CULTURE

Décès de Dieudonné Larose : Haïti perd une voix majeure de sa mémoire musicale

La musique haïtienne est en deuil. Le vendredi 9 janvier 2025, Dieudonné Larose, figure emblématique du compas et de la musique populaire haïtienne, s’est éteint, laissant derrière lui une œuvre riche et un héritage profondément ancré dans la mémoire collective. L’annonce de sa disparition a suscité une vive émotion à travers le pays, au point que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a publié une note officielle de sympathie saluant la contribution exceptionnelle de l’artiste à la culture nationale. À travers ses chansons, Dieudonné Larose s’était imposé comme une voix incontournable de la scène musicale haïtienne. Son talent, reconnu tant par le public que par ses pairs, lui a permis de traverser les générations, touchant aussi bien les amateurs de compas traditionnel que les jeunes mélomanes. Ses textes, souvent empreints de sensibilité, d’amour et de réalisme social, reflétaient les joies, les douleurs et les espoirs du peuple haïtien. Le CPT, dans sa note de sympathie, souligne que Dieudonné Larose n’était pas seulement un musicien, mais un porteur de mémoire et d’identité. Sa musique, devenue au fil du temps un repère culturel, continuera de résonner « comme un chant d’amour pour Haïti et pour l’humanité ». Une reconnaissance institutionnelle qui témoigne de l’impact durable de l’artiste bien au-delà de la scène musicale. La disparition de Dieudonné Larose laisse un vide immense, non seulement au sein de sa famille et de ses proches, mais aussi dans toute la communauté artistique haïtienne. Pour de nombreux musiciens, il représentait un modèle de rigueur, de créativité et de fidélité à l’authenticité musicale haïtienne. Son parcours inspire aujourd’hui une nouvelle génération appelée à préserver et renouveler cet héritage culturel. Au-delà de l’émotion, la mort de Dieudonné Larose relance également le débat sur la préservation du patrimoine musical haïtien et la reconnaissance des artistes de leur vivant. Dans un pays confronté à de multiples crises, la culture demeure l’un des rares espaces de résistance, de cohésion et d’espoir. Les œuvres de Larose s’inscrivent pleinement dans cette dynamique, rappelant que la musique reste une force de rassemblement et d’affirmation identitaire. En adressant ses condoléances à la famille de l’artiste, à ses amis, à ses collègues musiciens et aux mélomanes, le Conseil Présidentiel de Transition a exprimé le sentiment partagé par toute une nation. Si Dieudonné Larose n’est plus physiquement parmi nous, son héritage artistique, lui, est appelé à traverser le temps. Comme beaucoup de grandes figures de la musique haïtienne, Dieudonné Larose entre désormais dans l’histoire. Une histoire faite de notes, de paroles et d’émotions, qui continueront d’inspirer Haïti et ses générations futures.

Dieudonné Larose s’éteint : disparition d’une légende du konpa haïtien

Né le 5 juin 1945 à Cabaret, Larose restera dans la mémoire collective comme l’un des artistes les plus influents et les plus aimés du konpa, le genre musical emblématique d’Haïti. Son parcours artistique s’étend sur près d’un demi-siècle, au cours duquel il a su imposer une voix unique, des compositions marquantes et une présence scénique captivante. L’enracinement culturel de Larose était profond. Bien que né à Port-au-Prince, il se définissait comme « fils du Nord » et ses racines s’étendaient à travers des régions comme Jacmel, l’Artibonite et Limbé, reflétant la richesse et la diversité du patrimoine haïtien. Sa carrière débuta dans les années 1970, au sein de formations musicales locales avant de rejoindre des groupes reconnus tels que Shoogar Combo et DP Express, marquant ses premiers succès sur la scène nationale. Mais c’est avec le groupe Missile 727 qu’il connut une notoriété véritablement internationale, enchaînant des tubes devenus cultes comme « Accident », « Mandela », « Jolie Minou » ou encore « Guerre mondiale ». Larose ne se contentait pas d’être un représentant du konpa : il en était un véritable ambassadeur culturel. Ses compositions, souvent teintées de rythmes afro-caribéens et de mélodies influencées par des ballades espagnoles, abordaient des thèmes sociaux et humains, touchant des publics de tous âges. Tout au long de sa carrière, il reçut de nombreuses reconnaissances pour sa contribution à la musique haïtienne. En 2025, il avait été honoré à Montréal, lors d’un hommage public rassemblant artistes et admirateurs, signe de l’impact durable de son œuvre au-delà des frontières nationales. Sur le plan personnel, Larose était un homme de famille dévoué, père de 25 enfants et grand-père de plus de 16 petits-enfants. Sa générosité, sa sagesse et son humanité transparaissaient tant dans sa musique que dans son engagement envers les siens et envers ses nombreux fans. Alors qu’Haïti traverse une période tumultueuse, marquée par des défis politiques et sociaux, la disparition de Dieudonné Larose laisse un vide immense dans le paysage culturel. Son héritage artistique, riche de dizaines d’albums et de prestations légendaires, continuera de vibrer dans les cœurs des mélomanes haïtiens et de la diaspora. Son influence dépasse la musique : il incarnait la persévérance, la créativité et l’amour du pays. Aujourd’hui, Haïti perd non seulement une voix, mais une partie de son identité culturelle. Dieudonné Larose restera à jamais une étoile du konpa, dont la flamme continuera de briller à travers les générations.

Finette Pierre-Luc, quand la foi chante plus fort que la mort

Elle chantait la vie, l’espérance et la foi, mais la maladie a imposé un silence brutal à sa voix. Finette Pierre-Luc, artiste évangélique haïtienne, s’est éteinte le 15 décembre 2025 en République dominicaine, à seulement 34 ans, après un combat éprouvant contre l’anémie falciforme. Sa disparition laisse un vide immense et un héritage spirituel qui dépasse le temps. Finette n’était pas une simple chanteuse. Elle était une âme consacrée, une voix qui apaisait les cœurs fatigués et redonnait souffle à ceux que la vie avait épuisés. À travers ses chants, elle parlait de Dieu comme d’une source vive, d’un refuge sûr au milieu des tempêtes, d’un ami fidèle quand tout semblait perdu. Jusqu’à la veille de son départ, l’espoir persistait. Son entourage appelait encore à la prière, croyant à un miracle possible. Des messages de soutien et de solidarité ont afflué de toutes parts. Mais le destin en a décidé autrement. Finette a quitté la scène terrestre, laissant derrière elle une profonde tristesse et un nourrisson né avant terme, fragile symbole de continuité et d’amour au cœur de l’épreuve. Son départ bouleverse le monde évangélique et la scène musicale chrétienne haïtienne. Pourtant, sa voix ne s’éteint pas. Elle vit dans chaque parole qu’elle a chantée, dans chaque âme qu’elle a touchée, dans chaque prière qu’elle a inspirée. Finette Pierre-Luc s’en va, mais son message demeure. Elle nous rappelle que certaines voix ne meurent jamais : elles se transforment en écho éternel. Dans la douleur de l’absence, il reste la foi qu’elle a semée, la lumière qu’elle a portée et l’espérance qu’elle a laissée en héritage. Repose en paix, Finette. La terre t’a perdue, mais le ciel a gagné une voix.

Finètte Pierre-Luc : la voix évangélique en lutte pour la vie, un appel vibrant aux prières

Finètte Pierre-Luc : la voix évangélique en lutte pour la vie, un appel vibrant aux prières Un souffle de combat, un cœur de foi – L’artiste évangélique Finètte Pierre-Luc traverse l’épreuve la plus difficile de sa vie. Résidant depuis plusieurs années en République dominicaine, elle est actuellement hospitalisée dans un état critique, frappée par une anémie falciforme sévère, aggravée après un accouchement prématuré fin novembre. Depuis plusieurs semaines, elle reçoit des soins intensifs dans un hôpital spécialisé en maternité, luttant avec courage pour chaque souffle. Une lueur d’espoir brille malgré la tempête : son nouveau-né, fragile mais vaillant, a pu quitter l’hôpital et retrouver sa famille, offrant un rayon de lumière au cœur de cette épreuve. Dans un communiqué émouvant, son manager, Luc Ronel, lance un appel vibrant à la communauté et aux croyants : « Prions pour Finètte. Soutenons-la par nos pensées et nos prières. Respectons l’intimité de sa famille. Aucune aide financière n’est demandée. » Chaque pensée, chaque message, chaque prière compte. En ces moments délicats, le soutien moral devient un pilier pour l’artiste et sa famille. RTVHaiti suivra de près son état de santé et informera le public de toute évolution significative. À propos de Finette Pierre‑Luc Nom complet : Finette Pierre‑Luc Origine : Haïti, département de l’Artibonite Profession : Chanteuse évangélique et auteure-compositrice Début de carrière : Dès l’enfance, passionnée par le chant gospel Succès marquants : Jezi, dlo ki bay lavi a (2016) Premier album (2018) Vi mwen nan men’w (2021) Lamantasyon (2023) Style : Musique gospel porteuse d’espérance, de foi et de louange Message central : La musique comme ministère, pour toucher les cœurs et rapprocher les gens de Dieu RTV Haiti souhaite à Finètte Pierre-Luc un rétablissement rapide et complet. Que nos prières et pensées accompagnent sa lutte pour la vie.

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SANTé

Scandale médical : une mineure contaminée au VIH, l’OPC exige des sanctions immédiates

Le soleil tape sur la cour de l’hôpital Nos Petits Frères et Sœurs. Des parents, des enfants, des silhouettes fatiguées attendent sous la chaleur. Rien, absolument rien, dans cette scène ordinaire ne laisse deviner qu’ici, il y a sept ans, la vie d’une enfant a basculé. En 2018, une fillette de 10 ans avait été admise pour un soin banal. Quelques heures plus tard, une transfusion lui était administrée. Ce jour-là, dans une salle froide, un geste censé la sauver a bouleversé son futur. Aujourd’hui, devenue adolescente, elle porte encore les conséquences d’une erreur médicale que l’hôpital a reconnue peu après les faits, sans jamais réellement réparer le tort causé. Une famille brisée dans le silence Dans le quartier où la jeune fille vit toujours, les voisins évoquent une famille discrète, épuisée mais digne. L’un d’eux confie, presque en murmurant : « Sa maman ne parle pas beaucoup… mais on voit que cette histoire leur pèse. Ils ont cherché de l’aide partout. C’est comme s’ils avaient crié longtemps dans un espace où personne ne répondait. » Depuis le drame, la famille a dû apprendre à vivre avec un poids qu’elle n’a jamais choisi : consultations, médicaments, rendez-vous, fatigue, inquiétudes, regards parfois lourds. Tout cela dans un pays où les structures d’accompagnement sont souvent inexistantes. L’OPC brise enfin le mur Sept ans après, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a décidé d’agir. Dans une lettre ferme adressée au ministère de la Santé publique, le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, exige des sanctions immédiates et une réparation juste pour la jeune fille et ses proches. Pour lui, ce cas représente bien plus qu’une faute médicale : c’est une atteinte directe à la dignité, aux droits et à l’avenir d’une adolescente qui ne méritait que protection. « Ce n’est pas un accident isolé » Un professionnel du secteur médical, touché mais prudent, lâche : « Dans nos hôpitaux, les équipes font ce qu’elles peuvent… mais parfois, le système laisse passer l’irréparable. Et quand ça arrive, les familles restent seules. ». Cette phrase résume la réalité que l’OPC veut mettre en lumière : les contrôles insuffisants, les mécanismes de suivi défaillants, le manque d’encadrement, et surtout le silence qui entoure ces cas. Dans sa correspondance, l’OPC parle même d’autres situations similaires, étouffées par l’absence d’accompagnement pour les victimes. Une adolescence volée Pour la jeune fille, la vie a pris un tournant que ni elle ni sa famille n’avaient imaginé. Les rêves d’enfant, les ambitions scolaires, l’insouciance… tout cela s’est heurté à une réalité douloureuse. Un proche de la famille raconte : « Ce n’est pas seulement une maladie. C’est le choc, la honte qu’on impose, la peur du lendemain, l’injustice. Elle n’a rien demandé… elle voulait juste guérir. » Dans les couloirs de l’hôpital, le contraste est brutal : les files d’attente, les pas pressés, les pleurs parfois… Et au milieu, l’histoire d’une adolescente qui rappelle ce que peut coûter une seule négligence. Un pays face à un choix moral Ce drame n’est pas un cas isolé, mais il devient un symbole. Un symbole de ce que vit une population qui ne demande que des soins sûrs, respectueux, encadrés. Pour l’OPC, l’heure n’est plus aux excuses. Il faut des sanctions, oui. Mais il faut surtout redonner à cette jeune fille et à toutes les autres victimes possibles la place qu’elles méritent : celle d’êtres humains auxquels l’État doit protection, transparence et justice. Un appel à la conscience collective Ce cas rappelle une vérité sensible : derrière chaque faute médicale se cache une vie, une famille, une histoire. Et derrière chaque silence institutionnel, il y a une souffrance qui s’alourdit. Le drame de Tabarre doit devenir un tournant. Pas seulement pour sanctionner, mais pour reconstruire. Pour que les hôpitaux soient des lieux de guérison, pas des lieux où une simple erreur peut briser une enfance.

Nathacha Rosier : l’infirmière qui transforme des vies et inspire tout un peuple

Dans le Sud d’Haïti, là où les routes s’effacent entre montagnes et ravines, une femme illumine les villages et réinvente la santé avec courage, vision et passion. Nathacha Rosier n’est pas seulement une infirmière diplômée : elle est une force de transformation, une entrepreneure sociale audacieuse, et une leader communautaire engagée. Chaque jour, elle incarne ce que signifie véritablement servir, protéger et inspirer. Depuis ses débuts à Maniche, elle a choisi un chemin rare : mettre la santé et le bien-être au cœur de sa mission, en allant au-delà des murs des institutions, là où les patients sont le plus vulnérables. Diplômée en sciences infirmières en 2020 à l’Université Notre Dame d’Haïti et licenciée par le MSPP en 2021, elle a très vite démontré que la compétence seule ne suffit pas : il faut la passion, l’audace, la créativité et le courage pour transformer une communauté. Une vision audacieuse et un engagement sans faille Nathacha n’attend pas que les solutions viennent des autres. Elle crée, innove et agit. Février 2021 : Elle fonde Miss Nathou Resto, promouvant une alimentation saine, naturelle et accessible. Août 2021 : Après le séisme, elle organise la cuisson et la distribution de repas pour les familles sinistrées, apportant soutien et espoir en temps de crise. Décembre 2021 : Elle rejoint le centre de santé de Maniche, développant des programmes de prévention et de dépistage, touchant des centaines de femmes et d’hommes. Cette capacité à anticiper, innover et agir est l’une des qualités majeures qui fait d’elle une entrepreneure à succès : vision claire, leadership, audace et persévérance. Une clinique mobile, un pont vers l’espoir En août 2024, elle transforme son rêve en réalité : sa propre clinique à domicile, sillonnant les villages les plus reculés de Maniche, Camp Périn, Guilgo, Coraux, Saint-Louis, Cavaillon et Bananier. Depuis, elle a soigné près de 200 patients, franchissant ravines et chemins impraticables, chaque trajet étant un acte de courage, chaque geste posé un acte d’humanité. Chaque vie sauvée est un trophée, chaque sourire retrouvé un triomphe sur l’adversité. Les familles pleines de gratitude témoignent que Nathacha ne sauve pas seulement des corps, mais redonne la confiance et la dignité. Leadership et impact durable Pour amplifier son action, Nathacha fonde en juin 2025 l’OPSED’S (Organisation des Professionnels Sanitaires Engagés pour le Développement du Sud). Cette initiative fédère les professionnels de santé autour d’un objectif clair : protéger, éduquer et renforcer la communauté. Juillet 2025 : Formation de plus de 100 habitants aux gestes de premiers secours. Août 2025 : Organisation d’une clinique mobile gratuite, offrant des soins primaires à tous. Ces réalisations témoignent de son esprit stratégique, de sa discipline et de sa capacité à mobiliser et inspirer. Elle combine la vision d’une leader, le courage d’une aventurière et la sensibilité d’une humaniste. Un modèle universel d’excellence Nathacha Rosier est bien plus qu’une infirmière : elle est un exemple vivant de ce qu’une entrepreneure, un leader et une humaniste peuvent accomplir. Elle allie : -Vision et audace pour créer des solutions innovantes. -Persévérance et résilience face aux obstacles. -Leadership et capacité à inspirer ceux qui l’entourent. -Compassion et humanité pour transformer chaque vie en victoire. Elle milite pour un hôpital digne à Maniche, capable de traiter tous les patients, prouvant que la santé est un droit, pas un privilège. Ine source d’inspiration mondiale Aujourd’hui, Nathacha Rosier est un phare pour sa communauté, un modèle d’entrepreneuriat social et un exemple universel de courage et de détermination. Chaque patient soigné, chaque vie sauvée et chaque sourire retrouvé est la preuve qu’un seul individu, guidé par la passion, le service et l’excellence, peut transformer une région entière et inspirer le monde entier.

Haïti : alerte sanitaire après le passage de l’ouragan Melissa

Lors de la 28ᵉ édition des #MardisDeLaNation, le Gouvernement à travers son ministre de la santé, Dr Sinal BERTRAND a présenté les mesures mises en œuvre pour contenir cette crise sanitaire. L’accent est mis sur la prévention, la protection des populations vulnérables et la réhabilitation rapide des infrastructures de santé endommagées. Parmi les actions prioritaires : -Assistance immédiate aux populations sinistrées et soutien aux structures sanitaires affectées ; -Campagnes de sensibilisation et prévention, avec un message clair sur l’importance de l’eau potable, de l’hygiène personnelle et de la sécurité alimentaire ; -Opérations d’assainissement et distribution de kits d’hygiène dans les communautés les plus exposées ; -Surveillance sanitaire renforcée, permettant une réaction rapide face aux nouveaux cas et une coordination étroite avec les partenaires locaux et internationaux ; -Mobilisation des équipes médicales pour garantir la prise en charge des malades et la mise en place de centres de traitement temporaires si nécessaire. Le Gouvernement appelle toutes les communautés à rester vigilantes et à coopérer pleinement pour limiter la propagation des maladies. La population est invitée à respecter les mesures d’hygiène, à privilégier l’eau traitée ou bouillie et à signaler toute situation suspecte aux autorités sanitaires. Face à ces défis post-catastrophe, la prévention et la réactivité restent les armes essentielles pour protéger la santé publique et éviter que la situation ne se transforme en crise majeure.

Automédication en Haïti : une bombe silencieuse dans les foyers

Dans une petite pharmacie de Carrefour, une mère tend un billet de 500 gourdes au comptoir. Sans ordonnance, elle repart avec des antibiotiques pour “faire passer la fièvre” de son fils. Ce geste anodin, répété chaque jour dans les quatre coins du pays, illustre un danger invisible : l’automédication, une pratique devenue aussi courante que risquée En Haïti, se soigner soi-même sans avis médical est presque une norme. Pourtant, selon les experts, cette habitude pourrait à long terme affaiblir tout le système de santé. Pour en parler, Radio Télé Voix d’Haïti s’est entretenue avec le Dr André-Louis Bernard, médecin généraliste, professeur d’université et spécialiste en santé publique, formé à Cuba et en Suisse. Qu’est-ce que l’automédication ? Maxime Daniel Etienne (Journaliste) : Docteur Bernard, que signifie exactement “automédication” ? Dr André-Louis Bernard : “L’automédication, c’est le fait de se soigner soi-même sans consulter un professionnel. Cela inclut l’usage de médicaments achetés sans ordonnance, de restes de traitements ou de remèdes traditionnels. Cela peut sembler pratique, mais c’est une habitude dangereuse, surtout lorsqu’elle devient systématique.” « L’automédication n’est pas une solution, c’est une bombe à retardement sanitaire. » Dr Bernard Maxime Daniel Etienne : Quelles sont les principales causes de ce phénomène ? Dr André-Louis Bernard : “Il y en a plusieurs. D’abord, l’accès difficile aux soins : les hôpitaux sont souvent saturés ou trop éloignés. Ensuite, le coût élevé des consultations pousse beaucoup de familles à chercher des alternatives. À cela s’ajoute la facilité d’accès aux médicaments certaines pharmacies vendent sans ordonnance et la tradition des remèdes maison.” Un autre facteur majeur demeure le manque de sensibilisation. Selon une étude menée en 2023 par la Faculté de Médecine de l’Université d’État d’Haïti, plus de 65 % des Haïtiens reconnaissent avoir déjà pris des médicaments sans avis médical. « L’automédication n’est pas un choix individuel. C’est un problème collectif qui menace la santé publique. » Dr Bernard Des risques graves, souvent ignorés Les conséquences de l’automédication sont multiples et parfois irréversibles : Retard de diagnostic : certaines maladies graves passent inaperçues. Surdosage ou intoxication : les anti-inflammatoires et le paracétamol peuvent endommager le foie et les reins. Résistance bactérienne : l’usage abusif d’antibiotiques rend les infections plus difficiles à traiter. Effets secondaires imprévus : allergies, troubles digestifs, hémorragies, voire hospitalisations. Cas concret : “Un adolescent a pris plusieurs antibiotiques pour une fièvre. En réalité, il souffrait d’une infection pulmonaire sévère. Il a été hospitalisé d’urgence et heureusement sauvé, mais cette erreur aurait pu lui coûter la vie.” Dr Bernard Remèdes traditionnels : entre culture et confusion En Haïti, les plantes médicinales occupent une place historique dans les foyers. Si certaines ont des vertus reconnues, leur usage incontrôlé peut s’avérer dangereux. « Les plantes peuvent soulager certains symptômes, mais elles ne remplacent pas un diagnostic médical. Mal utilisées, elles peuvent aggraver l’état du patient. » Dr Bernard Les pharmacies, quant à elles, jouent parfois un rôle ambigu : la vente sans contrôle de médicaments favorise une spirale de dépendance et de faux traitements. Comment réduire ce fléau ? Le Dr Bernard propose plusieurs pistes de solution : 1. Consulter un médecin dès que les symptômes persistent. 2. Éviter l’usage d’antibiotiques sans prescription. 3. Respecter les doses indiquées sur les ordonnances. 4. Renforcer la régulation du secteur pharmaceutique. 5. Multiplier les campagnes de sensibilisation dans les écoles, médias et églises. « La prévention est la meilleure médecine. Informer, c’est déjà soigner. » Dr Bernard Une urgence de santé publique Au-delà des comportements individuels, l’automédication révèle une crise structurelle du système de santé haïtien : hôpitaux sous-équipés, absence de politique nationale sur le médicament, et vide réglementaire permettant la vente libre de produits potentiellement dangereux. « Tant que les médicaments se vendront comme du pain, la santé publique haïtienne restera en sursis. » Dr André-Louis Bernard Conclusion L’automédication en Haïti est plus qu’un réflexe populaire : c’est une bombe silencieuse qui fragilise les familles et compromet les efforts médicaux. Face à ce constat, la solution passe par l’éducation sanitaire, la régulation stricte et la responsabilité collective. Chaque comprimé pris sans avis médical est un pari risqué sur la santé un pari que trop de foyers haïtiens continuent malheureusement de perdre.

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Sport

Melchie Dumornay, la Grenadière qui fait rayonner Haïti sur la scène mondiale

À seulement 21 ans, Melchie Daëlle Dumornay continue d’écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du football haïtien. En remportant récemment le Ballon 433, une distinction décernée par le média international 433 pour saluer les performances et l’impact des joueuses les plus remarquables de leur génération, le milieu offensif haïtienne confirme son statut de star montante du football mondial. Originaire de Mirebalais, Melchie Dumornay incarne un parcours fait de sacrifices, de discipline et d’un talent brut exceptionnel. Très tôt, elle a dû faire face aux réalités difficiles du quotidien en Haïti, s’entraînant dans des conditions précaires, souvent sans infrastructures adéquates. Mais jamais ces obstacles n’ont freiné sa détermination. Au contraire, ils ont forgé une joueuse résiliente, travailleuse et profondément attachée à ses racines. Révélée au grand public lors de ses prestations éclatantes avec la sélection nationale haïtienne, notamment lors des éliminatoires et de la Coupe du monde féminine, Melchie Dumornay s’est imposée comme le moteur du jeu des Grenadières. Sa vision, sa capacité à éliminer, son sens du but et son intelligence tactique ont rapidement attiré l’attention des grands clubs européens. Aujourd’hui, sous les couleurs de l’Olympique Lyonnais, l’un des clubs les plus prestigieux du football féminin mondial, elle ne cesse de briller. Malgré une concurrence relevée et l’exigence du très haut niveau, Dumornay s’est intégrée avec maturité, enchaînant performances solides, buts décisifs et prestations remarquées en championnat comme en compétitions européennes. Son professionnalisme et son humilité sont régulièrement salués par ses entraîneurs et coéquipières. Mais au-delà des terrains européens, Melchie Dumornay reste profondément liée à son peuple. À chaque apparition avec la sélection haïtienne, elle joue avec le cœur, consciente de représenter bien plus qu’un maillot. Pour de nombreux Haïtiens, elle est devenue un symbole de fierté nationale, une source d’espoir dans un contexte souvent marqué par l’incertitude. Sur les réseaux sociaux comme dans les rues d’Haïti, le soutien populaire est constant. Chaque but, chaque distinction, chaque trophée remporté est vécu comme une victoire collective. Melchie Dumornay inspire une génération entière de jeunes filles et de jeunes garçons, prouvant que le rêve est possible, même en partant de loin. En portant haut le drapeau haïtien sur les plus grandes scènes du football mondial, Melchie Dumornay ne se contente pas de gagner des trophées. Elle redonne confiance à tout un peuple, rappelle la richesse du talent haïtien et trace la voie pour l’avenir. Une Grenadière, une battante, une fierté nationale.

Date : 13-Jan-2026
Auteur : Paul Markenley AUGUSTIN
Sport

Éliminatoires du Mondial U-17 : Kovsky Saint-Vil prend les rênes des jeunes Grenadiers

La Fédération Haïtienne de Football (FHF) a officiellement annoncé, le 12 janvier 2026, la nomination de Kovsky Saint-Vil au poste de sélectionneur de l’équipe nationale masculine U-17. Cette décision stratégique s’inscrit dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde FIFA U-17 Qatar 2026, une compétition cruciale pour l’avenir du football haïtien. Le nouveau sélectionneur aura pour mission de conduire les jeunes Grenadiers dans le groupe C, où Haïti sera opposée à Guatemala, pays hôte, ainsi qu’à Grenade et Antigua-et-Barbuda. Les rencontres se dérouleront intégralement sur le sol guatémaltèque, dans un contexte qui s’annonce compétitif et exigeant. Seule l’équipe terminant en tête du groupe obtiendra son billet pour la phase finale du Mondial U-17, prévue plus tard dans l’année au Qatar. Cette nomination intervient dans la continuité d’une dynamique encourageante pour la sélection haïtienne U-17. En effet, lors de la dernière Coupe du Monde U-17, Haïti avait marqué les esprits par sa qualification historique, confirmant les progrès notables réalisés au niveau de la formation des jeunes. Même si le parcours s’était arrêté prématurément face à des nations plus expérimentées, la participation haïtienne avait été saluée pour son engagement, sa discipline tactique et l’émergence de plusieurs talents prometteurs. Fort de cette expérience récente sur la scène mondiale, le football haïtien ambitionne désormais de s’installer durablement parmi les nations compétitives de la zone Concacaf dans les catégories de jeunes. C’est dans cette optique que la FHF a confié les rênes de la sélection à Kovsky Saint-Vil, technicien reconnu pour son travail avec les jeunes et sa connaissance du football local. Selon la Fédération, la préparation de l’équipe a déjà débuté à Port-au-Prince, sous la direction du nouveau staff technique. Les premières séances sont axées sur l’évaluation du groupe, la mise en place d’un cadre tactique clair et le renforcement de la cohésion collective, éléments indispensables pour aborder sereinement les éliminatoires. Au-delà de l’objectif immédiat de qualification, cette campagne U-17 représente un enjeu majeur pour l’avenir du football haïtien. Elle constitue une vitrine pour les jeunes talents du pays et un levier essentiel pour alimenter, à moyen terme, les sélections nationales supérieures. Avec Kovsky Saint-Vil à sa tête, la sélection haïtienne U-17 nourrit l’espoir de franchir un nouveau cap et de porter, une fois encore, les couleurs nationales sur la scène mondiale.

Date : 13-Jan-2026
Auteur : Paul Markenley AUGUSTIN
Société

12 janvier 2010-12 janvier 2026 : seize ans après, l’État haïtien face à son échec

Seize ans se sont écoulés depuis le séisme du 12 janvier 2010, et pourtant, Haïti demeure dangereusement exposée à une catastrophe similaire. Ce jour-là, un tremblement de terre de magnitude 7.0 a frappé la région métropolitaine de Port-au-Prince, faisant plus de 220 000 morts, près de 300 000 blessés et laissant environ 1,5 million de personnes sans abri. Au-delà du choc humain, ce drame aurait dû constituer un électrochoc politique et institutionnel. Force est de constater que l’État haïtien a largement manqué ce rendez-vous avec l’histoire. Dans les semaines et les mois qui ont suivi la catastrophe, les promesses ont abondé. Reconstruction rapide, refondation de l’État, relogement des sinistrés, mise en place de normes parasismiques, planification urbaine moderne : le discours officiel se voulait ambitieux. Seize ans plus tard, le bilan est accablant. Le Palais national, symbole de la République, détruit en 2010, n’a toujours pas été reconstruit. Il reste l’image la plus frappante de l’incapacité de l’État à traduire ses engagements en actes concrets. Plus grave encore, aucune véritable politique nationale de prévention des risques sismiques n’a été mise en œuvre. Les villes continuent de s’étendre de manière anarchique. On construit partout, souvent sans permis, sans études techniques, sans respect des normes de sécurité. La construction anarchique, la bidonvilisation accélérée et l’absence d’un plan d’urbanisation appliqué exposent chaque jour des millions de citoyens à un danger mortel. Les mêmes causes produiront inévitablement les mêmes effets. Les quartiers populaires, souvent bâtis sur des zones à risque, concentrent cette vulnérabilité. L’État, absent ou complaisant, laisse faire. Les institutions chargées du contrôle du bâti sont soit inexistantes, soit inefficaces. Les normes parasismiques, quand elles existent sur le papier, ne sont presque jamais appliquées sur le terrain. Cette irresponsabilité collective, portée en premier lieu par les pouvoirs publics, équivaut à une mise en danger permanente de la population. Commémorer le 12 janvier ne doit pas se limiter à des discours, des drapeaux en berne ou des émissions spéciales. La mémoire des victimes exige des actes forts, des réformes structurelles et une volonté politique réelle. Seize ans après, l’État haïtien n’a toujours pas préparé le pays à faire face à un nouveau séisme. En cas de nouvelle secousse majeure, le scénario de 2010 risque de se répéter, avec son cortège de morts évitables. Honorer les victimes du 12 janvier, c’est refuser l’oubli, mais surtout refuser l’inaction. Sans prévention, sans planification urbaine, sans respect des normes, la commémoration restera un rituel vide, et la tragédie, une menace toujours imminente.

Date : 12-Jan-2026
Auteur : Paul Markenley AUGUSTIN
Actualité

12 janvier : une journée de mémoire nationale pour honorer les victimes des catastrophes naturelles

Le 12 janvier 2026 marquera en Haïti une journée de recueillement et de mémoire nationale. À travers une note de presse officielle, le Secrétariat Général de la Présidence a rappelé que, par arrêté en date du 18 décembre 2024, cette date est désormais déclarée « Jour du Souvenir des Victimes de Catastrophes Naturelles ». Une décision lourde de sens, qui s’inscrit dans la continuité du traumatisme collectif laissé par le séisme dévastateur du 12 janvier 2010. Il y a seize ans, à 16 h 53, la terre tremblait violemment, frappant Port-au-Prince et plusieurs villes environnantes. En quelques secondes, des dizaines de milliers de vies furent fauchées, des familles entières décimées, des quartiers rasés, et l’État haïtien profondément ébranlé. Ce séisme, l’un des plus meurtriers de l’histoire contemporaine, a laissé derrière lui un pays meurtri, confronté à une crise humanitaire sans précédent, à l’effondrement de ses institutions et à une reconstruction longue, incomplète et douloureuse. La journée du 12 janvier 2026 sera marquée par des gestes symboliques forts. Le drapeau national sera mis en berne sur tout le territoire de la République, rappelant la douleur partagée et le respect dû aux victimes. Les discothèques et établissements assimilés resteront fermés, afin de préserver le caractère solennel de cette commémoration. Les stations de radio et de télévision sont invitées à diffuser des émissions de circonstance, donnant la parole aux survivants, aux familles endeuillées, aux acteurs humanitaires et aux experts, pour entretenir la mémoire collective. Au-delà du souvenir, cette journée invite à une réflexion profonde sur les séquelles durables du séisme de 2010. Seize ans après, de nombreuses familles vivent encore avec les stigmates psychologiques du drame, tandis que la vulnérabilité du pays face aux catastrophes naturelles demeure une réalité préoccupante. Le tremblement de terre a également mis en lumière les failles structurelles de l’urbanisme, de la gouvernance et de la gestion des risques en Haïti, des défis qui restent largement d’actualité. En instituant le 12 janvier comme Jour du Souvenir des Victimes de Catastrophes Naturelles, l’État haïtien reconnaît que la mémoire n’est pas un simple devoir symbolique, mais un engagement moral et politique. Honorer les victimes, c’est aussi tirer les leçons du passé, renforcer la prévention, améliorer la préparation aux risques et bâtir une culture de résilience. Cette journée se veut enfin un moment d’unité nationale. Un temps pour se souvenir, pour se recueillir, mais aussi pour réaffirmer la dignité d’un peuple qui, malgré les épreuves, continue de se relever. Le 12 janvier n’est pas seulement une date tragique dans l’histoire d’Haïti ; c’est un appel permanent à la solidarité, à la responsabilité collective et au respect de la mémoire de celles et ceux qui ont perdu la vie.

Date : 10-Jan-2026
Auteur : Paul Markenley AUGUSTIN

A LA UNE

Álvaro Arbeloa nommé entraîneur du Real Madrid : la continuité d’un projet ambitieux après l’ère Xabi Alonso

Le Real Madrid CF a officialisé la nomination d’Álvaro Arbeloa au poste d’entraîneur de l’équipe première, un choix qui s’inscrit clairement dans une logique de continuité sportive et institutionnelle. Ancien joueur emblématique du club et figure respectée de la Fábrica, Arbeloa succède à Xabi Alonso, dont le passage à la tête de l’équipe a marqué la saison écoulée par des performances solides et une identité de jeu affirmée. Avant cette promotion, Álvaro Arbeloa dirigeait le Real Madrid Castilla depuis juin 2025. Son parcours d’entraîneur est exclusivement lié au club madrilène depuis 2020, où il a gravi méthodiquement tous les échelons de la formation. Champion avec l’Infantil A lors de la saison 2020-2021, puis avec le Cadete A en 2021-2022, il a véritablement marqué les esprits à la tête du Juvenil A. Entre 2022 et 2025, Arbeloa y a imposé une domination sans partage, réalisant notamment un triplé historique en 2022-2023 (championnat, Coupe du Roi et Ligue des champions de la catégorie), avant de décrocher un nouveau titre national en 2024-2025. Cette promotion intervient dans un contexte particulier, celui d’une équipe première qui sort d’une saison globalement réussie sous la direction de Xabi Alonso. L’ancien milieu de terrain avait su redonner de l’équilibre au Real Madrid, combinant rigueur tactique, intensité collective et gestion intelligente d’un effectif mêlant cadres expérimentés et jeunes talents. Les bons résultats en Liga et les parcours compétitifs en compétitions européennes ont renforcé l’idée d’un projet sportif cohérent, axé sur la stabilité et la transmission de l’ADN madridista. En confiant les rênes de l’équipe à Arbeloa, la direction madrilène mise sur un technicien qui connaît parfaitement la maison, ses exigences et sa culture de la victoire. Son passé de joueur au Real Madrid, entre 2009 et 2016, renforce cette légitimité. Durant cette période faste, il a disputé 238 matchs officiels et remporté huit titres majeurs, dont deux Ligues des champions. Avec la sélection espagnole, Arbeloa a également vécu une génération dorée, sacrée championne du monde en 2010 et double championne d’Europe en 2008 et 2012. Désormais, le défi est immense : maintenir le niveau d’exigence hérité de l’ère Xabi Alonso tout en imprimant sa propre marque. Pour de nombreux observateurs, Álvaro Arbeloa incarne un Real Madrid fidèle à ses valeurs, tourné vers l’avenir, mais profondément ancré dans son histoire. Une nomination qui suscite à la fois attentes élevées et espoirs renouvelés chez les supporters merengues.

Melchie Dumornay, la Grenadière qui fait rayonner Haïti sur la scène mondiale

À seulement 21 ans, Melchie Daëlle Dumornay continue d’écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du football haïtien. En remportant récemment le Ballon 433, une distinction décernée par le média international 433 pour saluer les performances et l’impact des joueuses les plus remarquables de leur génération, le milieu offensif haïtienne confirme son statut de star montante du football mondial. Originaire de Mirebalais, Melchie Dumornay incarne un parcours fait de sacrifices, de discipline et d’un talent brut exceptionnel. Très tôt, elle a dû faire face aux réalités difficiles du quotidien en Haïti, s’entraînant dans des conditions précaires, souvent sans infrastructures adéquates. Mais jamais ces obstacles n’ont freiné sa détermination. Au contraire, ils ont forgé une joueuse résiliente, travailleuse et profondément attachée à ses racines. Révélée au grand public lors de ses prestations éclatantes avec la sélection nationale haïtienne, notamment lors des éliminatoires et de la Coupe du monde féminine, Melchie Dumornay s’est imposée comme le moteur du jeu des Grenadières. Sa vision, sa capacité à éliminer, son sens du but et son intelligence tactique ont rapidement attiré l’attention des grands clubs européens. Aujourd’hui, sous les couleurs de l’Olympique Lyonnais, l’un des clubs les plus prestigieux du football féminin mondial, elle ne cesse de briller. Malgré une concurrence relevée et l’exigence du très haut niveau, Dumornay s’est intégrée avec maturité, enchaînant performances solides, buts décisifs et prestations remarquées en championnat comme en compétitions européennes. Son professionnalisme et son humilité sont régulièrement salués par ses entraîneurs et coéquipières. Mais au-delà des terrains européens, Melchie Dumornay reste profondément liée à son peuple. À chaque apparition avec la sélection haïtienne, elle joue avec le cœur, consciente de représenter bien plus qu’un maillot. Pour de nombreux Haïtiens, elle est devenue un symbole de fierté nationale, une source d’espoir dans un contexte souvent marqué par l’incertitude. Sur les réseaux sociaux comme dans les rues d’Haïti, le soutien populaire est constant. Chaque but, chaque distinction, chaque trophée remporté est vécu comme une victoire collective. Melchie Dumornay inspire une génération entière de jeunes filles et de jeunes garçons, prouvant que le rêve est possible, même en partant de loin. En portant haut le drapeau haïtien sur les plus grandes scènes du football mondial, Melchie Dumornay ne se contente pas de gagner des trophées. Elle redonne confiance à tout un peuple, rappelle la richesse du talent haïtien et trace la voie pour l’avenir. Une Grenadière, une battante, une fierté nationale.

Éliminatoires du Mondial U-17 : Kovsky Saint-Vil prend les rênes des jeunes Grenadiers

La Fédération Haïtienne de Football (FHF) a officiellement annoncé, le 12 janvier 2026, la nomination de Kovsky Saint-Vil au poste de sélectionneur de l’équipe nationale masculine U-17. Cette décision stratégique s’inscrit dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde FIFA U-17 Qatar 2026, une compétition cruciale pour l’avenir du football haïtien. Le nouveau sélectionneur aura pour mission de conduire les jeunes Grenadiers dans le groupe C, où Haïti sera opposée à Guatemala, pays hôte, ainsi qu’à Grenade et Antigua-et-Barbuda. Les rencontres se dérouleront intégralement sur le sol guatémaltèque, dans un contexte qui s’annonce compétitif et exigeant. Seule l’équipe terminant en tête du groupe obtiendra son billet pour la phase finale du Mondial U-17, prévue plus tard dans l’année au Qatar. Cette nomination intervient dans la continuité d’une dynamique encourageante pour la sélection haïtienne U-17. En effet, lors de la dernière Coupe du Monde U-17, Haïti avait marqué les esprits par sa qualification historique, confirmant les progrès notables réalisés au niveau de la formation des jeunes. Même si le parcours s’était arrêté prématurément face à des nations plus expérimentées, la participation haïtienne avait été saluée pour son engagement, sa discipline tactique et l’émergence de plusieurs talents prometteurs. Fort de cette expérience récente sur la scène mondiale, le football haïtien ambitionne désormais de s’installer durablement parmi les nations compétitives de la zone Concacaf dans les catégories de jeunes. C’est dans cette optique que la FHF a confié les rênes de la sélection à Kovsky Saint-Vil, technicien reconnu pour son travail avec les jeunes et sa connaissance du football local. Selon la Fédération, la préparation de l’équipe a déjà débuté à Port-au-Prince, sous la direction du nouveau staff technique. Les premières séances sont axées sur l’évaluation du groupe, la mise en place d’un cadre tactique clair et le renforcement de la cohésion collective, éléments indispensables pour aborder sereinement les éliminatoires. Au-delà de l’objectif immédiat de qualification, cette campagne U-17 représente un enjeu majeur pour l’avenir du football haïtien. Elle constitue une vitrine pour les jeunes talents du pays et un levier essentiel pour alimenter, à moyen terme, les sélections nationales supérieures. Avec Kovsky Saint-Vil à sa tête, la sélection haïtienne U-17 nourrit l’espoir de franchir un nouveau cap et de porter, une fois encore, les couleurs nationales sur la scène mondiale.

12 janvier 2010-12 janvier 2026 : seize ans après, l’État haïtien face à son échec

Seize ans se sont écoulés depuis le séisme du 12 janvier 2010, et pourtant, Haïti demeure dangereusement exposée à une catastrophe similaire. Ce jour-là, un tremblement de terre de magnitude 7.0 a frappé la région métropolitaine de Port-au-Prince, faisant plus de 220 000 morts, près de 300 000 blessés et laissant environ 1,5 million de personnes sans abri. Au-delà du choc humain, ce drame aurait dû constituer un électrochoc politique et institutionnel. Force est de constater que l’État haïtien a largement manqué ce rendez-vous avec l’histoire. Dans les semaines et les mois qui ont suivi la catastrophe, les promesses ont abondé. Reconstruction rapide, refondation de l’État, relogement des sinistrés, mise en place de normes parasismiques, planification urbaine moderne : le discours officiel se voulait ambitieux. Seize ans plus tard, le bilan est accablant. Le Palais national, symbole de la République, détruit en 2010, n’a toujours pas été reconstruit. Il reste l’image la plus frappante de l’incapacité de l’État à traduire ses engagements en actes concrets. Plus grave encore, aucune véritable politique nationale de prévention des risques sismiques n’a été mise en œuvre. Les villes continuent de s’étendre de manière anarchique. On construit partout, souvent sans permis, sans études techniques, sans respect des normes de sécurité. La construction anarchique, la bidonvilisation accélérée et l’absence d’un plan d’urbanisation appliqué exposent chaque jour des millions de citoyens à un danger mortel. Les mêmes causes produiront inévitablement les mêmes effets. Les quartiers populaires, souvent bâtis sur des zones à risque, concentrent cette vulnérabilité. L’État, absent ou complaisant, laisse faire. Les institutions chargées du contrôle du bâti sont soit inexistantes, soit inefficaces. Les normes parasismiques, quand elles existent sur le papier, ne sont presque jamais appliquées sur le terrain. Cette irresponsabilité collective, portée en premier lieu par les pouvoirs publics, équivaut à une mise en danger permanente de la population. Commémorer le 12 janvier ne doit pas se limiter à des discours, des drapeaux en berne ou des émissions spéciales. La mémoire des victimes exige des actes forts, des réformes structurelles et une volonté politique réelle. Seize ans après, l’État haïtien n’a toujours pas préparé le pays à faire face à un nouveau séisme. En cas de nouvelle secousse majeure, le scénario de 2010 risque de se répéter, avec son cortège de morts évitables. Honorer les victimes du 12 janvier, c’est refuser l’oubli, mais surtout refuser l’inaction. Sans prévention, sans planification urbaine, sans respect des normes, la commémoration restera un rituel vide, et la tragédie, une menace toujours imminente.

POLITIQUE

Transition politique en Haïti : la Concertation nationale appelle à un dialogue urgent pour éviter l’impasse institutionnelle

La Concertation nationale a rendu public, le 7 janvier 2026, un communiqué de presse lourd de sens dans le contexte politique particulièrement fragile que traverse Haïti. Prenant acte de la fin du quatrième mandat de la présidence tournante du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), exercée par Laurent Saint-Cyr, l’organisation tire la sonnette d’alarme sur les risques imminents de rupture institutionnelle à l’approche de l’échéance clé du 7 février 2026. Ce communiqué s’inscrit dans un climat national marqué par une insécurité persistante, une détérioration continue des conditions socioéconomiques et l’absence des garanties minimales nécessaires à l’organisation d’élections libres, inclusives et crédibles. Autant de facteurs qui fragilisent la transition en cours et nourrissent les inquiétudes d’une large frange de la population, déjà éprouvée par des années de crises politiques répétées. La Concertation nationale rappelle que l’Accord politique du 3 avril 2024, qui encadre le fonctionnement du CPT, excluait explicitement toute prolongation de mandat au-delà du 7 février 2026. Dès lors, toute ambiguïté ou improvisation autour de cette date pourrait plonger le pays dans une nouvelle zone d’incertitude institutionnelle, avec des conséquences potentiellement graves pour la stabilité de l’État. Face à cette situation, l’organisation plaide pour l’ouverture urgente d’un dialogue national franc, inclusif et responsable. L’objectif affiché est clair : garantir la continuité de l’État, éviter une rupture institutionnelle et répondre aux attentes profondes de la population haïtienne. Dans cette perspective, la Concertation nationale propose de repenser l’architecture de la transition autour d’un modèle bicéphale, articulé entre une direction politique chargée de la concertation et de l’orientation stratégique, et un pouvoir exécutif pleinement opérationnel. Selon le communiqué, le pôle exécutif pourrait être confié à une entité consensuelle assurant la présidence, appuyée par un Premier ministre issu de la société civile. Ce dernier devrait maîtriser les rouages de l’administration publique, faire preuve de neutralité, de compétence et d’un engagement sans faille envers l’intérêt général. Une telle configuration viserait à renforcer l’efficacité de l’action publique, clarifier les responsabilités et restaurer la confiance nationale. En appelant l’ensemble des forces vives du pays à privilégier le dialogue, la retenue et l’intérêt supérieur de la Nation, la Concertation nationale se positionne comme un acteur plaidant pour une sortie de crise fondée sur le consensus, la responsabilité collective et l’innovation institutionnelle. Dans un contexte où chaque décision compte, ce communiqué résonne comme un avertissement, mais aussi comme une invitation à repenser la transition pour éviter qu’Haïti ne s’enlise une fois de plus dans une crise politique sans issue.

Haïti : vers un retour à l’ordre constitutionnel le CPT adopte le décret électoral, un pari audacieux en pleine crise

Port-au-Prince, 2 décembre 2025 Ce 1er décembre, en plein tumulte national, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a franchi une étape décisive : le gouvernement, réuni en Conseil des Ministres sous la présidence de Laurent Saint-Cyr, a adopté à l’unanimité le projet de décret électoral. Cette initiative marque une volonté affichée avec détermination de revenir à un ordre constitutionnel, fragilisé depuis plusieurs années. Le décret, désormais approuvé, trace les grandes lignes du processus électoral à venir : calendrier, mécanismes d’organisation, garanties de transparence, délais précis… Autant d’éléments qui, sur le papier, semblent répondre aux attentes d’une population assoiffée de démocratie et de stabilité. Le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, ainsi que les membres du gouvernement, ont réaffirmé leur engagement à mobiliser l’ensemble des ressources de l’État pour rendre possible des élections « inclusives, sécurisées et crédibles » dans les plus brefs délais. « Le cap est désormais clairement fixé : la priorité absolue est l’organisation imminente des élections. » Déclaration du Premier ministre. La publication prochaine du décret dans Le Moniteur, journal officiel de la République d’Haïti, constitue un signal important : le CPT et le gouvernement entendent à nouveau donner à la population la parole, après près d’une décennie sans scrutins nationaux. Depuis 2016, le pays n’a plus organisé d’élections générales, et l’assassinat du président en 2021, suivi de l’effondrement des institutions, a plongé la nation dans une crise politique profonde. Selon des sources proches du dossier, ce décret prévoit un calendrier électoral longuement attendu ; mais reste soumis aux conditions d’un retour au moins partiel de la sécurité, un défi majeur dans le contexte actuel. Le défi est colossal. Depuis des mois, Haïti traverse une crise multidimensionnelle : institutionnelle, économique, sécuritaire. Les groupes armés selon les Nations unies ont pris le contrôle de vastes pans du territoire, paralysant l’action de l’État. Pour que les ambitions d’aujourd’hui deviennent réalité demain, il faudra bien plus qu’un texte promulgué : il faudra un climat de sécurité retrouvé, des institutions réformées, et une volonté collective citoyenne, étatique et internationale de reconstruire l’État haïtien. Tandis que les jours passent, les Haïtiens subissent toujours les effets d’une crise systémique : insécurité, déplacement de populations, pauvreté aiguë, effondrement des services publics et défiance vis-à-vis des élites. Le décret électoral, s’il est une lueur, apparaît aussi comme un test : celui d’une transition enfin capable de tenir parole, dans un pays qui a aspiré tant de fois à revivre, à voter, à décider. Si le CPT et le gouvernement parviennent à transformer ce texte en actions concrètes sécurisation du territoire, réhabilitation des institutions, transparence financière, participation citoyenne alors Haïti pourrait enfin amorcer une nouvelle ère. Sinon, cette promesse d’élections risque fort de s’ajouter à la longue liste des promesses non tenues. Dans ce contexte, le rôle du CPT, et par conséquent celui du décret électoral, suscitent une forte défiance. Beaucoup craignent qu’à défaut de rétablir la sécurité, le processus électoral tourne à vide, voire à nouveau perdure dans des manipulations et des fraudes. Des observateurs nationaux comme internationaux soulignent qu’un calendrier électoral, sans garantie de sécurité, risque d’être un simple exercice symbolique. Selon eux, ce sont les racines de la crise absence d’État effectif, infiltration des gangs, défaillance des institutions de contrôle qu’il faudra traiter en priorité pour garantir des élections crédibles. Pour beaucoup d’Haïtiens, ce décret est d’abord un geste d’espoir. Après des années d’incertitude, d’illégitimité institutionnelle, de pression internationale et de violence, l’idée d’une « sortie par les urnes » suscite un regain de confiance. Mais ce pari reste fragile : selon des sources internes, le calendrier proposé pourrait placer le premier tour des élections vers la fin 2026 une échéance lointaine qui impose aux autorités de maintenir le cap, malgré les pressions, le scepticisme, et l’urgence sociale.

L'État, ce fantôme qui compte les morts en jouant avec nos vies

Port-au-Prince - C'est une nuit comme les autres, désormais. Une nuit haïtienne. Sous le ciel de Canaan, les balles tissent leur poésie macabre, pendant que dans les salons climatisés du pouvoir, on parle de "stabilité". Stabilité de quoi ? De la progression méthodique des gangs ? De l'hémorragie constante des innocents ? Fritz Alphonse Jean, ce Cassandre en costard, ose dire tout haut ce que la rue murmure dans la terreur : l'État est devenu un spectateur élégant, un comptable minutieux qui additionne les morts en sirotant son café. Le budget "guerre" ? Un mirage, une farce cruelle, une coquille vide qui résonne du rire des armes. Regardez bien, mes frères, regardez ce miracle haïtien : on vote des milliards pour la sécurité, et pour résultat, on obtient des enfants qui apprennent à distinguer les calibres des armes avant même de savoir lire. On a des ministres qui parlent de "normalisation" pendant que des familles fuient sous une pluie d'obus, leurs vies tenues dans un sac plastique. Oh, la belle stabilité ! Celle qui permet aux gangs de s'organiser en entreprises florissantes, pendant que l'État s'enlise dans des réunions stériles. La belle capacité ! Celle qui transforme des quartiers entiers en champs de bataille, et des citoyens en réfugiés de l'absurde. Écoutez le poème surréaliste de notre réalité : d'un côté, les autorités qui peignent en rose une apocalypse ; de l'autre, Fritz Alphonse Jean qui ose rappeler que l'empereur est nu, que le roi est fou, que le pays saigne et que personne ne semble voir le sang. Quelle terrifiante comédie ! On nous vole notre sécurité, on pille nos espoirs, on assassine notre avenir - et pendant ce temps, le gouvernement distribue des médailles... à lui-même. Le plus révoltant dans cette tragédie ? Ce n'est pas la violence des gangs, non. C'est cette violence d'État, cette violence silencieuse, cette incapacité organisée, cette inertie mortifère qui nous regarde mourir en haussant les épaules. La nuit tombe sur Port-au-Prince. Quelque part à Pont Sondé, une balle perdue cherche un destin. Quelque part au Palais, un communiqué se prépare. Entre les deux, il y a tout un peuple qui attend. Qui attend quoi ? Un miracle ? Un sursaut ? Ou simplement que le théâtre de l'horreur ferme enfin ses portes ? Le sang est leur encre, la terreur leur langage, et nos vies... nos vies ne sont que le brouillon sur lequel ils écrivent leur échec.

Haïti : Le Président du Conseil Présidentiel de Transition appelle à l’unité pour éviter une nouvelle crise institutionnelle

Port-au-Prince, 26 novembre 2025 — Dans une lettre solennelle adressée aux membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le Président du CPT, Laurent Saint-Cyr, a lancé un appel pressant à l’unité, à la sagesse et à la responsabilité nationale, alors que le pays se trouve à un tournant particulièrement fragile de son processus de transition. Ce message intervient dans un climat politique tendu, marqué par des tentatives internes visant à provoquer un changement de gouvernement, notamment par la révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Ces initiatives, selon le Président du CPT, constituent une menace sérieuse pour la stabilité du pays et risquent de compromettre les efforts entrepris depuis plusieurs mois pour restaurer la sécurité, assurer le fonctionnement des institutions et préparer les élections de 2026. Dans sa correspondance, Laurent Saint-Cyr ne cache pas son inquiétude face aux « décisions majeures » envisagées au sein du Conseil, qu’il estime contraires à l’intérêt supérieur de la Nation. Il avertit que tout bouleversement à la tête du gouvernement mettrait en péril les progrès déjà réalisés et fragiliserait une institution déjà éprouvée par des crises successives. Il insiste : « Haïti mérite un leadership responsable, lucide et courageux (…) Il est impératif de rétablir l’ordre démocratique et d’ouvrir la voie à la stabilité afin d’enclencher enfin les grandes réformes indispensables. » Pour le président du CPT, la responsabilité collective exige de résister aux pressions politiques, aux calculs individuels et aux initiatives improvisées qui pourraient détourner le pays de sa trajectoire déjà fragile. L’alerte de Laurent Saint-Cyr s’inscrit dans une réalité nationale critique. En 2025, Haïti traverse l’une des périodes les plus complexes de son histoire récente : • L’insécurité persistante, avec des zones entières contrôlées par des groupes armés. • La fragilité institutionnelle, due à plus de cinq ans d’absence d’élections régulières. • L’effritement de la confiance citoyenne, aggravé par la multiplication des crises politiques internes. • La pression internationale, particulièrement depuis la mobilisation de la Force de Répression des Gangs (FRG) et des partenaires étrangers pour tenter de stabiliser le pays. Dans ce contexte, le moindre déséquilibre au sommet de l’État peut provoquer des répercussions en cascade. Le Président du CPT semble pleinement conscient de cette réalité, rappelant que le pays ne peut « rester prisonnier de transitions qui n’en finissent pas ». Dans sa lettre, Saint-Cyr rappelle son engagement depuis son entrée en fonction : instaurer un climat de collégialité, garantir le dialogue interne et maintenir une collaboration constructive entre les deux branches de l’Exécutif la Présidence et la Primature. Mais ces efforts, dit-il, sont aujourd’hui menacés. Il déplore que « malgré de longues heures de discussions et de tentatives de consensus », certains acteurs du Conseil envisagent des actions susceptibles de « saper les efforts » en cours pour conduire le pays à de véritables avancées. Ce rappel à l’ordre vise non seulement les membres du CPT, mais aussi les acteurs politiques et les groupes de pression qui, selon plusieurs observateurs, tentent d’influencer le cours de la transition à travers stratégies, alliances et rivalités. Le Président du CPT affirme que sa position reste inchangée : il ne s’associera à aucune démarche allant à l’encontre des principes fondamentaux de stabilité, de démocratie et de respect des institutions. Il réitère que son rôle et celui de chaque membre du Conseil est de protéger l’équilibre institutionnel afin de garantir au pays : • La tenue des élections attendues pour 2026 ; • Le maintien d’un minimum de sécurité, grâce notamment aux actions conjointes de la Primature et de la Présidence ; • La continuité des réformes nécessaires à la transition ; • Le fonctionnement optimal du Conseil Électoral Provisoire ; • La préservation de l’intégrité de l’État face aux influences externes et internes. « Nous devons garder le cap », insiste-t-il, rappelant que la Nation n’attend plus de discours, mais des résultats. Dans la dernière partie de sa correspondance, Laurent Saint-Cyr adopte un ton encore plus grave : « Toute démarche qui nous éloigne [des urgences nationales] fragilise notre avenir collectif. » Il appelle les membres du CPT à faire preuve de maturité politique, d’abnégation et d’un sens profond du devoir envers la Nation. Pour lui, seul un sursaut collectif permettra d’éviter l’éclatement d’une nouvelle crise qui plongerait Haïti dans davantage d’incertitudes. Il conclut en affirmant sa détermination à servir avec « honneur, loyauté, intégrité et respect », renouvelant l’engagement de guider le pays vers les urnes et vers une nouvelle dynamique nationale. En publiant cette correspondance, le Chef du CPT prend une position forte. Son message apparaît comme un appel à sauver la transition d’elle-même, à empêcher les tiraillements internes de dérailler le processus, et à rappeler que la stabilité du pays ne peut être un enjeu partisan. Avec les élections qui approchent, l’insécurité qui persiste, et une population épuisée par des années d’instabilité, la lettre de Laurent Saint-Cyr pourrait bien devenir un document de référence dans l’histoire récente d’Haïti un rappel solennel que le leadership, dans les moments critiques, consiste d’abord à empêcher le pire pour rendre le meilleur possible.

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