Actualité

Publié le 27-Février-2026

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L'indépendance de la République Dominicaine le 27 février 1844 et la légitimation de la différence haïtienne.

L'indépendance de la République Dominicaine renvoie à l'exaltation de la différence avec Haïti, le rejet de l'altérité haïtienne et le combat contre le sujet haïtien. Cette différence se construit dans le contexte colonial espagnol, renforcée et institutionnalisée sous l'ère du Président Rafaël Leonidas Trujillo (1930-1961). Aujourd'hui, elle influence les plus grandes décisions en République Dominicaine comme l'arrêt TC 168-13 et les quinze mesures migratoires récentes de Luis Abinader.

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CULTURE

Fantom choisit Limonade : le retour d’un souffle sur Haïti

La pluie tombe, le sol tremble, et une voix traverse les nuages : Fantom revient en Haïti. Limonade n’est pas sa naissance, mais elle devient son choix, son refuge, son nouveau royaume. Sous une pluie battante, le vent emporte les échos d’un exil trop long. Fantom, légende du Barikad Crew, se tient là, sur une scène trempée, et chaque goutte semble danser avec ses mots. Il n’est pas né ici, mais aujourd’hui, il adopte Limonade. La ville devient sa racine, son port, le sol où il déposera ses rêves et ses rimes. Les années passées en République dominicaine ont laissé leurs cicatrices : arrestation, détention, frontières fermées. Mais derrière la peur, une force silencieuse a grandi. Sur scène, sous la pluie, cette force éclate en notes et en vers. La ville retient son souffle. Chaque parole est une libération, chaque pas une déclaration : « Je choisis ce pays, je choisis cette ville, je choisis de revenir. » Fantom ne ramène pas seulement sa musique : il transporte ses espoirs, ses luttes et sa lumière. Limonade devient alors plus qu’un lieu : un symbole, un théâtre où la résilience prend forme, où la musique devient manifeste, où chaque goutte de pluie se fait applaudissement. Adopter Limonade, c’est transformer l’exil en retour, la pluie en rythme, et la ville en maison. Fantom n’est plus seulement un artiste : il est un souffle nouveau sur Haïti, une invitation à croire que choisir, revenir et rêver sont des actes de courage.

Décès de Dieudonné Larose : Haïti perd une voix majeure de sa mémoire musicale

La musique haïtienne est en deuil. Le vendredi 9 janvier 2025, Dieudonné Larose, figure emblématique du compas et de la musique populaire haïtienne, s’est éteint, laissant derrière lui une œuvre riche et un héritage profondément ancré dans la mémoire collective. L’annonce de sa disparition a suscité une vive émotion à travers le pays, au point que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a publié une note officielle de sympathie saluant la contribution exceptionnelle de l’artiste à la culture nationale. À travers ses chansons, Dieudonné Larose s’était imposé comme une voix incontournable de la scène musicale haïtienne. Son talent, reconnu tant par le public que par ses pairs, lui a permis de traverser les générations, touchant aussi bien les amateurs de compas traditionnel que les jeunes mélomanes. Ses textes, souvent empreints de sensibilité, d’amour et de réalisme social, reflétaient les joies, les douleurs et les espoirs du peuple haïtien. Le CPT, dans sa note de sympathie, souligne que Dieudonné Larose n’était pas seulement un musicien, mais un porteur de mémoire et d’identité. Sa musique, devenue au fil du temps un repère culturel, continuera de résonner « comme un chant d’amour pour Haïti et pour l’humanité ». Une reconnaissance institutionnelle qui témoigne de l’impact durable de l’artiste bien au-delà de la scène musicale. La disparition de Dieudonné Larose laisse un vide immense, non seulement au sein de sa famille et de ses proches, mais aussi dans toute la communauté artistique haïtienne. Pour de nombreux musiciens, il représentait un modèle de rigueur, de créativité et de fidélité à l’authenticité musicale haïtienne. Son parcours inspire aujourd’hui une nouvelle génération appelée à préserver et renouveler cet héritage culturel. Au-delà de l’émotion, la mort de Dieudonné Larose relance également le débat sur la préservation du patrimoine musical haïtien et la reconnaissance des artistes de leur vivant. Dans un pays confronté à de multiples crises, la culture demeure l’un des rares espaces de résistance, de cohésion et d’espoir. Les œuvres de Larose s’inscrivent pleinement dans cette dynamique, rappelant que la musique reste une force de rassemblement et d’affirmation identitaire. En adressant ses condoléances à la famille de l’artiste, à ses amis, à ses collègues musiciens et aux mélomanes, le Conseil Présidentiel de Transition a exprimé le sentiment partagé par toute une nation. Si Dieudonné Larose n’est plus physiquement parmi nous, son héritage artistique, lui, est appelé à traverser le temps. Comme beaucoup de grandes figures de la musique haïtienne, Dieudonné Larose entre désormais dans l’histoire. Une histoire faite de notes, de paroles et d’émotions, qui continueront d’inspirer Haïti et ses générations futures.

Dieudonné Larose s’éteint : disparition d’une légende du konpa haïtien

Né le 5 juin 1945 à Cabaret, Larose restera dans la mémoire collective comme l’un des artistes les plus influents et les plus aimés du konpa, le genre musical emblématique d’Haïti. Son parcours artistique s’étend sur près d’un demi-siècle, au cours duquel il a su imposer une voix unique, des compositions marquantes et une présence scénique captivante. L’enracinement culturel de Larose était profond. Bien que né à Port-au-Prince, il se définissait comme « fils du Nord » et ses racines s’étendaient à travers des régions comme Jacmel, l’Artibonite et Limbé, reflétant la richesse et la diversité du patrimoine haïtien. Sa carrière débuta dans les années 1970, au sein de formations musicales locales avant de rejoindre des groupes reconnus tels que Shoogar Combo et DP Express, marquant ses premiers succès sur la scène nationale. Mais c’est avec le groupe Missile 727 qu’il connut une notoriété véritablement internationale, enchaînant des tubes devenus cultes comme « Accident », « Mandela », « Jolie Minou » ou encore « Guerre mondiale ». Larose ne se contentait pas d’être un représentant du konpa : il en était un véritable ambassadeur culturel. Ses compositions, souvent teintées de rythmes afro-caribéens et de mélodies influencées par des ballades espagnoles, abordaient des thèmes sociaux et humains, touchant des publics de tous âges. Tout au long de sa carrière, il reçut de nombreuses reconnaissances pour sa contribution à la musique haïtienne. En 2025, il avait été honoré à Montréal, lors d’un hommage public rassemblant artistes et admirateurs, signe de l’impact durable de son œuvre au-delà des frontières nationales. Sur le plan personnel, Larose était un homme de famille dévoué, père de 25 enfants et grand-père de plus de 16 petits-enfants. Sa générosité, sa sagesse et son humanité transparaissaient tant dans sa musique que dans son engagement envers les siens et envers ses nombreux fans. Alors qu’Haïti traverse une période tumultueuse, marquée par des défis politiques et sociaux, la disparition de Dieudonné Larose laisse un vide immense dans le paysage culturel. Son héritage artistique, riche de dizaines d’albums et de prestations légendaires, continuera de vibrer dans les cœurs des mélomanes haïtiens et de la diaspora. Son influence dépasse la musique : il incarnait la persévérance, la créativité et l’amour du pays. Aujourd’hui, Haïti perd non seulement une voix, mais une partie de son identité culturelle. Dieudonné Larose restera à jamais une étoile du konpa, dont la flamme continuera de briller à travers les générations.

Finette Pierre-Luc, quand la foi chante plus fort que la mort

Elle chantait la vie, l’espérance et la foi, mais la maladie a imposé un silence brutal à sa voix. Finette Pierre-Luc, artiste évangélique haïtienne, s’est éteinte le 15 décembre 2025 en République dominicaine, à seulement 34 ans, après un combat éprouvant contre l’anémie falciforme. Sa disparition laisse un vide immense et un héritage spirituel qui dépasse le temps. Finette n’était pas une simple chanteuse. Elle était une âme consacrée, une voix qui apaisait les cœurs fatigués et redonnait souffle à ceux que la vie avait épuisés. À travers ses chants, elle parlait de Dieu comme d’une source vive, d’un refuge sûr au milieu des tempêtes, d’un ami fidèle quand tout semblait perdu. Jusqu’à la veille de son départ, l’espoir persistait. Son entourage appelait encore à la prière, croyant à un miracle possible. Des messages de soutien et de solidarité ont afflué de toutes parts. Mais le destin en a décidé autrement. Finette a quitté la scène terrestre, laissant derrière elle une profonde tristesse et un nourrisson né avant terme, fragile symbole de continuité et d’amour au cœur de l’épreuve. Son départ bouleverse le monde évangélique et la scène musicale chrétienne haïtienne. Pourtant, sa voix ne s’éteint pas. Elle vit dans chaque parole qu’elle a chantée, dans chaque âme qu’elle a touchée, dans chaque prière qu’elle a inspirée. Finette Pierre-Luc s’en va, mais son message demeure. Elle nous rappelle que certaines voix ne meurent jamais : elles se transforment en écho éternel. Dans la douleur de l’absence, il reste la foi qu’elle a semée, la lumière qu’elle a portée et l’espérance qu’elle a laissée en héritage. Repose en paix, Finette. La terre t’a perdue, mais le ciel a gagné une voix.

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SANTé

Scandale médical : une mineure contaminée au VIH, l’OPC exige des sanctions immédiates

Le soleil tape sur la cour de l’hôpital Nos Petits Frères et Sœurs. Des parents, des enfants, des silhouettes fatiguées attendent sous la chaleur. Rien, absolument rien, dans cette scène ordinaire ne laisse deviner qu’ici, il y a sept ans, la vie d’une enfant a basculé. En 2018, une fillette de 10 ans avait été admise pour un soin banal. Quelques heures plus tard, une transfusion lui était administrée. Ce jour-là, dans une salle froide, un geste censé la sauver a bouleversé son futur. Aujourd’hui, devenue adolescente, elle porte encore les conséquences d’une erreur médicale que l’hôpital a reconnue peu après les faits, sans jamais réellement réparer le tort causé. Une famille brisée dans le silence Dans le quartier où la jeune fille vit toujours, les voisins évoquent une famille discrète, épuisée mais digne. L’un d’eux confie, presque en murmurant : « Sa maman ne parle pas beaucoup… mais on voit que cette histoire leur pèse. Ils ont cherché de l’aide partout. C’est comme s’ils avaient crié longtemps dans un espace où personne ne répondait. » Depuis le drame, la famille a dû apprendre à vivre avec un poids qu’elle n’a jamais choisi : consultations, médicaments, rendez-vous, fatigue, inquiétudes, regards parfois lourds. Tout cela dans un pays où les structures d’accompagnement sont souvent inexistantes. L’OPC brise enfin le mur Sept ans après, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a décidé d’agir. Dans une lettre ferme adressée au ministère de la Santé publique, le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, exige des sanctions immédiates et une réparation juste pour la jeune fille et ses proches. Pour lui, ce cas représente bien plus qu’une faute médicale : c’est une atteinte directe à la dignité, aux droits et à l’avenir d’une adolescente qui ne méritait que protection. « Ce n’est pas un accident isolé » Un professionnel du secteur médical, touché mais prudent, lâche : « Dans nos hôpitaux, les équipes font ce qu’elles peuvent… mais parfois, le système laisse passer l’irréparable. Et quand ça arrive, les familles restent seules. ». Cette phrase résume la réalité que l’OPC veut mettre en lumière : les contrôles insuffisants, les mécanismes de suivi défaillants, le manque d’encadrement, et surtout le silence qui entoure ces cas. Dans sa correspondance, l’OPC parle même d’autres situations similaires, étouffées par l’absence d’accompagnement pour les victimes. Une adolescence volée Pour la jeune fille, la vie a pris un tournant que ni elle ni sa famille n’avaient imaginé. Les rêves d’enfant, les ambitions scolaires, l’insouciance… tout cela s’est heurté à une réalité douloureuse. Un proche de la famille raconte : « Ce n’est pas seulement une maladie. C’est le choc, la honte qu’on impose, la peur du lendemain, l’injustice. Elle n’a rien demandé… elle voulait juste guérir. » Dans les couloirs de l’hôpital, le contraste est brutal : les files d’attente, les pas pressés, les pleurs parfois… Et au milieu, l’histoire d’une adolescente qui rappelle ce que peut coûter une seule négligence. Un pays face à un choix moral Ce drame n’est pas un cas isolé, mais il devient un symbole. Un symbole de ce que vit une population qui ne demande que des soins sûrs, respectueux, encadrés. Pour l’OPC, l’heure n’est plus aux excuses. Il faut des sanctions, oui. Mais il faut surtout redonner à cette jeune fille et à toutes les autres victimes possibles la place qu’elles méritent : celle d’êtres humains auxquels l’État doit protection, transparence et justice. Un appel à la conscience collective Ce cas rappelle une vérité sensible : derrière chaque faute médicale se cache une vie, une famille, une histoire. Et derrière chaque silence institutionnel, il y a une souffrance qui s’alourdit. Le drame de Tabarre doit devenir un tournant. Pas seulement pour sanctionner, mais pour reconstruire. Pour que les hôpitaux soient des lieux de guérison, pas des lieux où une simple erreur peut briser une enfance.

Nathacha Rosier : l’infirmière qui transforme des vies et inspire tout un peuple

Dans le Sud d’Haïti, là où les routes s’effacent entre montagnes et ravines, une femme illumine les villages et réinvente la santé avec courage, vision et passion. Nathacha Rosier n’est pas seulement une infirmière diplômée : elle est une force de transformation, une entrepreneure sociale audacieuse, et une leader communautaire engagée. Chaque jour, elle incarne ce que signifie véritablement servir, protéger et inspirer. Depuis ses débuts à Maniche, elle a choisi un chemin rare : mettre la santé et le bien-être au cœur de sa mission, en allant au-delà des murs des institutions, là où les patients sont le plus vulnérables. Diplômée en sciences infirmières en 2020 à l’Université Notre Dame d’Haïti et licenciée par le MSPP en 2021, elle a très vite démontré que la compétence seule ne suffit pas : il faut la passion, l’audace, la créativité et le courage pour transformer une communauté. Une vision audacieuse et un engagement sans faille Nathacha n’attend pas que les solutions viennent des autres. Elle crée, innove et agit. Février 2021 : Elle fonde Miss Nathou Resto, promouvant une alimentation saine, naturelle et accessible. Août 2021 : Après le séisme, elle organise la cuisson et la distribution de repas pour les familles sinistrées, apportant soutien et espoir en temps de crise. Décembre 2021 : Elle rejoint le centre de santé de Maniche, développant des programmes de prévention et de dépistage, touchant des centaines de femmes et d’hommes. Cette capacité à anticiper, innover et agir est l’une des qualités majeures qui fait d’elle une entrepreneure à succès : vision claire, leadership, audace et persévérance. Une clinique mobile, un pont vers l’espoir En août 2024, elle transforme son rêve en réalité : sa propre clinique à domicile, sillonnant les villages les plus reculés de Maniche, Camp Périn, Guilgo, Coraux, Saint-Louis, Cavaillon et Bananier. Depuis, elle a soigné près de 200 patients, franchissant ravines et chemins impraticables, chaque trajet étant un acte de courage, chaque geste posé un acte d’humanité. Chaque vie sauvée est un trophée, chaque sourire retrouvé un triomphe sur l’adversité. Les familles pleines de gratitude témoignent que Nathacha ne sauve pas seulement des corps, mais redonne la confiance et la dignité. Leadership et impact durable Pour amplifier son action, Nathacha fonde en juin 2025 l’OPSED’S (Organisation des Professionnels Sanitaires Engagés pour le Développement du Sud). Cette initiative fédère les professionnels de santé autour d’un objectif clair : protéger, éduquer et renforcer la communauté. Juillet 2025 : Formation de plus de 100 habitants aux gestes de premiers secours. Août 2025 : Organisation d’une clinique mobile gratuite, offrant des soins primaires à tous. Ces réalisations témoignent de son esprit stratégique, de sa discipline et de sa capacité à mobiliser et inspirer. Elle combine la vision d’une leader, le courage d’une aventurière et la sensibilité d’une humaniste. Un modèle universel d’excellence Nathacha Rosier est bien plus qu’une infirmière : elle est un exemple vivant de ce qu’une entrepreneure, un leader et une humaniste peuvent accomplir. Elle allie : -Vision et audace pour créer des solutions innovantes. -Persévérance et résilience face aux obstacles. -Leadership et capacité à inspirer ceux qui l’entourent. -Compassion et humanité pour transformer chaque vie en victoire. Elle milite pour un hôpital digne à Maniche, capable de traiter tous les patients, prouvant que la santé est un droit, pas un privilège. Ine source d’inspiration mondiale Aujourd’hui, Nathacha Rosier est un phare pour sa communauté, un modèle d’entrepreneuriat social et un exemple universel de courage et de détermination. Chaque patient soigné, chaque vie sauvée et chaque sourire retrouvé est la preuve qu’un seul individu, guidé par la passion, le service et l’excellence, peut transformer une région entière et inspirer le monde entier.

Haïti : alerte sanitaire après le passage de l’ouragan Melissa

Lors de la 28ᵉ édition des #MardisDeLaNation, le Gouvernement à travers son ministre de la santé, Dr Sinal BERTRAND a présenté les mesures mises en œuvre pour contenir cette crise sanitaire. L’accent est mis sur la prévention, la protection des populations vulnérables et la réhabilitation rapide des infrastructures de santé endommagées. Parmi les actions prioritaires : -Assistance immédiate aux populations sinistrées et soutien aux structures sanitaires affectées ; -Campagnes de sensibilisation et prévention, avec un message clair sur l’importance de l’eau potable, de l’hygiène personnelle et de la sécurité alimentaire ; -Opérations d’assainissement et distribution de kits d’hygiène dans les communautés les plus exposées ; -Surveillance sanitaire renforcée, permettant une réaction rapide face aux nouveaux cas et une coordination étroite avec les partenaires locaux et internationaux ; -Mobilisation des équipes médicales pour garantir la prise en charge des malades et la mise en place de centres de traitement temporaires si nécessaire. Le Gouvernement appelle toutes les communautés à rester vigilantes et à coopérer pleinement pour limiter la propagation des maladies. La population est invitée à respecter les mesures d’hygiène, à privilégier l’eau traitée ou bouillie et à signaler toute situation suspecte aux autorités sanitaires. Face à ces défis post-catastrophe, la prévention et la réactivité restent les armes essentielles pour protéger la santé publique et éviter que la situation ne se transforme en crise majeure.

Automédication en Haïti : une bombe silencieuse dans les foyers

Dans une petite pharmacie de Carrefour, une mère tend un billet de 500 gourdes au comptoir. Sans ordonnance, elle repart avec des antibiotiques pour “faire passer la fièvre” de son fils. Ce geste anodin, répété chaque jour dans les quatre coins du pays, illustre un danger invisible : l’automédication, une pratique devenue aussi courante que risquée En Haïti, se soigner soi-même sans avis médical est presque une norme. Pourtant, selon les experts, cette habitude pourrait à long terme affaiblir tout le système de santé. Pour en parler, Radio Télé Voix d’Haïti s’est entretenue avec le Dr André-Louis Bernard, médecin généraliste, professeur d’université et spécialiste en santé publique, formé à Cuba et en Suisse. Qu’est-ce que l’automédication ? Maxime Daniel Etienne (Journaliste) : Docteur Bernard, que signifie exactement “automédication” ? Dr André-Louis Bernard : “L’automédication, c’est le fait de se soigner soi-même sans consulter un professionnel. Cela inclut l’usage de médicaments achetés sans ordonnance, de restes de traitements ou de remèdes traditionnels. Cela peut sembler pratique, mais c’est une habitude dangereuse, surtout lorsqu’elle devient systématique.” « L’automédication n’est pas une solution, c’est une bombe à retardement sanitaire. » Dr Bernard Maxime Daniel Etienne : Quelles sont les principales causes de ce phénomène ? Dr André-Louis Bernard : “Il y en a plusieurs. D’abord, l’accès difficile aux soins : les hôpitaux sont souvent saturés ou trop éloignés. Ensuite, le coût élevé des consultations pousse beaucoup de familles à chercher des alternatives. À cela s’ajoute la facilité d’accès aux médicaments certaines pharmacies vendent sans ordonnance et la tradition des remèdes maison.” Un autre facteur majeur demeure le manque de sensibilisation. Selon une étude menée en 2023 par la Faculté de Médecine de l’Université d’État d’Haïti, plus de 65 % des Haïtiens reconnaissent avoir déjà pris des médicaments sans avis médical. « L’automédication n’est pas un choix individuel. C’est un problème collectif qui menace la santé publique. » Dr Bernard Des risques graves, souvent ignorés Les conséquences de l’automédication sont multiples et parfois irréversibles : Retard de diagnostic : certaines maladies graves passent inaperçues. Surdosage ou intoxication : les anti-inflammatoires et le paracétamol peuvent endommager le foie et les reins. Résistance bactérienne : l’usage abusif d’antibiotiques rend les infections plus difficiles à traiter. Effets secondaires imprévus : allergies, troubles digestifs, hémorragies, voire hospitalisations. Cas concret : “Un adolescent a pris plusieurs antibiotiques pour une fièvre. En réalité, il souffrait d’une infection pulmonaire sévère. Il a été hospitalisé d’urgence et heureusement sauvé, mais cette erreur aurait pu lui coûter la vie.” Dr Bernard Remèdes traditionnels : entre culture et confusion En Haïti, les plantes médicinales occupent une place historique dans les foyers. Si certaines ont des vertus reconnues, leur usage incontrôlé peut s’avérer dangereux. « Les plantes peuvent soulager certains symptômes, mais elles ne remplacent pas un diagnostic médical. Mal utilisées, elles peuvent aggraver l’état du patient. » Dr Bernard Les pharmacies, quant à elles, jouent parfois un rôle ambigu : la vente sans contrôle de médicaments favorise une spirale de dépendance et de faux traitements. Comment réduire ce fléau ? Le Dr Bernard propose plusieurs pistes de solution : 1. Consulter un médecin dès que les symptômes persistent. 2. Éviter l’usage d’antibiotiques sans prescription. 3. Respecter les doses indiquées sur les ordonnances. 4. Renforcer la régulation du secteur pharmaceutique. 5. Multiplier les campagnes de sensibilisation dans les écoles, médias et églises. « La prévention est la meilleure médecine. Informer, c’est déjà soigner. » Dr Bernard Une urgence de santé publique Au-delà des comportements individuels, l’automédication révèle une crise structurelle du système de santé haïtien : hôpitaux sous-équipés, absence de politique nationale sur le médicament, et vide réglementaire permettant la vente libre de produits potentiellement dangereux. « Tant que les médicaments se vendront comme du pain, la santé publique haïtienne restera en sursis. » Dr André-Louis Bernard Conclusion L’automédication en Haïti est plus qu’un réflexe populaire : c’est une bombe silencieuse qui fragilise les familles et compromet les efforts médicaux. Face à ce constat, la solution passe par l’éducation sanitaire, la régulation stricte et la responsabilité collective. Chaque comprimé pris sans avis médical est un pari risqué sur la santé un pari que trop de foyers haïtiens continuent malheureusement de perdre.

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Les relations internationales contemporaines : entre fragmentation de la puissance et crise de leadership mondial

A-Mise en contexte Au cours de la première moitié du XXème siècle, la civilisation occidentale a été secouée, jusque dans ses fondements par l’une des plus graves crises de son histoire à cause des guerres mondiales (1914-1945). Ces crises ont confirmé d’une part, le déclin de la suprématie mondiale de l’Europe dans les relations internationales, spécialement sous les influences respectives des britannique, française et allemande. Et d’autre part, elles ont facilité la montée de deux superpuissances extra-européennes, qui sont les plus grands vainqueurs des conflits mondiaux à partir de 1945. D’un côté, les Etats-Unis, grâce à ses capacités de productions accrues depuis la fin du 19ème siècle et ses avancées technologiques (l’invention du nucléaire) et militaires. D’un autre côté, l’URSS qui a résisté au nazisme d’Adolf Hitler et a libéré puis occupé l’Europe centrale et orientale. Ainsi, en 1945, ces deux superpuissances dominent sur la scène internationale et pensent à organiser la paix future à la conférence de Yalta en URSS en février 1945. Cette conférence a conduit à la création de l’ONU en Juin 1945 à la conférence de San Francisco aux Etats-Unis, à la dénazification et la division provisoire de l’Allemagne en quatre zones d’occupations et la question des modifications territoriales en Europe à la conférence de Postdam (Juillet-août 1945) dont l’URSS en est la principale bénéficiaire. Cependant, dès 1946, cette entente constatée entre les vainqueurs de la guerre se dégrade et débouche sur un affrontement entre les deux géants portant le nom de Guerre Froide (1947-1991) et tue les espoirs de paix après la seconde guerre mondiale. Malgré la victoire finale des Etats-Unis dans cette guerre, les relations internationales contemporaines paraissent encore précaires et fragiles. A cet effet, l’objectif de cet article consiste à présenter une analyse globale du contexte international contemporain caractérisé par le déclin progressif de l’hyperpuissance américaine face à l’émergence de nouvelles puissances et l’éclatement de conflits régionaux. Ce qui nous amène à reconsidérer la sécurité internationale dans sa dynamique actuelle. B-Analyse du contexte international contemporain -L’émergence de nouvelles puissances et l’éclatement de conflits régionaux La chute du mur de Berlin en novembre 1989 puis l’effondrement de l’Union Soviétique en décembre 1991 allaient calmer un peu le jeu, et annonce cette fois la « fin de l’histoire » c’est-à-dire la fin du conflit idéologique, la victoire du modèle économique et politique de la démocratie libérale occidentale sur le communisme. Les Etats-Unis, sortant vainqueurs de cette guerre, deviennent la seule grande puissance capable de dominer la scène internationale. De fait, ils se retrouvent dans une situation de domination mondiale et défendent une diplomatie unilatéraliste, une vision d’un monde unipolaire où ils sont les seuls capables de maintenir une paix durable sur la scène internationale. Cependant, la nouvelle réalité internationale depuis lors est marquée par des rivalités majeures entre les Etats-Unis et les nouvelles puissances continentales et régionales qui ont émergé dans les années 2000. Sans oublier, les multiples conflits au Moyen-Orient, en Asie de l’Est, en Europe de l’Est et en Afrique qui ont des impacts importants sur la sécurité et la paix mondiales. Ce qui implique la fragmentation de la puissance mondiale où la domination hégémonique et le leadership américains sont contestés. Par ailleurs, après la guerre froide, le monde tel qu’il existait va connaitre des changements et devenir peu à peu un monde multipolaire où d’autres puissances s’éclatent, émergent et aspirent à jouer un rôle sur le plan international. En guise d’illustration, l’émergence de nouveaux pays industrialisés formant le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) créé en 2009, et d’autres pays comme la Turquie et le Mexique ont tenté de concurrencer la domination américaine ou du moins l’affaiblir. Cependant, la puissance hégémonique est plutôt tendancieuse en Asie de l’est notamment avec la Chine et la Corée du Nord. Au Moyen Orient, l’Iran est désormais reconnu comme une puissance en matière nucléaire. Sans oublier, les organisations islamiques comme le Hamas, le Hezbollah, le Djihad et L’Al-Qaida qui opèrent dans cette région malgré une forte présence de la puissance américaine. L’éclatement de nouvelles puissances avec ces pays qui se livrent dans la compétition de détention d’armes nucléaires, biologiques, chimiques ou de destruction massive retirent toute hypothèse d’une paix durable dans le contexte actuel des relations internationales. La « fin de l’histoire » est le concept défini par le philosophe américain Francis Fukuyama dès 1989 pour parler de la fin du grand conflit idéologique entre la démocratie, le fascisme et le communiste durant le XXe siècle. En outre, l’Afrique pour sa part, a fait l’objet de plusieurs foyers de conflits dans ce contexte contemporain des relations internationales. On peut citer par exemple les conflits en République Démocratique du Congo (1996-1997, 1998-2003), les conflits civils dans la zone d’Afrique Subsaharienne (Libéria, Sierra Léone, Côte d’Ivoire, Soudan du Nord). De plus, l’Afrique est en proie aux groupes islamiques qui se sont installés principalement dans la partie Sud du Sahara notamment au Nigéria et en Somalie. Ces groupes organisent des activités terroristes qui sont des défis majeurs pour la paix et la sécurité mondiales. Ainsi, dans le contexte contemporain du monde, les conflits sont beaucoup plus visibles et les guerres sont beaucoup plus menaçantes. Il n’y a plus que les Etats-Unis comme puissance géopolitique à proprement parler. Il n’y a pas un ennemi non plus proprement identifié. Dans ce nouveau contexte, l’ennemi est apparent et peut surgir de nulle part, tout comme une autre guerre peut venir de n’importe quel continent. En effet, il est évident que l’ordre international est en crise ou du moins connait une transition hégémonique, marquée par le déclin de l’hyperpuissance américaine et la montée d’autres puissances comme la Russie et la Chine. -La sécurité internationale dans sa dynamique actuelle La fin de la guerre froide a donc eu une grande influence sur la sécurité internationale actuellement car la désintégration de l’URSS (1991), le démantèlement du pacte Varsovie (1991), la fin de la bipolarité ont remis en question des théories basées sur l’équilibre des puissances et la dissuasion nucléaire. En effet, l’éclatement des conflits de part et d’autre pousse plus d’un à s’interroger sur la situation sécuritaire du monde. Actuellement est-il plus sûr que pendant la guerre froide ? Pour certains experts, les menaces se manifestent à travers les guerres interétatique et trans-étatique, telles que les guerres civiles, le terrorisme international et le risque de prolifération nucléaire chimique et biologique. Par exemple, la guerre entre la Russie et l’Ukraine à la porte de l’Europe a rappelé aux occidentaux la précarité des relations internationales contemporaines, celles au Moyen-Orient (Iran-Israël-Hamas) ont ravivé les inquiétudes quant aux problèmes de prolifération nucléaire, et le terrorisme international mise en place par les organisations paramilitaires en Afrique et au Moyen-Orient, est inscrit dans l’agenda sécuritaire des pays qualifiés de super puissances. Il y a lieu de mentionner aussi l’immigration, le changement climatique, les pandémies, la pauvreté et les crises économiques qui illustrent mieux les problèmes sécuritaires dans les relations internationales contemporaines. Cependant, les rapports de puissance pour la domination hégémonique mondiale restent et demeurent l’élément fondamental pour maintenir la sécurité internationale. Et pour y parvenir, une puissance doit se démarquer des autres pour imposer sa loi compte tenu de l’approche réaliste des relations internationales. A l’heure où nous parlons, on est en face d’une crise de puissance hégémonique. Ainsi, devrait-on s’attendre à un retour de l’hyperpuissance des Etats-Unis dans le monde ou la confirmation de l’une des puissances émergentes comme la Russie ou la Chine ? C-Bibliographie - Bergeron (Gérard), La guerre froide recommencée, Montréal : Les Éditions du boréal Express, 1986. - Duroselle (Jean-Baptiste) et Kaspi (André), Histoire des relations internationales de 1945 à nos jours, Armand Colin, « Classic », Paris, 2002. - Frank (Robert), Girault (Robert) et Thobie (Jacques), la Loi des géants : 1941-1964, Paris, Masson, 1993. - Mélandri (Pierre), la Politique extérieure des États-Unis de 1945 à nos jours, Paris, Presses universitaires de France, 1995. - Pascal (Boniface), le monde contemporain: grandes lignes de partage, Paris : PUF, 2001. - Marie-Claude (Smouts), La cooperation internationale : de la coexistence à la gouvernance mondiale, in Marie-Claude Smouts (dir.)

Date : 27-Feb-2026
Auteur : Joël DUPUY
Actualité

Inondations au Cap-Haïtien : l’EDEM appelle à l’urgence et à la responsabilité des autorités

Cap-Haïtien, 26 février 2026 — La coordination départementale Nord du parti Élan Démocratique pour la Majorité (EDEM) a exprimé sa profonde tristesse et sa solidarité envers les populations touchées par les récentes inondations qui ont frappé plusieurs zones du Nord, notamment la commune du Cap-Haïtien et le quartier de Basiko. Ces crues, provoquées par deux journées consécutives de pluies torrentielles, ont causé d’importants dégâts matériels et aggravé la vulnérabilité de nombreuses familles. Dans une note de sympathie rendue publique, la coordonnatrice départementale du Nord, Mirlène Darius, a adressé un message de compassion aux victimes tout en lançant un appel pressant à la solidarité collective. Elle exhorte les autorités départementales et locales à assumer pleinement leurs responsabilités face à la détresse des populations sinistrées. La responsable politique insiste sur la nécessité d’interventions immédiates pour soulager les habitants affectés et prévenir de nouvelles catastrophes. Parmi les actions prioritaires évoquées figurent le contrôle des constructions anarchiques, une meilleure gestion des déchets et le curage des canaux d’évacuation des eaux pluviales, autant de mesures essentielles pour réduire les risques d’inondation. Selon elle, les catastrophes récurrentes dans la région sont étroitement liées à des problèmes de gouvernance et à une mauvaise gestion des infrastructures urbaines. Elle appelle ainsi les autorités à agir rapidement afin de redonner espoir à une population éprouvée par des crises répétées. Dans son message, la coordination départementale encourage également la population à faire preuve de courage et de patience face à l’épreuve, tout en maintenant la mobilisation citoyenne pour exiger des actions concrètes de la part des dirigeants. L’EDEM souligne que la résilience des communautés locales reste un pilier essentiel pour surmonter les catastrophes naturelles dans un contexte de vulnérabilité accrue. Ces inondations mettent en lumière les défis structurels auxquels sont confrontées les villes haïtiennes, notamment l’urbanisation non planifiée, l’insuffisance des infrastructures de drainage et l’absence de politiques efficaces de gestion environnementale. Pour l’EDEM, la réponse à ces catastrophes doit dépasser l’urgence humanitaire et s’inscrire dans une approche durable de gouvernance locale et d’aménagement du territoire. Alors que les habitants du Nord tentent de se relever, cet appel à la responsabilité et à la solidarité rappelle l’importance d’une action concertée pour prévenir de nouvelles tragédies et protéger les populations les plus vulnérables.

Date : 26-Feb-2026
Auteur : Paul Markenley AUGUSTIN
Politique

Pacte national : l’EDEM salue l’initiative mais exige transparence et consensus

Port-au-Prince, 26 février 2025 — Le parti politique Élan Démocratique pour la Majorité (EDEM) a réagi officiellement à la signature du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, un accord conclu entre des représentants de la société civile, de la classe politique et du gouvernement haïtien. Dans une note de presse rendue publique, la formation politique affirme accueillir favorablement toute initiative susceptible de rétablir la sécurité publique et de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres, honnêtes et crédibles. Selon le parti, la prolongation de la transition politique fragilise l’État haïtien depuis plus d’une décennie. Dans ce contexte, l’EDEM estime que la mise en place d’un cadre stable et sécuritaire constitue un préalable indispensable au retour à l’ordre constitutionnel et au renforcement de la légitimité des institutions publiques. Toutefois, le parti invite à la prudence, rappelant les dérives observées lors de l’application de l’Accord du 21 décembre, qui ont, selon lui, érodé la confiance citoyenne et suscité des inquiétudes quant à la gestion des ressources publiques. L’EDEM insiste sur la nécessité d’une gouvernance fondée sur la transparence, la responsabilité et la reddition de comptes. La note souligne que la participation d’un parti politique à la gestion de l’État ne saurait être condamnée lorsqu’elle s’inscrit dans une logique de service public et d’intérêt national. Néanmoins, l’EDEM affirme qu’il ne peut apposer sa signature sur un document dont les dispositions ne seraient pas clairement explicitées, notamment en ce qui concerne le partage des responsabilités et les mécanismes de contrôle. Le parti exprime également des réserves quant à certaines clauses du pacte jugées insuffisamment précises, en particulier celles relatives à d’éventuelles réformes constitutionnelles. Pour l’EDEM, toute modification de la Constitution doit faire l’objet d’un large consensus national et d’une consultation inclusive des forces vives du pays. l’EDEM réaffirme son engagement en faveur de l’intérêt supérieur du peuple haïtien, dans le respect des principes démocratiques et de l’État de droit. Le document est signé par Joseph Jacques Désir, coordonnateur national du parti, qui appelle à une démarche inclusive et transparente pour garantir une sortie de crise durable.

Date : 26-Feb-2026
Auteur : Paul Markenley AUGUSTIN
Éducation

L’OCMHA forme plus de 700 commerçants informels pour renforcer l’autonomie économique

Le 21 février 2026, l’Organisation des Citoyens en Mouvement d’Haïti (OCMHA) a organisé une vaste journée de formation consacrée au commerce et à l’entrepreneuriat à l’Église Évangélique Baptiste Holiness, située à Delmas 32. Cette initiative a rassemblé plus de 700 participants, tous membres de l’organisation évoluant dans le secteur du commerce informel. L’activité s’inscrit dans une démarche visant à renforcer les capacités économiques des citoyens, dans un contexte national marqué par la précarité, l’instabilité et la rareté des opportunités d’emploi formel. Dans son discours de circonstance, le président de l’OCMHA, Monsieur Chesnel Pierre, a souligné que cette formation répond à une nécessité urgente : doter les membres de l’organisation d’outils pratiques et concrets pour développer leurs activités économiques. Il a insisté sur l’importance de la discipline financière, de la bonne gestion des revenus et de la création d’opportunités non seulement pour les participants eux-mêmes, mais aussi pour leurs familles et leurs communautés. Selon lui, l’autonomisation économique constitue un levier essentiel pour renforcer la résilience sociale dans un pays confronté à de multiples crises. Intervenant sur les principes de l’entrepreneuriat, Monsieur Getro Pierre a présenté les fondements de l’esprit entrepreneurial, illustrant ses propos par des exemples adaptés à la réalité haïtienne. Il a encouragé les participants à cultiver la rigueur, la persévérance et la vision à long terme, tout en leur fournissant des conseils pratiques pour bâtir des entreprises durables et prospères. Son intervention a mis l’accent sur la nécessité d’adopter une mentalité orientée vers l’innovation et la responsabilité. De son côté, Monsieur Peguy Jean a proposé une présentation détaillée sur le commerce, ses différentes formes et les acteurs qui y interviennent. Il a pris le temps d’expliquer les bonnes pratiques commerciales, les comportements à adopter face aux clients et aux partenaires, ainsi que les erreurs à éviter. Il a également abordé la gestion des situations difficiles pouvant survenir dans l’exercice des activités commerciales, offrant aux participants des repères concrets pour agir avec professionnalisme. À l’issue de la formation, les participants ont exprimé leur satisfaction, affirmant avoir acquis des connaissances précieuses qu’ils comptent appliquer dans leurs activités quotidiennes. Ils ont salué l’initiative du président Chesnel Pierre et de son équipe, tout en sollicitant l’organisation d’autres sessions similaires afin de poursuivre leur perfectionnement. Les responsables de l’OCMHA ont annoncé que cette formation sera étendue à d’autres communes du pays, notamment à Saint-Michel et aux Gonaïves. D’autres programmes, dont une formation en gouvernance locale prévue à Delmas, sont également en préparation, témoignant de la volonté de l’organisation de contribuer durablement au développement socio-économique d’Haïti

Date : 21-Feb-2026
Auteur : Paul Markenley AUGUSTIN

A LA UNE

L'indépendance de la République Dominicaine le 27 février 1844 et la légitimation de la différence haïtienne.

Le 27 février 1844, suite à la crise qui a conduit au renversement du Président Jean-Pierre Boyer en 1843, l'aile nationaliste dans la partie est de l'île se soulève contre la présence occidentale haïtienne. Emmené par un certain Juan Pablo Duarte, les séparatistes dominicains ont chassé la garnison haïtienne à Santo-domingo. Ce fut dès lors, la matérialisation de leurs aspirations indépendantistes, renforcées par l'influence diplomatique de la France à travers ses consulats à Santo-Domingo et à Port-au-Prince. Depuis 1844, Haïti avait toujours exprimé sa volonté d'annexer la République Dominicaine à travers les campagnes militaires des présidents de doublure (Rivière Hérard, Louis Pierrot, Jean-Baptiste Riché, Philippe Guerrier et Faustin Soulouque). Mais à chaque fois, les militaires haïtiens échouent, faute d'absence de stratégies bien définies ainsi que l'instabilité politique interne. Cependant, il faut préciser que cette indépendance dominicaine vis-à-vis d'Haïti, bien qu'elle s'exprimait militairement, est aussi l'expression de la légitimation de la différence haitienne expliquée à travers une lecture idéologique et socio-historique des deux pays partageant l'île. En effet, l'indépendance dominicaine renvoie à l'exaltation de la différence avec Haïti, le rejet de l'altérité haïtienne et le combat contre le sujet haïtien avec ses racines historiques, raciales et culturelles. Cette différence trouve sa légitimation dans la colonisation espagnole de peuplement où les valeurs européens blanches (Le Christianisme, l'Espagnol, l'Indianité) se sont appropriées par les descendants espagnols, alors dominicains par la suite. Pourtant, du côté haïtien, c'est tout le contraire. L'Haïtien est plongé dans ses racines africaines (Le vodou, le créole, le noirisme), totalement différend du dominicain. Ainsi, cette indépendance dominicaine permet la redéfinition de l'identité dominicaine, mélangée à cause de la présence haïtienne sous Boyer. Il est donc inconcevable de saisir l'indépendance dominicaine sans le combat dominicain contre l'altérité haïtienne. C'est pourquoi, pendant la periode de la présence haïtienne dans la partie orientale de l'île, l'hispanisme s'est renforcé, qui est une stratégie de réaction contre l'haïtianisation dominicaine, qui est tout un combat contre la mixité sociale. Il faut souligner la légitimation de la différence haïtienne est conceptualisée et matérialisée par l'élite dominicaine blanche d'ascendance hispanique qui campait la République Dominicaine comme une dérivée culturelle de l'Espagne. En même temps, exalte l'Haïtien comme l'expression de la barbarie ou d'un être non-civilisé. Par ailleurs, l'élite dominicaine a renforcé politiquement cette différence haïtienne avec le Président Rafaël Léonidas Trujillo (1930-1961) qui a réactualisé totalement le passé hispanophile, anti-haïtien dans les institutions dominicaines. Ainsi, l'indépendance dominicaine est considérée comme l'élévation de la prédominance des héritages européennes hispaniques en opposition à l'être haïtien identifié à la prédominance africaine. Ces idées se sont répandues, installées et influencées les grandes décisions républicaines en République Dominicaine comme l'arrêt TC 168-13 ou la négation du droit à la nationalité en République Dominicaine de l'année 2013. Ces mêmes idées ont fortement orientées les quinze mesures migratoires récentes du Président Luis Abinader. En somme, ce 27 février qui commémore les 182ème anniversaire de l'indépendance de la République Dominicaine nous a permis de replacer dans son contexte idéologique et socio-historique cette indépendance avec comme point d'ancrage à cette réflexion, la légitimation de la différence haïtienne, laquelle a toujours été constituée un leitmotiv pour l'élite dominicaine dans le renforcement asymétrique des relations bilatérales avec Haïti. Ce 27 février devrait nous porter sur les enjeux idéologique et socio-historique de l'indépendance dominicaine, tout en travaillant sur le rehaussement d'Haïti qui permettra des relations plus justes et équilibrées avec la République Dominicaine. Indications bibliographiques - Glodel Mézilas, Critique de la raison dominicaine, éditions UEH, 2021. - Watson Denis, La négation du droit à la nationalité en République Dominicaine (La situation d'apatridie des Dominicains et Dominicaines d'ascendance haïtienne), éditions UEH, 2014. - Weibert Arthus, Haïti et le monde, deux siècles de relations internationales, BNH, 2021.

Les relations internationales contemporaines : entre fragmentation de la puissance et crise de leadership mondial

A-Mise en contexte Au cours de la première moitié du XXème siècle, la civilisation occidentale a été secouée, jusque dans ses fondements par l’une des plus graves crises de son histoire à cause des guerres mondiales (1914-1945). Ces crises ont confirmé d’une part, le déclin de la suprématie mondiale de l’Europe dans les relations internationales, spécialement sous les influences respectives des britannique, française et allemande. Et d’autre part, elles ont facilité la montée de deux superpuissances extra-européennes, qui sont les plus grands vainqueurs des conflits mondiaux à partir de 1945. D’un côté, les Etats-Unis, grâce à ses capacités de productions accrues depuis la fin du 19ème siècle et ses avancées technologiques (l’invention du nucléaire) et militaires. D’un autre côté, l’URSS qui a résisté au nazisme d’Adolf Hitler et a libéré puis occupé l’Europe centrale et orientale. Ainsi, en 1945, ces deux superpuissances dominent sur la scène internationale et pensent à organiser la paix future à la conférence de Yalta en URSS en février 1945. Cette conférence a conduit à la création de l’ONU en Juin 1945 à la conférence de San Francisco aux Etats-Unis, à la dénazification et la division provisoire de l’Allemagne en quatre zones d’occupations et la question des modifications territoriales en Europe à la conférence de Postdam (Juillet-août 1945) dont l’URSS en est la principale bénéficiaire. Cependant, dès 1946, cette entente constatée entre les vainqueurs de la guerre se dégrade et débouche sur un affrontement entre les deux géants portant le nom de Guerre Froide (1947-1991) et tue les espoirs de paix après la seconde guerre mondiale. Malgré la victoire finale des Etats-Unis dans cette guerre, les relations internationales contemporaines paraissent encore précaires et fragiles. A cet effet, l’objectif de cet article consiste à présenter une analyse globale du contexte international contemporain caractérisé par le déclin progressif de l’hyperpuissance américaine face à l’émergence de nouvelles puissances et l’éclatement de conflits régionaux. Ce qui nous amène à reconsidérer la sécurité internationale dans sa dynamique actuelle. B-Analyse du contexte international contemporain -L’émergence de nouvelles puissances et l’éclatement de conflits régionaux La chute du mur de Berlin en novembre 1989 puis l’effondrement de l’Union Soviétique en décembre 1991 allaient calmer un peu le jeu, et annonce cette fois la « fin de l’histoire » c’est-à-dire la fin du conflit idéologique, la victoire du modèle économique et politique de la démocratie libérale occidentale sur le communisme. Les Etats-Unis, sortant vainqueurs de cette guerre, deviennent la seule grande puissance capable de dominer la scène internationale. De fait, ils se retrouvent dans une situation de domination mondiale et défendent une diplomatie unilatéraliste, une vision d’un monde unipolaire où ils sont les seuls capables de maintenir une paix durable sur la scène internationale. Cependant, la nouvelle réalité internationale depuis lors est marquée par des rivalités majeures entre les Etats-Unis et les nouvelles puissances continentales et régionales qui ont émergé dans les années 2000. Sans oublier, les multiples conflits au Moyen-Orient, en Asie de l’Est, en Europe de l’Est et en Afrique qui ont des impacts importants sur la sécurité et la paix mondiales. Ce qui implique la fragmentation de la puissance mondiale où la domination hégémonique et le leadership américains sont contestés. Par ailleurs, après la guerre froide, le monde tel qu’il existait va connaitre des changements et devenir peu à peu un monde multipolaire où d’autres puissances s’éclatent, émergent et aspirent à jouer un rôle sur le plan international. En guise d’illustration, l’émergence de nouveaux pays industrialisés formant le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) créé en 2009, et d’autres pays comme la Turquie et le Mexique ont tenté de concurrencer la domination américaine ou du moins l’affaiblir. Cependant, la puissance hégémonique est plutôt tendancieuse en Asie de l’est notamment avec la Chine et la Corée du Nord. Au Moyen Orient, l’Iran est désormais reconnu comme une puissance en matière nucléaire. Sans oublier, les organisations islamiques comme le Hamas, le Hezbollah, le Djihad et L’Al-Qaida qui opèrent dans cette région malgré une forte présence de la puissance américaine. L’éclatement de nouvelles puissances avec ces pays qui se livrent dans la compétition de détention d’armes nucléaires, biologiques, chimiques ou de destruction massive retirent toute hypothèse d’une paix durable dans le contexte actuel des relations internationales. La « fin de l’histoire » est le concept défini par le philosophe américain Francis Fukuyama dès 1989 pour parler de la fin du grand conflit idéologique entre la démocratie, le fascisme et le communiste durant le XXe siècle. En outre, l’Afrique pour sa part, a fait l’objet de plusieurs foyers de conflits dans ce contexte contemporain des relations internationales. On peut citer par exemple les conflits en République Démocratique du Congo (1996-1997, 1998-2003), les conflits civils dans la zone d’Afrique Subsaharienne (Libéria, Sierra Léone, Côte d’Ivoire, Soudan du Nord). De plus, l’Afrique est en proie aux groupes islamiques qui se sont installés principalement dans la partie Sud du Sahara notamment au Nigéria et en Somalie. Ces groupes organisent des activités terroristes qui sont des défis majeurs pour la paix et la sécurité mondiales. Ainsi, dans le contexte contemporain du monde, les conflits sont beaucoup plus visibles et les guerres sont beaucoup plus menaçantes. Il n’y a plus que les Etats-Unis comme puissance géopolitique à proprement parler. Il n’y a pas un ennemi non plus proprement identifié. Dans ce nouveau contexte, l’ennemi est apparent et peut surgir de nulle part, tout comme une autre guerre peut venir de n’importe quel continent. En effet, il est évident que l’ordre international est en crise ou du moins connait une transition hégémonique, marquée par le déclin de l’hyperpuissance américaine et la montée d’autres puissances comme la Russie et la Chine. -La sécurité internationale dans sa dynamique actuelle La fin de la guerre froide a donc eu une grande influence sur la sécurité internationale actuellement car la désintégration de l’URSS (1991), le démantèlement du pacte Varsovie (1991), la fin de la bipolarité ont remis en question des théories basées sur l’équilibre des puissances et la dissuasion nucléaire. En effet, l’éclatement des conflits de part et d’autre pousse plus d’un à s’interroger sur la situation sécuritaire du monde. Actuellement est-il plus sûr que pendant la guerre froide ? Pour certains experts, les menaces se manifestent à travers les guerres interétatique et trans-étatique, telles que les guerres civiles, le terrorisme international et le risque de prolifération nucléaire chimique et biologique. Par exemple, la guerre entre la Russie et l’Ukraine à la porte de l’Europe a rappelé aux occidentaux la précarité des relations internationales contemporaines, celles au Moyen-Orient (Iran-Israël-Hamas) ont ravivé les inquiétudes quant aux problèmes de prolifération nucléaire, et le terrorisme international mise en place par les organisations paramilitaires en Afrique et au Moyen-Orient, est inscrit dans l’agenda sécuritaire des pays qualifiés de super puissances. Il y a lieu de mentionner aussi l’immigration, le changement climatique, les pandémies, la pauvreté et les crises économiques qui illustrent mieux les problèmes sécuritaires dans les relations internationales contemporaines. Cependant, les rapports de puissance pour la domination hégémonique mondiale restent et demeurent l’élément fondamental pour maintenir la sécurité internationale. Et pour y parvenir, une puissance doit se démarquer des autres pour imposer sa loi compte tenu de l’approche réaliste des relations internationales. A l’heure où nous parlons, on est en face d’une crise de puissance hégémonique. Ainsi, devrait-on s’attendre à un retour de l’hyperpuissance des Etats-Unis dans le monde ou la confirmation de l’une des puissances émergentes comme la Russie ou la Chine ? C-Bibliographie - Bergeron (Gérard), La guerre froide recommencée, Montréal : Les Éditions du boréal Express, 1986. - Duroselle (Jean-Baptiste) et Kaspi (André), Histoire des relations internationales de 1945 à nos jours, Armand Colin, « Classic », Paris, 2002. - Frank (Robert), Girault (Robert) et Thobie (Jacques), la Loi des géants : 1941-1964, Paris, Masson, 1993. - Mélandri (Pierre), la Politique extérieure des États-Unis de 1945 à nos jours, Paris, Presses universitaires de France, 1995. - Pascal (Boniface), le monde contemporain: grandes lignes de partage, Paris : PUF, 2001. - Marie-Claude (Smouts), La cooperation internationale : de la coexistence à la gouvernance mondiale, in Marie-Claude Smouts (dir.)

Inondations au Cap-Haïtien : l’EDEM appelle à l’urgence et à la responsabilité des autorités

Cap-Haïtien, 26 février 2026 — La coordination départementale Nord du parti Élan Démocratique pour la Majorité (EDEM) a exprimé sa profonde tristesse et sa solidarité envers les populations touchées par les récentes inondations qui ont frappé plusieurs zones du Nord, notamment la commune du Cap-Haïtien et le quartier de Basiko. Ces crues, provoquées par deux journées consécutives de pluies torrentielles, ont causé d’importants dégâts matériels et aggravé la vulnérabilité de nombreuses familles. Dans une note de sympathie rendue publique, la coordonnatrice départementale du Nord, Mirlène Darius, a adressé un message de compassion aux victimes tout en lançant un appel pressant à la solidarité collective. Elle exhorte les autorités départementales et locales à assumer pleinement leurs responsabilités face à la détresse des populations sinistrées. La responsable politique insiste sur la nécessité d’interventions immédiates pour soulager les habitants affectés et prévenir de nouvelles catastrophes. Parmi les actions prioritaires évoquées figurent le contrôle des constructions anarchiques, une meilleure gestion des déchets et le curage des canaux d’évacuation des eaux pluviales, autant de mesures essentielles pour réduire les risques d’inondation. Selon elle, les catastrophes récurrentes dans la région sont étroitement liées à des problèmes de gouvernance et à une mauvaise gestion des infrastructures urbaines. Elle appelle ainsi les autorités à agir rapidement afin de redonner espoir à une population éprouvée par des crises répétées. Dans son message, la coordination départementale encourage également la population à faire preuve de courage et de patience face à l’épreuve, tout en maintenant la mobilisation citoyenne pour exiger des actions concrètes de la part des dirigeants. L’EDEM souligne que la résilience des communautés locales reste un pilier essentiel pour surmonter les catastrophes naturelles dans un contexte de vulnérabilité accrue. Ces inondations mettent en lumière les défis structurels auxquels sont confrontées les villes haïtiennes, notamment l’urbanisation non planifiée, l’insuffisance des infrastructures de drainage et l’absence de politiques efficaces de gestion environnementale. Pour l’EDEM, la réponse à ces catastrophes doit dépasser l’urgence humanitaire et s’inscrire dans une approche durable de gouvernance locale et d’aménagement du territoire. Alors que les habitants du Nord tentent de se relever, cet appel à la responsabilité et à la solidarité rappelle l’importance d’une action concertée pour prévenir de nouvelles tragédies et protéger les populations les plus vulnérables.

Pacte national : l’EDEM salue l’initiative mais exige transparence et consensus

Port-au-Prince, 26 février 2025 — Le parti politique Élan Démocratique pour la Majorité (EDEM) a réagi officiellement à la signature du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, un accord conclu entre des représentants de la société civile, de la classe politique et du gouvernement haïtien. Dans une note de presse rendue publique, la formation politique affirme accueillir favorablement toute initiative susceptible de rétablir la sécurité publique et de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres, honnêtes et crédibles. Selon le parti, la prolongation de la transition politique fragilise l’État haïtien depuis plus d’une décennie. Dans ce contexte, l’EDEM estime que la mise en place d’un cadre stable et sécuritaire constitue un préalable indispensable au retour à l’ordre constitutionnel et au renforcement de la légitimité des institutions publiques. Toutefois, le parti invite à la prudence, rappelant les dérives observées lors de l’application de l’Accord du 21 décembre, qui ont, selon lui, érodé la confiance citoyenne et suscité des inquiétudes quant à la gestion des ressources publiques. L’EDEM insiste sur la nécessité d’une gouvernance fondée sur la transparence, la responsabilité et la reddition de comptes. La note souligne que la participation d’un parti politique à la gestion de l’État ne saurait être condamnée lorsqu’elle s’inscrit dans une logique de service public et d’intérêt national. Néanmoins, l’EDEM affirme qu’il ne peut apposer sa signature sur un document dont les dispositions ne seraient pas clairement explicitées, notamment en ce qui concerne le partage des responsabilités et les mécanismes de contrôle. Le parti exprime également des réserves quant à certaines clauses du pacte jugées insuffisamment précises, en particulier celles relatives à d’éventuelles réformes constitutionnelles. Pour l’EDEM, toute modification de la Constitution doit faire l’objet d’un large consensus national et d’une consultation inclusive des forces vives du pays. l’EDEM réaffirme son engagement en faveur de l’intérêt supérieur du peuple haïtien, dans le respect des principes démocratiques et de l’État de droit. Le document est signé par Joseph Jacques Désir, coordonnateur national du parti, qui appelle à une démarche inclusive et transparente pour garantir une sortie de crise durable.

POLITIQUE

Pacte national : l’EDEM salue l’initiative mais exige transparence et consensus

Port-au-Prince, 26 février 2025 — Le parti politique Élan Démocratique pour la Majorité (EDEM) a réagi officiellement à la signature du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, un accord conclu entre des représentants de la société civile, de la classe politique et du gouvernement haïtien. Dans une note de presse rendue publique, la formation politique affirme accueillir favorablement toute initiative susceptible de rétablir la sécurité publique et de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres, honnêtes et crédibles. Selon le parti, la prolongation de la transition politique fragilise l’État haïtien depuis plus d’une décennie. Dans ce contexte, l’EDEM estime que la mise en place d’un cadre stable et sécuritaire constitue un préalable indispensable au retour à l’ordre constitutionnel et au renforcement de la légitimité des institutions publiques. Toutefois, le parti invite à la prudence, rappelant les dérives observées lors de l’application de l’Accord du 21 décembre, qui ont, selon lui, érodé la confiance citoyenne et suscité des inquiétudes quant à la gestion des ressources publiques. L’EDEM insiste sur la nécessité d’une gouvernance fondée sur la transparence, la responsabilité et la reddition de comptes. La note souligne que la participation d’un parti politique à la gestion de l’État ne saurait être condamnée lorsqu’elle s’inscrit dans une logique de service public et d’intérêt national. Néanmoins, l’EDEM affirme qu’il ne peut apposer sa signature sur un document dont les dispositions ne seraient pas clairement explicitées, notamment en ce qui concerne le partage des responsabilités et les mécanismes de contrôle. Le parti exprime également des réserves quant à certaines clauses du pacte jugées insuffisamment précises, en particulier celles relatives à d’éventuelles réformes constitutionnelles. Pour l’EDEM, toute modification de la Constitution doit faire l’objet d’un large consensus national et d’une consultation inclusive des forces vives du pays. l’EDEM réaffirme son engagement en faveur de l’intérêt supérieur du peuple haïtien, dans le respect des principes démocratiques et de l’État de droit. Le document est signé par Joseph Jacques Désir, coordonnateur national du parti, qui appelle à une démarche inclusive et transparente pour garantir une sortie de crise durable.

Les autorités haïtiennes réaffirment leur soutien à la Force de Répression des Gangs dans un contexte sécuritaire sous tension

Port-au-Prince, 27 janvier 2026 Dans un climat sociopolitique marqué par une insécurité persistante et des attentes fortes à l’approche du calendrier électoral, le Président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, a effectué ce mardi une visite officielle à la base de la Force de Répression des Gangs (FRG). Il était accompagné du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et du Directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison. Cette visite s’inscrit dans une stratégie de communication et de mobilisation des forces de sécurité, alors que l’État haïtien tente de reprendre le contrôle de territoires longtemps dominés par des groupes armés. Sur place, les autorités ont rencontré le commandant Godfrey Otungé ainsi que les membres de la FRG, afin de réaffirmer le soutien sans équivoque de l’État aux troupes engagées, aux côtés de la PNH et des Forces armées d’Haïti (FAd’H), dans la lutte contre le banditisme armé. Le Président du CPT a salué le professionnalisme, la discipline et la détermination des agents déployés sur le terrain, soulignant que les efforts conjoints des forces nationales et de leurs partenaires internationaux ont permis d’enregistrer des avancées notables en matière de sécurité au cours des derniers mois. Toutefois, ces progrès restent fragiles, dans un pays où la violence armée continue d’affecter la vie quotidienne des citoyens, l’économie et la libre circulation des personnes et des biens. Laurent Saint-Cyr a également exprimé la reconnaissance officielle de l’État haïtien envers les pays partenaires qui appuient Haïti par l’envoi de troupes, de ressources logistiques et d’expertises, dans un contexte régional et international sensible. Un hommage solennel a été rendu aux agents ayant perdu la vie dans l’exercice de leur mission, rappelant le coût humain élevé de cette lutte pour le rétablissement de l’ordre public. Au-delà du symbole, cette visite intervient à un moment clé de la transition politique. Les autorités ont insisté sur le fait que le rétablissement durable de la sécurité constitue une condition indispensable à l’organisation d’élections crédibles, inclusives et apaisées, attendues par la population et la communauté internationale. Elles ont également rappelé que la lutte contre l’insécurité doit aller de pair avec celle contre la corruption et le renforcement des institutions. S’adressant directement aux troupes, le Président du CPT a voulu insuffler un message d’espoir et de confiance : « Je suis certain qu’ensemble, nous remporterons cette bataille contre l’insécurité », a-t-il déclaré. Une affirmation forte, dans un pays où la population attend désormais que les engagements politiques se traduisent par des résultats concrets, durables et visibles sur le terrain.

L’OIDG tire la sonnette d’alarme face à l’échec de la transition politique

Port-au-Prince, 24 janvier 2026 Dans un contexte sociopolitique déjà marqué par l’insécurité généralisée, l’instabilité institutionnelle et une profonde détresse sociale, l’Observatoire International pour la Démocratie et la Gouvernance (OIDG) exprime de vives préoccupations quant à la conduite actuelle de la transition politique en Haïti. Dans une note publique rendue le 24 janvier 2026, l’Observatoire dénonce les conflits ouverts entre les deux branches de l’exécutif, engagées dans une lutte de pouvoir préjudiciable à l’intérêt général. Selon l’OIDG, ces querelles intestines ont des conséquences directes sur la population, déjà éprouvée par la montée de la violence armée, la paralysie économique et l’effondrement des services publics. Alors que le pays avait placé ses espoirs dans la transition, force est de constater que les priorités semblent s’être déplacées vers la conservation du pouvoir, au détriment des engagements pris. L’Observatoire rappelle que l’Accord du 3 avril 2024 constitue la seule base de légitimité du Conseil présidentiel de transition (CPT) et de son gouvernement. Cet Accord définit clairement la vision de la transition : la réconciliation de l’État et de la Nation, le retour à l’ordre constitutionnel et la défense des intérêts stratégiques d’Haïti dans le nouvel ordre mondial. Or, cette vision paraît aujourd’hui reléguée au second plan. Pour l’OIDG, l’image projetée par les dirigeants haïtiens sur la scène internationale est une fois de plus préoccupante. Les divisions internes, les calculs politiques et l’absence de cohésion fragilisent davantage un État déjà vulnérable. L’Observatoire appelle ainsi à une halte responsable, invitant les acteurs au pouvoir à se recentrer sur les véritables enjeux nationaux et sur le bien-être collectif. L’article 17 de l’Accord du 3 avril 2024 fixe pourtant cinq axes prioritaires devant guider l’action du CPT : la sécurité publique et nationale ; le redressement économique, la réhabilitation des infrastructures et la sécurité alimentaire et sanitaire ; la conférence nationale et la question constitutionnelle ; l’État de droit et la justice ; ainsi que l’organisation d’élections pour le renouvellement du personnel politique. À quelques jours du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat de la transition, l’OIDG dresse un constat sans équivoque : les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous. Face à cet échec, l’Observatoire estime impératif d’opérer un sursaut patriotique. Il plaide pour l’ouverture de véritables consultations nationales, inclusives et objectives, impliquant l’ensemble des forces vives du pays, notamment la société civile et la diaspora. Pour l’OIDG, seule une telle démarche peut permettre de définir des mécanismes de sortie de crise crédibles et de remettre Haïti sur la voie de la stabilité démocratique.

Coopération électorale internationale : le CEP s’allie à l’expertise mexicaine à l’approche des élection

Port-au-Prince, janvier 2026 – À quelques mois des élections annoncées dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement sensible, le Conseil électoral provisoire (CEP) multiplie les initiatives visant à renforcer la crédibilité du processus électoral. C’est dans cette dynamique qu’un protocole d’accord a été signé, le mercredi 28 janvier 2026, entre le CEP et l’Institut national électoral (INE) du Mexique, institution reconnue pour son expertise technique et son expérience en matière d’organisation électorale. L’accord a été paraphé par le président du CEP, Jacques Desrosiers, et l’ambassadeur du Mexique, Son Excellence José de Jesús Cisneros Chavez. Il vise à formaliser une coopération stratégique dans plusieurs domaines clés du système électoral, notamment le renforcement des capacités des opérateurs électoraux, la gestion et l’actualisation du registre électoral, ainsi que l’intégration de solutions technologiques dans l’administration des scrutins. Dans un pays où les élections ont longtemps été entachées par des crises de légitimité, des contestations et des dysfonctionnements institutionnels, cette initiative apparaît comme un signal adressé à la communauté nationale et internationale. Le CEP cherche ainsi à tirer profit de l’expérience mexicaine pour corriger les faiblesses structurelles du système électoral haïtien, souvent critiqué pour son manque de fiabilité, la faiblesse de ses infrastructures et l’insuffisance de formation de ses agents. Au-delà de l’aspect technique, cet accord s’inscrit dans un contexte politique délicat. La transition en cours est confrontée à une double exigence : rétablir un climat de sécurité minimal et organiser des élections crédibles capables de restaurer la légitimité des institutions. Or, sans un registre électoral fiable, des mécanismes transparents et une logistique maîtrisée, le processus électoral risque de raviver les tensions plutôt que de les apaiser. Les deux institutions se sont engagées à échanger autour de thématiques cruciales du système électoral, dans un esprit de respect mutuel et d’enrichissement réciproque. L’objectif affiché est clair : contribuer à la construction d’un avenir démocratique où chaque vote compte réellement, dans un pays où la défiance citoyenne envers les processus électoraux demeure élevée. Toutefois, cette coopération internationale, aussi prometteuse soit-elle, ne saurait suffire à elle seule. La réussite des élections dépendra également de la volonté politique des acteurs nationaux, de la sécurité sur le terrain et de la capacité du CEP à préserver son indépendance. Dans un Haïti en quête de stabilité, la signature de ce protocole représente une étape importante, mais elle devra impérativement se traduire par des résultats concrets pour regagner la confiance de la population.

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