte les échos d’un exil trop long. Fantom, légende du Barikad Crew, se tient là, sur une scène trempée, et chaque goutte semble danser avec ses mots. Il n’est pas né ici, mais aujourd’hui, il adopte Limonade. La ville devient sa racine, son port, le sol où il déposera ses rêves et ses rimes. Les années passées en République dominicaine ont laissé leurs cicatrices : arrestation, détention, frontières fermées. Mais derrière la peur, une force silencieuse a grandi. Sur scène, sous la pluie, cette force éclate en notes et en vers. La ville retient son souffle. Chaque parole est une libération, chaque pas une déclaration : « Je choisis ce pays, je choisis cette ville, je choisis de revenir. » Fantom ne ramène pas seulement sa musique : il transporte ses espoirs, ses luttes et sa lumière. Limonade devient alors plus qu’un lieu : un symbole, un théâtre où la résilience prend forme, où la musique devient manifeste, où chaque goutte de pluie se fait applaudissement. Adopter Limonade, c’est transformer l’exil en retour, la pluie en rythme, et la ville en maison. Fantom n’est plus seulement un artiste : il est un souffle nouveau sur Haïti, une invitation à croire que choisir, revenir et rêver sont des actes de courage.

Décès de Dieudonné Larose : Haïti perd une voix majeure de sa mémoire musicale

La musique haïtienne est en deuil. Le vendredi 9 janvier 2025, Dieudonné Larose, figure emblématique du compas et de la musique populaire haïtienne, s’est éteint, laissant derrière lui une œuvre riche et un héritage profondément ancré dans la mémoire collective. L’annonce de sa disparition a suscité une vive émotion à travers le pays, au point que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a publié une note officielle de sympathie saluant la contribution exceptionnelle de l’artiste à la culture nationale. À travers ses chansons, Dieudonné Larose s’était imposé comme une voix incontournable de la scène musicale haïtienne. Son talent, reconnu tant par le public que par ses pairs, lui a permis de traverser les générations, touchant aussi bien les amateurs de compas traditionnel que les jeunes mélomanes. Ses textes, souvent empreints de sensibilité, d’amour et de réalisme social, reflétaient les joies, les douleurs et les espoirs du peuple haïtien. Le CPT, dans sa note de sympathie, souligne que Dieudonné Larose n’était pas seulement un musicien, mais un porteur de mémoire et d’identité. Sa musique, devenue au fil du temps un repère culturel, continuera de résonner « comme un chant d’amour pour Haïti et pour l’humanité ». Une reconnaissance institutionnelle qui témoigne de l’impact durable de l’artiste bien au-delà de la scène musicale. La disparition de Dieudonné Larose laisse un vide immense, non seulement au sein de sa famille et de ses proches, mais aussi dans toute la communauté artistique haïtienne. Pour de nombreux musiciens, il représentait un modèle de rigueur, de créativité et de fidélité à l’authenticité musicale haïtienne. Son parcours inspire aujourd’hui une nouvelle génération appelée à préserver et renouveler cet héritage culturel. Au-delà de l’émotion, la mort de Dieudonné Larose relance également le débat sur la préservation du patrimoine musical haïtien et la reconnaissance des artistes de leur vivant. Dans un pays confronté à de multiples crises, la culture demeure l’un des rares espaces de résistance, de cohésion et d’espoir. Les œuvres de Larose s’inscrivent pleinement dans cette dynamique, rappelant que la musique reste une force de rassemblement et d’affirmation identitaire. En adressant ses condoléances à la famille de l’artiste, à ses amis, à ses collègues musiciens et aux mélomanes, le Conseil Présidentiel de Transition a exprimé le sentiment partagé par toute une nation. Si Dieudonné Larose n’est plus physiquement parmi nous, son héritage artistique, lui, est appelé à traverser le temps. Comme beaucoup de grandes figures de la musique haïtienne, Dieudonné Larose entre désormais dans l’histoire. Une histoire faite de notes, de paroles et d’émotions, qui continueront d’inspirer Haïti et ses générations futures.

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SANTé

Guerlency Michel : un médecin haïtien au service de la santé publique

Originaire d’Haïti, Guerlency Michel a commencé sa carrière dans son pays, où il a travaillé auprès de populations confrontées à d’importantes difficultés sanitaires et sociales. Entre 2013 et 2019, il a notamment exercé au Centre de santé mentale de Morne Pelé, au Cap-Haïtien. Cette expérience a nourri son intérêt pour les enjeux de santé publique et pour les conséquences des crises sur les communautés les plus vulnérables. Son parcours professionnel l’a ensuite conduit en Belgique, où il s’est spécialisé dans le domaine de la transfusion sanguine. Cette discipline joue un rôle essentiel dans les hôpitaux, notamment pour assurer la disponibilité, la qualité et la sécurité du sang destiné aux patients. Une expertise dans la transfusion sanguine Guerlency Michel exerce des responsabilités dans le secteur de la collecte des produits sanguins. Son travail consiste notamment à superviser les opérations de collecte, à coordonner les équipes médicales et infirmières et à veiller au respect des normes de sécurité. Il intervient également dans le domaine de l’hémovigilance. Cette activité permet de suivre le parcours des produits sanguins, depuis leur prélèvement jusqu’à leur administration au patient. Elle contribue à prévenir les incidents, à analyser les réactions indésirables et à améliorer continuellement la sécurité des transfusions. Derrière chaque don de sang se trouve une organisation complexe et rigoureuse. La mission des professionnels comme Guerlency Michel est de garantir la confiance des donneurs et la protection des patients. Son travail exige une grande précision, un sens élevé des responsabilités et une collaboration constante avec les établissements de santé. Un chercheur engagé sur les réalités haïtiennes En 2020, Guerlency Michel a consacré un mémoire à la vulnérabilité sanitaire et sociale en Haïti pendant la crise de la COVID-19. Dans le cadre de cette recherche menée à l’Université de Liège, il s’est intéressé aux conséquences de la pandémie sur la population haïtienne et aux difficultés rencontrées par les professionnels de santé. Son étude s’appuyait notamment sur des entretiens avec des professionnels impliqués dans la prise en charge de la COVID-19 ainsi que sur une enquête menée auprès de plus d’un millier de personnes en Haïti. Cette recherche souligne l’importance de mieux préparer les systèmes de santé aux situations d’urgence. Elle met également en évidence le lien entre la pauvreté, les inégalités sociales, l’accès aux soins et la capacité d’un pays à faire face à une crise sanitaire. Un parcours qui honore la diaspora haïtienne Le parcours de Guerlency Michel illustre la contribution de nombreux professionnels haïtiens établis à l’étranger. Dans les hôpitaux, les universités, les laboratoires et les institutions publiques, la diaspora haïtienne participe au développement des sociétés qui l’accueillent. Son expérience témoigne également de l’importance de la formation et de la spécialisation. En investissant dans ses compétences, il a réussi à intégrer un secteur médical exigeant et à y exercer des responsabilités importantes. Mais son parcours ne se limite pas à une réussite professionnelle. Son intérêt pour les questions sanitaires en Haïti montre qu’il reste attentif aux réalités de son pays d’origine. Ses recherches et son expérience peuvent contribuer à nourrir les réflexions sur la prévention, la gestion des crises et l’amélioration des soins. Un modèle pour la jeunesse Guerlency Michel représente une source d’inspiration pour les jeunes Haïtiens qui souhaitent entreprendre des études dans les domaines de la médecine, de la recherche et de la santé publique. Son itinéraire montre que la persévérance, la discipline et la formation peuvent ouvrir des perspectives internationales. Il rappelle également que réussir à l’étranger ne signifie pas oublier ses origines. Au contraire, l’expérience acquise dans la diaspora peut devenir un outil pour mieux comprendre les défis d’Haïti et contribuer à la recherche de solutions. Une contribution au service de la vie À travers son travail dans la médecine transfusionnelle et ses recherches sur les crises sanitaires, Guerlency Michel s’inscrit dans une démarche fondée sur la prévention, la rigueur et la protection de la vie humaine. Son parcours entre Haïti et la Belgique mérite d’être connu et valorisé. Il illustre le potentiel de la diaspora haïtienne et la contribution de ses professionnels dans des domaines essentiels. Guerlency Michel incarne ainsi une génération de médecins et de chercheurs haïtiens qui mettent leur compétence au service des autres, tout en portant avec responsabilité et fierté le lien avec leur pays d’origine.

Scandale médical : une mineure contaminée au VIH, l’OPC exige des sanctions immédiates

Le soleil tape sur la cour de l’hôpital Nos Petits Frères et Sœurs. Des parents, des enfants, des silhouettes fatiguées attendent sous la chaleur. Rien, absolument rien, dans cette scène ordinaire ne laisse deviner qu’ici, il y a sept ans, la vie d’une enfant a basculé. En 2018, une fillette de 10 ans avait été admise pour un soin banal. Quelques heures plus tard, une transfusion lui était administrée. Ce jour-là, dans une salle froide, un geste censé la sauver a bouleversé son futur. Aujourd’hui, devenue adolescente, elle porte encore les conséquences d’une erreur médicale que l’hôpital a reconnue peu après les faits, sans jamais réellement réparer le tort causé. Une famille brisée dans le silence Dans le quartier où la jeune fille vit toujours, les voisins évoquent une famille discrète, épuisée mais digne. L’un d’eux confie, presque en murmurant : « Sa maman ne parle pas beaucoup… mais on voit que cette histoire leur pèse. Ils ont cherché de l’aide partout. C’est comme s’ils avaient crié longtemps dans un espace où personne ne répondait. » Depuis le drame, la famille a dû apprendre à vivre avec un poids qu’elle n’a jamais choisi : consultations, médicaments, rendez-vous, fatigue, inquiétudes, regards parfois lourds. Tout cela dans un pays où les structures d’accompagnement sont souvent inexistantes. L’OPC brise enfin le mur Sept ans après, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a décidé d’agir. Dans une lettre ferme adressée au ministère de la Santé publique, le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, exige des sanctions immédiates et une réparation juste pour la jeune fille et ses proches. Pour lui, ce cas représente bien plus qu’une faute médicale : c’est une atteinte directe à la dignité, aux droits et à l’avenir d’une adolescente qui ne méritait que protection. « Ce n’est pas un accident isolé » Un professionnel du secteur médical, touché mais prudent, lâche : « Dans nos hôpitaux, les équipes font ce qu’elles peuvent… mais parfois, le système laisse passer l’irréparable. Et quand ça arrive, les familles restent seules. ». Cette phrase résume la réalité que l’OPC veut mettre en lumière : les contrôles insuffisants, les mécanismes de suivi défaillants, le manque d’encadrement, et surtout le silence qui entoure ces cas. Dans sa correspondance, l’OPC parle même d’autres situations similaires, étouffées par l’absence d’accompagnement pour les victimes. Une adolescence volée Pour la jeune fille, la vie a pris un tournant que ni elle ni sa famille n’avaient imaginé. Les rêves d’enfant, les ambitions scolaires, l’insouciance… tout cela s’est heurté à une réalité douloureuse. Un proche de la famille raconte : « Ce n’est pas seulement une maladie. C’est le choc, la honte qu’on impose, la peur du lendemain, l’injustice. Elle n’a rien demandé… elle voulait juste guérir. » Dans les couloirs de l’hôpital, le contraste est brutal : les files d’attente, les pas pressés, les pleurs parfois… Et au milieu, l’histoire d’une adolescente qui rappelle ce que peut coûter une seule négligence. Un pays face à un choix moral Ce drame n’est pas un cas isolé, mais il devient un symbole. Un symbole de ce que vit une population qui ne demande que des soins sûrs, respectueux, encadrés. Pour l’OPC, l’heure n’est plus aux excuses. Il faut des sanctions, oui. Mais il faut surtout redonner à cette jeune fille et à toutes les autres victimes possibles la place qu’elles méritent : celle d’êtres humains auxquels l’État doit protection, transparence et justice. Un appel à la conscience collective Ce cas rappelle une vérité sensible : derrière chaque faute médicale se cache une vie, une famille, une histoire. Et derrière chaque silence institutionnel, il y a une souffrance qui s’alourdit. Le drame de Tabarre doit devenir un tournant. Pas seulement pour sanctionner, mais pour reconstruire. Pour que les hôpitaux soient des lieux de guérison, pas des lieux où une simple erreur peut briser une enfance.

Nathacha Rosier : l’infirmière qui transforme des vies et inspire tout un peuple

Dans le Sud d’Haïti, là où les routes s’effacent entre montagnes et ravines, une femme illumine les villages et réinvente la santé avec courage, vision et passion. Nathacha Rosier n’est pas seulement une infirmière diplômée : elle est une force de transformation, une entrepreneure sociale audacieuse, et une leader communautaire engagée. Chaque jour, elle incarne ce que signifie véritablement servir, protéger et inspirer. Depuis ses débuts à Maniche, elle a choisi un chemin rare : mettre la santé et le bien-être au cœur de sa mission, en allant au-delà des murs des institutions, là où les patients sont le plus vulnérables. Diplômée en sciences infirmières en 2020 à l’Université Notre Dame d’Haïti et licenciée par le MSPP en 2021, elle a très vite démontré que la compétence seule ne suffit pas : il faut la passion, l’audace, la créativité et le courage pour transformer une communauté. Une vision audacieuse et un engagement sans faille Nathacha n’attend pas que les solutions viennent des autres. Elle crée, innove et agit. Février 2021 : Elle fonde Miss Nathou Resto, promouvant une alimentation saine, naturelle et accessible. Août 2021 : Après le séisme, elle organise la cuisson et la distribution de repas pour les familles sinistrées, apportant soutien et espoir en temps de crise. Décembre 2021 : Elle rejoint le centre de santé de Maniche, développant des programmes de prévention et de dépistage, touchant des centaines de femmes et d’hommes. Cette capacité à anticiper, innover et agir est l’une des qualités majeures qui fait d’elle une entrepreneure à succès : vision claire, leadership, audace et persévérance. Une clinique mobile, un pont vers l’espoir En août 2024, elle transforme son rêve en réalité : sa propre clinique à domicile, sillonnant les villages les plus reculés de Maniche, Camp Périn, Guilgo, Coraux, Saint-Louis, Cavaillon et Bananier. Depuis, elle a soigné près de 200 patients, franchissant ravines et chemins impraticables, chaque trajet étant un acte de courage, chaque geste posé un acte d’humanité. Chaque vie sauvée est un trophée, chaque sourire retrouvé un triomphe sur l’adversité. Les familles pleines de gratitude témoignent que Nathacha ne sauve pas seulement des corps, mais redonne la confiance et la dignité. Leadership et impact durable Pour amplifier son action, Nathacha fonde en juin 2025 l’OPSED’S (Organisation des Professionnels Sanitaires Engagés pour le Développement du Sud). Cette initiative fédère les professionnels de santé autour d’un objectif clair : protéger, éduquer et renforcer la communauté. Juillet 2025 : Formation de plus de 100 habitants aux gestes de premiers secours. Août 2025 : Organisation d’une clinique mobile gratuite, offrant des soins primaires à tous. Ces réalisations témoignent de son esprit stratégique, de sa discipline et de sa capacité à mobiliser et inspirer. Elle combine la vision d’une leader, le courage d’une aventurière et la sensibilité d’une humaniste. Un modèle universel d’excellence Nathacha Rosier est bien plus qu’une infirmière : elle est un exemple vivant de ce qu’une entrepreneure, un leader et une humaniste peuvent accomplir. Elle allie : -Vision et audace pour créer des solutions innovantes. -Persévérance et résilience face aux obstacles. -Leadership et capacité à inspirer ceux qui l’entourent. -Compassion et humanité pour transformer chaque vie en victoire. Elle milite pour un hôpital digne à Maniche, capable de traiter tous les patients, prouvant que la santé est un droit, pas un privilège. Ine source d’inspiration mondiale Aujourd’hui, Nathacha Rosier est un phare pour sa communauté, un modèle d’entrepreneuriat social et un exemple universel de courage et de détermination. Chaque patient soigné, chaque vie sauvée et chaque sourire retrouvé est la preuve qu’un seul individu, guidé par la passion, le service et l’excellence, peut transformer une région entière et inspirer le monde entier.

Haïti : alerte sanitaire après le passage de l’ouragan Melissa

Lors de la 28ᵉ édition des #MardisDeLaNation, le Gouvernement à travers son ministre de la santé, Dr Sinal BERTRAND a présenté les mesures mises en œuvre pour contenir cette crise sanitaire. L’accent est mis sur la prévention, la protection des populations vulnérables et la réhabilitation rapide des infrastructures de santé endommagées. Parmi les actions prioritaires : -Assistance immédiate aux populations sinistrées et soutien aux structures sanitaires affectées ; -Campagnes de sensibilisation et prévention, avec un message clair sur l’importance de l’eau potable, de l’hygiène personnelle et de la sécurité alimentaire ; -Opérations d’assainissement et distribution de kits d’hygiène dans les communautés les plus exposées ; -Surveillance sanitaire renforcée, permettant une réaction rapide face aux nouveaux cas et une coordination étroite avec les partenaires locaux et internationaux ; -Mobilisation des équipes médicales pour garantir la prise en charge des malades et la mise en place de centres de traitement temporaires si nécessaire. Le Gouvernement appelle toutes les communautés à rester vigilantes et à coopérer pleinement pour limiter la propagation des maladies. La population est invitée à respecter les mesures d’hygiène, à privilégier l’eau traitée ou bouillie et à signaler toute situation suspecte aux autorités sanitaires. Face à ces défis post-catastrophe, la prévention et la réactivité restent les armes essentielles pour protéger la santé publique et éviter que la situation ne se transforme en crise majeure.

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Société

Festival Mounite : à Cap-Haïtien, la santé mentale prend la parole et la scène

Du 8 au 11 octobre 2026, Cap-Haïtien a accueilli la première édition du Festival Mounite, un rendez-vous initié par Medya Mantal et le Centre de santé mentale de Morne Pelé, avec une ambition claire : briser les tabous, libérer la parole et rapprocher les personnes autour de la santé mentale. Placée sous le signe de l'art, de la santé mentale, de la culture et de la communauté, cette première édition a proposé quatre jours d'une programmation dense et variée. Colloques, panels de discussion, spectacles de théâtre, concert, consultations gratuites et activités de réseautage se sont succédé entre Morne-Pelé, l'auditorium Oswald Durand et l'hôtel Comfort Plus. Chaque activité répondait à un même objectif : offrir au public plusieurs portes d'entrée vers un sujet encore entouré de silence. La réflexion des colloques et des panels, l'émotion de la scène et de la musique, la proximité des échanges et des consultations gratuites ont fait de ces lieux de véritables espaces d'écoute, d'expression et de sensibilisation. Le message du festival tient en une devise, « Ensemble, nou réparé. Nou grandi. Nou fété. », qui résume l'esprit d'une démarche collective où l'on soigne, où l'on évolue et où l'on célèbre ensemble. Au-delà du programme, le Festival Mounite rappelle une conviction forte : prendre soin de sa santé mentale ne devrait jamais être un tabou. L'écoute, l'information et l'accès à un accompagnement adapté sont des conditions essentielles pour bâtir une communauté plus solidaire et plus consciente. RTVH continuera de suivre de près les initiatives qui placent la santé mentale au cœur du débat public.

Date : 20-Oct-2026
Auteur : Maxime Daniel ETIENNE
Santé

Guerlency Michel : un médecin haïtien au service de la santé publique

Originaire d’Haïti, Guerlency Michel a commencé sa carrière dans son pays, où il a travaillé auprès de populations confrontées à d’importantes difficultés sanitaires et sociales. Entre 2013 et 2019, il a notamment exercé au Centre de santé mentale de Morne Pelé, au Cap-Haïtien. Cette expérience a nourri son intérêt pour les enjeux de santé publique et pour les conséquences des crises sur les communautés les plus vulnérables. Son parcours professionnel l’a ensuite conduit en Belgique, où il s’est spécialisé dans le domaine de la transfusion sanguine. Cette discipline joue un rôle essentiel dans les hôpitaux, notamment pour assurer la disponibilité, la qualité et la sécurité du sang destiné aux patients. Une expertise dans la transfusion sanguine Guerlency Michel exerce des responsabilités dans le secteur de la collecte des produits sanguins. Son travail consiste notamment à superviser les opérations de collecte, à coordonner les équipes médicales et infirmières et à veiller au respect des normes de sécurité. Il intervient également dans le domaine de l’hémovigilance. Cette activité permet de suivre le parcours des produits sanguins, depuis leur prélèvement jusqu’à leur administration au patient. Elle contribue à prévenir les incidents, à analyser les réactions indésirables et à améliorer continuellement la sécurité des transfusions. Derrière chaque don de sang se trouve une organisation complexe et rigoureuse. La mission des professionnels comme Guerlency Michel est de garantir la confiance des donneurs et la protection des patients. Son travail exige une grande précision, un sens élevé des responsabilités et une collaboration constante avec les établissements de santé. Un chercheur engagé sur les réalités haïtiennes En 2020, Guerlency Michel a consacré un mémoire à la vulnérabilité sanitaire et sociale en Haïti pendant la crise de la COVID-19. Dans le cadre de cette recherche menée à l’Université de Liège, il s’est intéressé aux conséquences de la pandémie sur la population haïtienne et aux difficultés rencontrées par les professionnels de santé. Son étude s’appuyait notamment sur des entretiens avec des professionnels impliqués dans la prise en charge de la COVID-19 ainsi que sur une enquête menée auprès de plus d’un millier de personnes en Haïti. Cette recherche souligne l’importance de mieux préparer les systèmes de santé aux situations d’urgence. Elle met également en évidence le lien entre la pauvreté, les inégalités sociales, l’accès aux soins et la capacité d’un pays à faire face à une crise sanitaire. Un parcours qui honore la diaspora haïtienne Le parcours de Guerlency Michel illustre la contribution de nombreux professionnels haïtiens établis à l’étranger. Dans les hôpitaux, les universités, les laboratoires et les institutions publiques, la diaspora haïtienne participe au développement des sociétés qui l’accueillent. Son expérience témoigne également de l’importance de la formation et de la spécialisation. En investissant dans ses compétences, il a réussi à intégrer un secteur médical exigeant et à y exercer des responsabilités importantes. Mais son parcours ne se limite pas à une réussite professionnelle. Son intérêt pour les questions sanitaires en Haïti montre qu’il reste attentif aux réalités de son pays d’origine. Ses recherches et son expérience peuvent contribuer à nourrir les réflexions sur la prévention, la gestion des crises et l’amélioration des soins. Un modèle pour la jeunesse Guerlency Michel représente une source d’inspiration pour les jeunes Haïtiens qui souhaitent entreprendre des études dans les domaines de la médecine, de la recherche et de la santé publique. Son itinéraire montre que la persévérance, la discipline et la formation peuvent ouvrir des perspectives internationales. Il rappelle également que réussir à l’étranger ne signifie pas oublier ses origines. Au contraire, l’expérience acquise dans la diaspora peut devenir un outil pour mieux comprendre les défis d’Haïti et contribuer à la recherche de solutions. Une contribution au service de la vie À travers son travail dans la médecine transfusionnelle et ses recherches sur les crises sanitaires, Guerlency Michel s’inscrit dans une démarche fondée sur la prévention, la rigueur et la protection de la vie humaine. Son parcours entre Haïti et la Belgique mérite d’être connu et valorisé. Il illustre le potentiel de la diaspora haïtienne et la contribution de ses professionnels dans des domaines essentiels. Guerlency Michel incarne ainsi une génération de médecins et de chercheurs haïtiens qui mettent leur compétence au service des autres, tout en portant avec responsabilité et fierté le lien avec leur pays d’origine.

Date : 20-Oct-2026
Auteur : Maxime Daniel ETIENNE
Éditorial

Grève dans l'administration publique : les syndicats passent à l'action dès ce lundi

Les fonctionnaires haïtiens entrent en grève à partir d'aujourd'hui, lundi 19 octobre 2026. La Confédération des syndicats de l'administration publique nationale a annoncé le mouvement le 17 octobre depuis Port-au-Prince, pour contraindre les autorités à améliorer les conditions de travail des employés de l'État. Le premier point de blocage est le prélèvement de 15 % appliqué depuis le 1er octobre sur les primes et compléments de salaire. Il touche notamment les allocations, les bonus, les congés payés, les indemnités de congés non pris et les heures supplémentaires. Les syndicats exigent son annulation pure et simple. Ils réclament aussi la mise en place d'un régime d'assurance adéquat pour les agents publics et le paiement du quatorzième mois. Le mouvement bénéficie du soutien du Syndicat national des policiers haïtiens (SYNAPOHA). Son porte-parole, Mathieuny Sidel, a appelé les policiers au professionnalisme et à ne pas se détourner de leur mission fondamentale, protéger et servir la population. Dans ce contexte, l'examen du budget 2026-2027 suscite des interrogations sur la place accordée aux besoins sociaux des citoyens et des travailleurs de l'État. Notre point de vue On ne peut pas demander à des agents publics de tenir un État debout et, dans le même temps, leur retirer 15 % de leurs compléments de salaire. Ceux qui ouvrent les bureaux, signent les actes, soignent, enseignent et assurent la continuité des services dans un pays en crise ne réclament pas un privilège. Ils demandent le respect de ce qui leur est dû. Un quatorzième mois impayé et une assurance qui n'existe pas, ce n'est pas de la rigueur budgétaire, c'est de la désinvolture. Pendant que l'on serre la vis aux plus petits salaires, les Haïtiens attendent toujours que l'État montre l'exemple dans la gestion des deniers publics. Les autorités ont une occasion simple de prouver qu'elles entendent leurs propres employés : s'asseoir à la table, répondre point par point et cesser de traiter les travailleurs de l'État comme une variable d'ajustement. Si la grève paralyse les services, la responsabilité incombera à ceux qui ont choisi la ponction plutôt que le dialogue.

Date : 20-Oct-2026
Auteur : Maxime Daniel ETIENNE
Actualité

Élections : le compte à rebours s'achève pour les agents intérimaires candidats Le ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales rappelle que les agents exécutifs intérimaires candidats aux prochaines élections doivent démissionner au plus tard le 15 octobre.

Le ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales rappelle que les agents exécutifs intérimaires candidats aux prochaines élections doivent démissionner au plus tard le 15 octobre. L'échéance se referme demain, et le temps, lui, ne négocie pas. Pour ceux qui nourrissent l'ambition de briguer un mandat, l'heure du choix a sonné : quitter la fonction qu'ils occupent ou renoncer à porter leur candidature devant les électeurs. Le rappel du ministère n'a rien d'une formalité. Il pose une frontière nette entre l'exercice d'une charge publique et la course à un siège. Les concernés doivent régulariser leur situation dans les délais pour que leur candidature soit recevable. Passé ce cap, la porte se referme. Dans les couloirs des administrations locales comme dans les cercles politiques, chacun mesure désormais le poids de ces quelques heures. Une démission déposée à temps peut ouvrir la voie à une campagne. Un retard, lui, peut suffire à éteindre une ambition avant même qu'elle ait pris la parole. RTVH continuera de suivre de près l'évolution du processus électoral et vous tiendra informés de ses prochaines étapes.

Date : 15-Oct-2026
Auteur : Maxime Daniel ETIENNE

A LA UNE

Haïti : quatre militaires salvadoriens portés disparus après une embuscade à croix des bouquets

En Haïti, quatre militaires salvadoriens sont portés disparus après une embuscade tendue par des groupes armés à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets, à une douzaine de kilomètres de la capitale. L'armée du Salvador a confirmé l'attaque dans un communiqué publié dimanche 18 octobre au soir. Selon la Fuerza Armada, les quatre hommes, des aérotechniciens de la Fuerza de Tarea Libertad II, regagnaient leur campement à bord d'un véhicule blindé lorsque celui-ci a été visé par des tirs et des explosifs. Le blindé a pris feu, mais les militaires ont pu en sortir. Leur sort et leur localisation restent inconnus. Des hélicoptères salvadoriens ont été envoyés en renfort et ont contraint les assaillants à reculer, précise l'armée. Les tentatives d'approche par voie terrestre et aérienne, menées avec d'autres contingents présents en Haïti, ont toutefois été gênées par la violence des affrontements. La situation est décrite comme « toujours en développement ». La Force de répression des gangs (GSF), dont fait partie le contingent salvadorien, a confirmé l'embuscade dans un communiqué, sans mentionner de disparus. Des médias locaux évoquent pour leur part cinq soldats manquants, dont deux possiblement blessés, un chiffre que l'armée salvadorienne n'a pas confirmé. Cette attaque intervient alors que les forces de sécurité multiplient les opérations contre les gangs dans la plaine du Cul-de-Sac, au nord de Port-au-Prince.

Festival Mounite : à Cap-Haïtien, la santé mentale prend la parole et la scène

Du 8 au 11 octobre 2026, Cap-Haïtien a accueilli la première édition du Festival Mounite, un rendez-vous initié par Medya Mantal et le Centre de santé mentale de Morne Pelé, avec une ambition claire : briser les tabous, libérer la parole et rapprocher les personnes autour de la santé mentale. Placée sous le signe de l'art, de la santé mentale, de la culture et de la communauté, cette première édition a proposé quatre jours d'une programmation dense et variée. Colloques, panels de discussion, spectacles de théâtre, concert, consultations gratuites et activités de réseautage se sont succédé entre Morne-Pelé, l'auditorium Oswald Durand et l'hôtel Comfort Plus. Chaque activité répondait à un même objectif : offrir au public plusieurs portes d'entrée vers un sujet encore entouré de silence. La réflexion des colloques et des panels, l'émotion de la scène et de la musique, la proximité des échanges et des consultations gratuites ont fait de ces lieux de véritables espaces d'écoute, d'expression et de sensibilisation. Le message du festival tient en une devise, « Ensemble, nou réparé. Nou grandi. Nou fété. », qui résume l'esprit d'une démarche collective où l'on soigne, où l'on évolue et où l'on célèbre ensemble. Au-delà du programme, le Festival Mounite rappelle une conviction forte : prendre soin de sa santé mentale ne devrait jamais être un tabou. L'écoute, l'information et l'accès à un accompagnement adapté sont des conditions essentielles pour bâtir une communauté plus solidaire et plus consciente. RTVH continuera de suivre de près les initiatives qui placent la santé mentale au cœur du débat public.

Guerlency Michel : un médecin haïtien au service de la santé publique

Originaire d’Haïti, Guerlency Michel a commencé sa carrière dans son pays, où il a travaillé auprès de populations confrontées à d’importantes difficultés sanitaires et sociales. Entre 2013 et 2019, il a notamment exercé au Centre de santé mentale de Morne Pelé, au Cap-Haïtien. Cette expérience a nourri son intérêt pour les enjeux de santé publique et pour les conséquences des crises sur les communautés les plus vulnérables. Son parcours professionnel l’a ensuite conduit en Belgique, où il s’est spécialisé dans le domaine de la transfusion sanguine. Cette discipline joue un rôle essentiel dans les hôpitaux, notamment pour assurer la disponibilité, la qualité et la sécurité du sang destiné aux patients. Une expertise dans la transfusion sanguine Guerlency Michel exerce des responsabilités dans le secteur de la collecte des produits sanguins. Son travail consiste notamment à superviser les opérations de collecte, à coordonner les équipes médicales et infirmières et à veiller au respect des normes de sécurité. Il intervient également dans le domaine de l’hémovigilance. Cette activité permet de suivre le parcours des produits sanguins, depuis leur prélèvement jusqu’à leur administration au patient. Elle contribue à prévenir les incidents, à analyser les réactions indésirables et à améliorer continuellement la sécurité des transfusions. Derrière chaque don de sang se trouve une organisation complexe et rigoureuse. La mission des professionnels comme Guerlency Michel est de garantir la confiance des donneurs et la protection des patients. Son travail exige une grande précision, un sens élevé des responsabilités et une collaboration constante avec les établissements de santé. Un chercheur engagé sur les réalités haïtiennes En 2020, Guerlency Michel a consacré un mémoire à la vulnérabilité sanitaire et sociale en Haïti pendant la crise de la COVID-19. Dans le cadre de cette recherche menée à l’Université de Liège, il s’est intéressé aux conséquences de la pandémie sur la population haïtienne et aux difficultés rencontrées par les professionnels de santé. Son étude s’appuyait notamment sur des entretiens avec des professionnels impliqués dans la prise en charge de la COVID-19 ainsi que sur une enquête menée auprès de plus d’un millier de personnes en Haïti. Cette recherche souligne l’importance de mieux préparer les systèmes de santé aux situations d’urgence. Elle met également en évidence le lien entre la pauvreté, les inégalités sociales, l’accès aux soins et la capacité d’un pays à faire face à une crise sanitaire. Un parcours qui honore la diaspora haïtienne Le parcours de Guerlency Michel illustre la contribution de nombreux professionnels haïtiens établis à l’étranger. Dans les hôpitaux, les universités, les laboratoires et les institutions publiques, la diaspora haïtienne participe au développement des sociétés qui l’accueillent. Son expérience témoigne également de l’importance de la formation et de la spécialisation. En investissant dans ses compétences, il a réussi à intégrer un secteur médical exigeant et à y exercer des responsabilités importantes. Mais son parcours ne se limite pas à une réussite professionnelle. Son intérêt pour les questions sanitaires en Haïti montre qu’il reste attentif aux réalités de son pays d’origine. Ses recherches et son expérience peuvent contribuer à nourrir les réflexions sur la prévention, la gestion des crises et l’amélioration des soins. Un modèle pour la jeunesse Guerlency Michel représente une source d’inspiration pour les jeunes Haïtiens qui souhaitent entreprendre des études dans les domaines de la médecine, de la recherche et de la santé publique. Son itinéraire montre que la persévérance, la discipline et la formation peuvent ouvrir des perspectives internationales. Il rappelle également que réussir à l’étranger ne signifie pas oublier ses origines. Au contraire, l’expérience acquise dans la diaspora peut devenir un outil pour mieux comprendre les défis d’Haïti et contribuer à la recherche de solutions. Une contribution au service de la vie À travers son travail dans la médecine transfusionnelle et ses recherches sur les crises sanitaires, Guerlency Michel s’inscrit dans une démarche fondée sur la prévention, la rigueur et la protection de la vie humaine. Son parcours entre Haïti et la Belgique mérite d’être connu et valorisé. Il illustre le potentiel de la diaspora haïtienne et la contribution de ses professionnels dans des domaines essentiels. Guerlency Michel incarne ainsi une génération de médecins et de chercheurs haïtiens qui mettent leur compétence au service des autres, tout en portant avec responsabilité et fierté le lien avec leur pays d’origine.

Grève dans l'administration publique : les syndicats passent à l'action dès ce lundi

Les fonctionnaires haïtiens entrent en grève à partir d'aujourd'hui, lundi 19 octobre 2026. La Confédération des syndicats de l'administration publique nationale a annoncé le mouvement le 17 octobre depuis Port-au-Prince, pour contraindre les autorités à améliorer les conditions de travail des employés de l'État. Le premier point de blocage est le prélèvement de 15 % appliqué depuis le 1er octobre sur les primes et compléments de salaire. Il touche notamment les allocations, les bonus, les congés payés, les indemnités de congés non pris et les heures supplémentaires. Les syndicats exigent son annulation pure et simple. Ils réclament aussi la mise en place d'un régime d'assurance adéquat pour les agents publics et le paiement du quatorzième mois. Le mouvement bénéficie du soutien du Syndicat national des policiers haïtiens (SYNAPOHA). Son porte-parole, Mathieuny Sidel, a appelé les policiers au professionnalisme et à ne pas se détourner de leur mission fondamentale, protéger et servir la population. Dans ce contexte, l'examen du budget 2026-2027 suscite des interrogations sur la place accordée aux besoins sociaux des citoyens et des travailleurs de l'État. Notre point de vue On ne peut pas demander à des agents publics de tenir un État debout et, dans le même temps, leur retirer 15 % de leurs compléments de salaire. Ceux qui ouvrent les bureaux, signent les actes, soignent, enseignent et assurent la continuité des services dans un pays en crise ne réclament pas un privilège. Ils demandent le respect de ce qui leur est dû. Un quatorzième mois impayé et une assurance qui n'existe pas, ce n'est pas de la rigueur budgétaire, c'est de la désinvolture. Pendant que l'on serre la vis aux plus petits salaires, les Haïtiens attendent toujours que l'État montre l'exemple dans la gestion des deniers publics. Les autorités ont une occasion simple de prouver qu'elles entendent leurs propres employés : s'asseoir à la table, répondre point par point et cesser de traiter les travailleurs de l'État comme une variable d'ajustement. Si la grève paralyse les services, la responsabilité incombera à ceux qui ont choisi la ponction plutôt que le dialogue.

POLITIQUE

Diplomatie en vitrine, nation en ruine : l’éternel théâtre de la sécurité annoncée

Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a de nouveau échangé avec un haut responsable des Nations Unies sur la crise sécuritaire qui étouffe le pays. Les mots sont connus : “coordination”, “renforcement”, “urgence”, “rétablissement de l’autorité de l’État”. Un vocabulaire devenu rituel, presque mécanique. Mais derrière cette grammaire institutionnelle, une question persiste, lourde et insistante : que change réellement cette succession de rencontres ? Une politique de l’annonce permanente Haïti semble enfermée dans une dynamique où l’action se dilue dans la communication. Chaque réunion promet une intensification de la lutte contre les groupes armés. Chaque communiqué annonce une reprise en main des axes stratégiques. Pourtant, ces axes restent, jour après jour, sous contrôle de la peur. Les structures sécuritaires sont évoquées, les mécanismes internationaux sollicités, les partenariats renforcés… mais la réalité territoriale, elle, demeure inchangée. Le pays continue de vivre sous fragmentation armée, où l’État apparaît davantage dans les discours que dans l’espace physique. Poétique d’un État absent Il y a dans cette répétition diplomatique quelque chose d’étrangement silencieux. Comme si les mots avaient remplacé les actes. Comme si les réunions avaient pris la place des reconquêtes. Haïti avance avec des communiqués comme boussole, mais sans terrain comme ancrage. Elle parle de sécurité dans des salles climatisées, tandis que ses routes restent des lignes de danger. La souveraineté est proclamée, mais elle circule rarement au-delà des textes officiels. Une transition suspendue Le gouvernement affirme vouloir créer les conditions d’élections “libres et crédibles”. Mais cette ambition démocratique repose sur une condition préalable : la sécurité effective. Or, cette sécurité reste hypothétique, fragmentée, intermittente. Dans ce contexte, l’écart entre le discours et l’exécution devient structurel. Ce n’est plus un retard. C’est un mode de gouvernance perçu comme une gestion de crise sans résolution visible. Le doute comme seul résultat tangible À force de réunions, de déclarations et de promesses répétées, une forme de scepticisme s’installe. Non pas un scepticisme abstrait, mais concret, nourri par l’expérience quotidienne.Le pays écoute encore les annonces. Mais il attend désormais autre chose : des résultats mesurables, visibles, irréfutables. Sans cela, la diplomatie sécuritaire risque de devenir un rituel sans effet, un langage sans transformation, une promesse sans prise sur le réel.

Que peut-on attendre de la Force de Répréssion des Gangs en Haïti

La République d’Haïti connaît une crise multidimensionnelle depuis plusieurs années qui est caractérisée par l’effondrement de l’État, la montée en puissance des gangs armés et une paralysie démocratique persistante dans le pays. Dans ce contexte, la mise en place d’une nouvelle force qui est connue sous le nom de « Force de Répression des Gangs (FRG) », autorisée par la Résolution 2793 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies, fait l’objet de notre analyse et suscite un débat fondamental : une intervention sécuritaire renforcée peut-elle compenser les déficits politiques et institutionnels structurels du pays ? En effet, la situation sécuritaire en Haïti s’est profondément dégradée depuis la fin des années 2010, avec une intensification notable après 2021 surtout à l’accession au pouvoir du Premier Ministre Ariel Henry. De plus, les gangs armés contrôlent aujourd’hui une grande partie de la capitale et imposent leur autorité sur des quartiers entiers. Selon plusieurs rapports, jusqu’à 80 à 90 % de la Capitale est sous influence de groupes armés, qui exercent des fonctions quasi étatiques, notamment en matière de sécurité, de taxation et de contrôle des flux économiques du pays (Brussels : ICG, 2024). Cette dynamique correspond à ce que certains chercheurs qualifient d’« insurrection criminelle », dans laquelle des acteurs non étatiques concurrencent ou défient directement l’autorité publique (Robert Muggah et al, 2023). Dans une perspective inspirée de Thomas Hobbes, cette situation peut être interprétée comme un retour à l’« état de nature », caractérisé par l’absence d’autorité souveraine capable de garantir la sécurité dans la cité (Hobbes, 1651). Cependant, les données disponibles montrent que la violence généralisée en Haïti a des conséquences humanitaires majeures, notamment des déplacements internes massifs, une augmentation des violences sexuelles et l'effondrement des services publics. En outre, des organisations internationales et nationales font état d'une augmentation significative des violations des droits de l’homme, en particulier dans les zones contrôlées par les gangs. Il convient de noter qu'Haïti n'a pas organisé d'élections depuis 2016. Cette absence prolongée d'élections a entraîné une crise profonde de légitimité politique. Dans la perspective de Max Weber, l’autorité politique à l’ère contemporaine repose sur la reconnaissance de sa légitimité légale-rationnelle (Weber, 1922). Or, en Haïti, cette légitimité est aujourd’hui fortement contestée, fragilisant la capacité de l’État à gouverner efficacement le pays. L’absence des exercices électoraux et la faiblesse des institutions traduisent une rupture du contrat social, correspond au sens de Jean-Jacques Rousseau (Rousseau, 1762). Car, la souveraineté populaire ne s’exprime plus, laissant place à une fragmentation du pouvoir et à une montée de la violence. Face à la gravité de la situation, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté plusieurs résolutions majeures notamment la Résolution 2699 (2023), autorisant une mission multinationale d’appui à la sécurité ; la Résolution 2692 (2023), prolongeant le mandat du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et enfin Résolutions 2793 (2025), renforçant le dispositif sécuritaire qui aboutit à la Force de Répression des Gangs (FRG). Ces résolutions reconnaissent que la situation en Haïti est critique et constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales (Nations Unies, 2023). Ce changement est principalement dû à l'échec de la Mission Multinationale d’appui à la Sécurité (MMAS) dirigée par le Kenya, qui était censée apporter une réponse rapide à la crise en Haïti. Cependant, son déploiement s'est heurté à des difficultés majeures. Tout d’abord, il y avait un manque important de personnel. En second lieu, le financement des partenaires internationaux s'est avéré insuffisant, malgré leurs engagements envers la mission. Troisièmement, la mission a eu un impact limité sur la dynamique des gangs, ce qui, en termes d’évaluation, signifie que nous ne pouvons pas faire état d’une satisfaction de la part de la population. Par conséquent, cet échec relatif confirme l’analyse de Samuel Huntington selon laquelle la stabilité politique dépend d’institutions solides ; en leur absence, les interventions sécuritaires restent fragiles (Huntington, 1968). Avec l’adoption de la résolution 2793 (2025), une nouvelle force a été mise en place pour faire face à nouveau à la situation sécuritaire en Haïti. Selon cette résolution, la FRG se distingue par un effectif plus important, un mandat plus proactif et une structure opérationnelle améliorée sur le terrain. Plus précisément, cette force vise à neutraliser les gangs et à rétablir un niveau minimum d’ordre public en Haïti. Cela ne nous empêche toutefois pas de prédire ce qui nous attend sur le terrain. À première vue, cette réponse semble incomplète. Car malgré ces avancées, plusieurs défis persistent aujourd'hui : la coordination avec des institutions nationales fragiles et la dépendance totale vis-à-vis du financement de la communauté internationale. De plus, compte tenu de l'absence de consultation des citoyens, il existe un risque de rejet par la population. En soutenant la démarche d’Hannah Arendt, la violence ne peut se substituer durablement au pouvoir légitime ; elle ne peut que le soutenir temporairement (Arendt, 1970). Pour être très précis, voici ce que l’on peut attendre de la Force de Répression des Gangs à court terme. Premièrement, elle pourrait contribuer à réduire la capacité opérationnelle des gangs, qui gagnent du terrain de jour en jour. Ensuite, sécuriser certaines régions clés et ouvrir des routes importantes comme le grand Nord et le grand Sud pour améliorer le transport des biens et services dans le pays. Finalement, le plus gros défi reste l’organisation des élections qui est en retard depuis environ cinq (5) ans dans le pays. Il existe en effet des contraintes structurelles qui empêcheront une stabilité effective dans le pays. Cependant, sans réformes politiques profondes, son impact restera limité. La stabilisation d’Haïti passe par l’organisation d’élections crédibles, la reconstruction des institutions et le rétablissement de la confiance du public. Comme le souligne Robert Dahl, une démocratie effective repose sur la participation, la compétition et l’inclusion éléments encore largement absents en Haïti (Dahl, 1971). En définitive, la Force de Répression des Gangs représente une initiative plus ambitieuse que les interventions précédentes visant à résoudre la crise sécuritaire en Haïti. Cependant, son efficacité dépendra largement de facteurs qui dépassent son mandat, tels que la volonté politique, la reconstruction institutionnelle et le retour à l'ordre constitutionnel en Haïti qui fait défaut depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse. La question fondamentale n'est pas simplement une question de sécurité. Elle est au contraire profondément politique, car sans le renouvellement du contrat social, aucune intervention, aussi vigoureuse soit-elle, ne peut garantir une paix durable en Haïti. Bibliographie • Arendt, Hannah. On Violence. New York: Harcourt, 1970. • Dahl, Robert. Polyarchy: Participation and Opposition. New Haven: Yale University Press, 1971. • Hobbes, Thomas. Leviathan. London, 1651. • Huntington, Samuel. Political Order in Changing Societies. New Haven: Yale University Press, 1968. • International Crisis Group. Haiti’s Gang Crisis. Brussels, 2024. • Nations Unies. Conseil de sécurité. Résolutions 2692 (2023). • Nations Unies. Conseil de sécurité. Résolutions 2699 (2023). • Nations Unies. Conseil de sécurité. Résolutions 2793 (2025). • Rousseau, Jean-Jacques. Du contrat social. 1762. • Weber, Max. Économie et société. Paris: Plon, 1922. • Institute for Justice & Democracy in Haiti. Human Rights and the Rule of Law in Haiti. 2026.

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