CULTURE

Citadelle : démission choc de Jean Garry Denis, le gouvernement acculé par ses propres défaillances

Un séisme politique ébranle les plus hautes sphères de l’État après le drame de la Citadelle Laferrière. La démission fracassante de Jean Garry Denis, adressée au Premier ministre intérimaire Alix Didier Fils-Aimé, met à nu les failles profondes d’un système incapable d’assurer la protection du patrimoine national. Dans une correspondance officielle datée du 13 avril 2026 et adressée au chef du gouvernement, l’ex-directeur général du ministère de la Culture et de la Communication annonce sa démission avec effet au plus tard le 1er mai 2026. Il évoque une décision « mûrement réfléchie », motivée par des constats personnels profonds. Au cœur de sa lettre, un désaccord de fond apparaît clairement : Jean Garry Denis dénonce une incompatibilité entre ses convictions notamment en matière de protection des biens culturels, de valorisation de l’identité nationale et de financement des activités culturelles et l’orientation stratégique actuellement adoptée au sein du ministère. Il affirme, en substance, qu’il lui est impossible de travailler avec conviction dans un tel cadre. Derrière la prudence du langage administratif, le message est sans équivoque : c’est un désaveu direct de la gouvernance actuelle. Une rupture nette qui intervient dans un contexte de crise, quelques jours seulement après le drame survenu à la Citadelle. Car la question centrale demeure : comment un site aussi emblématique a-t-il pu être laissé sans encadrement suffisant ? Pourquoi aucune mesure préventive sérieuse n’a-t-elle été mise en place ? Et surtout, pourquoi l’État semble-t-il incapable de fournir des réponses claires après une tragédie d’une telle ampleur ? La démission de Jean Garry Denis agit comme un révélateur brutal d’un dysfonctionnement plus large. Elle met en lumière un État qui peine à protéger ses symboles, à anticiper les risques et à assumer ses responsabilités. Dans l’opinion publique, la pression s’intensifie. Plusieurs voix exigent désormais des mesures concrètes et des sanctions immédiates. Le ministre de la Culture et de la Communication, la ministre du Tourisme, le ministre de l’Intérieur ainsi que le directeur général de l’ISPAN sont directement pointés du doigt, certains appelant ouvertement à leur départ. Au-delà des individus, c’est toute une culture de gouvernance qui est remise en cause : une gestion réactive plutôt que préventive, une communication floue, et une absence persistante de reddition de comptes. Ce nouvel épisode dépasse le cadre d’une simple démission. Il s’agit d’un test majeur pour un pouvoir fragilisé, désormais sommé de prouver qu’il peut encore assumer ses responsabilités. Faute de quoi, la crise de confiance pourrait atteindre un point de rupture irréversible.

RTVHAITI INVESTIGATION DOSSIER SPÉCIAL CITADELLE HENRY : COMPRENDRE UN DRAME HUMAIN ET INSTITUTIONNEL

INTRODUCTION GÉNÉRALE Le 11 avril 2026, la Citadelle Henry, symbole majeur du patrimoine historique haïtien, a été le théâtre d’un drame marqué par une bousculade ayant entraîné des pertes en vies humaines. À partir du rapport officiel de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (,"ISPAN","Institut de Sauvegarde du Patrimoine National"]), ce dossier de RTVHAITI INVESTIGATION propose une lecture complète et structurée des événements. L’objectif n’est pas de juger, mais de comprendre : comprendre comment une journée de visite a basculé dans une situation de crise, et pourquoi les mécanismes de prévention n’ont pas suffi à empêcher le drame. UNE JOURNÉE QUI BASCULE Ce qui devait être une journée de fréquentation touristique normale s’est transformé en un événement de forte affluence difficile à maîtriser. Selon le rapport de l’ISPAN, la Citadelle Henry a connu une arrivée massive de visiteurs, principalement des jeunes, dans un contexte post-Semaine sainte. Cette affluence aurait été amplifiée par des appels diffusés sur les réseaux sociaux, sans coordination préalable avec les institutions responsables de la gestion du site. Très rapidement, le site s’est retrouvé dans une situation de tension progressive, sans dispositif pleinement adapté à l’intensité du flux. L’ENGRENAGE SUR LE TERRAIN Face à l’afflux croissant, des agents municipaux ont été déployés aux entrées du site. Le rapport indique que leur intervention s’est principalement concentrée sur le contrôle des accès, dans un contexte de forte pression humaine. Progressivement, la configuration des entrées est devenue problématique : une seule voie de passage est restée fonctionnelle, tandis qu’une autre porte était fermée. Aucune séparation claire n’a été mise en place entre les personnes entrant et celles sortant. Dans ces conditions, deux mouvements contraires se sont retrouvés face à face au même point de passage. LE MOMENT CRITIQUE Au fil des heures, la situation s’est tendue. Des visiteurs tentaient de quitter le site, tandis que d’autres cherchaient encore à y entrer. La pluie est venue compliquer davantage les déplacements, rendant les mouvements plus lents et plus difficiles. Le point d’accès principal a progressivement atteint un niveau de saturation critique. C’est dans ce contexte qu’une bousculade s’est produite, entraînant des pertes en vies humaines et des blessés. CE QUE LE RAPPORT MONTRE SUR LE FOND Au-delà de l’événement lui-même, le rapport met en lumière plusieurs réalités structurelles. Il ressort notamment que le site ne disposait pas d’un dispositif permanent suffisamment structuré pour gérer ce type d’affluence exceptionnelle. La gestion impliquait plusieurs acteurs institutionnels, mais sans véritable coordination unifiée capable de prendre le relais en situation de crise. Le système de gestion des flux, élément central dans ce type d’infrastructure, n’était pas suffisamment opérationnel pour absorber une montée rapide de fréquentation. UNE ALERTE AVANT LE DRAME Le rapport rappelle qu’une alerte avait été formulée dès le 20 mars 2026 par les services de l’ISPAN. Cette alerte signalait le risque d’une affluence importante et recommandait un renforcement du dispositif de sécurité, ainsi qu’une meilleure organisation des flux de visiteurs. Cependant, selon les éléments disponibles, ces recommandations n’ont pas été entièrement traduites en dispositif opérationnel sur le terrain. UNE COORDINATION FRAGILE La gestion du site repose sur plusieurs institutions : autorités nationales, autorités locales et forces de sécurité. Dans la pratique, cette organisation n’a pas toujours permis une coordination fluide et rapide au moment de la montée de la crise. Le rapport décrit ainsi une situation où chaque acteur intervient dans son champ de compétence, mais sans mécanisme unifié de commandement en situation d’urgence. ENTRE GESTION ADMINISTRATIVE ET EXIGENCE DE SÉCURITÉ Dans la dynamique de l’événement, la gestion des accès a joué un rôle central. Les opérations sur le terrain ont combiné contrôle des entrées et contraintes organisationnelles, dans un contexte de forte affluence. L’absence de séparation des flux entrants et sortants a contribué à créer une situation de blocage progressif au niveau des passages. UNE NOUVELLE RÉALITÉ : L’EFFET DES RÉSEAUX SOCIAUX Le rapport met également en évidence un facteur devenu incontournable dans la gestion des foules modernes : les réseaux sociaux. Une mobilisation rapide, spontanée et massive peut désormais transformer en quelques heures un site touristique en zone de forte pression humaine. Cette réalité impose de nouveaux outils de veille et d’anticipation, encore insuffisamment développés. CE QUI RESTE À ÉCLAIRCIR Malgré les éléments disponibles, plusieurs zones restent encore à préciser dans le cadre des enquêtes en cours : Les décisions exactes prises au moment de la restriction des accès ; -Le niveau réel de coordination entre les différents acteurs ; -L’application effective des recommandations formulées avant l’événement ; -Les modalités de gestion de la foule au moment critique ; -Le rôle précis des dynamiques de mobilisation en ligne. Ces éléments nécessitent des investigations complémentaires. CONCLUSION GÉNÉRALE Le drame de la Citadelle Henry ne peut être réduit à un seul facteur. Il résulte d’une combinaison de conditions humaines, organisationnelles et institutionnelles qui, ensemble, ont dépassé la capacité de gestion du site. Au-delà des responsabilités individuelles, cet événement met en lumière une question essentielle : comment adapter la gestion des sites patrimoniaux haïtiens à des dynamiques de fréquentation de plus en plus rapides, imprévisibles et amplifiées par le numérique ? RTVHAITI INVESTIGATION

Fantom choisit Limonade : le retour d’un souffle sur Haïti

La pluie tombe, le sol tremble, et une voix traverse les nuages : Fantom revient en Haïti. Limonade n’est pas sa naissance, mais elle devient son choix, son refuge, son nouveau royaume. Sous une pluie battante, le vent emporte les échos d’un exil trop long. Fantom, légende du Barikad Crew, se tient là, sur une scène trempée, et chaque goutte semble danser avec ses mots. Il n’est pas né ici, mais aujourd’hui, il adopte Limonade. La ville devient sa racine, son port, le sol où il déposera ses rêves et ses rimes. Les années passées en République dominicaine ont laissé leurs cicatrices : arrestation, détention, frontières fermées. Mais derrière la peur, une force silencieuse a grandi. Sur scène, sous la pluie, cette force éclate en notes et en vers. La ville retient son souffle. Chaque parole est une libération, chaque pas une déclaration : « Je choisis ce pays, je choisis cette ville, je choisis de revenir. » Fantom ne ramène pas seulement sa musique : il transporte ses espoirs, ses luttes et sa lumière. Limonade devient alors plus qu’un lieu : un symbole, un théâtre où la résilience prend forme, où la musique devient manifeste, où chaque goutte de pluie se fait applaudissement. Adopter Limonade, c’est transformer l’exil en retour, la pluie en rythme, et la ville en maison. Fantom n’est plus seulement un artiste : il est un souffle nouveau sur Haïti, une invitation à croire que choisir, revenir et rêver sont des actes de courage.

Décès de Dieudonné Larose : Haïti perd une voix majeure de sa mémoire musicale

La musique haïtienne est en deuil. Le vendredi 9 janvier 2025, Dieudonné Larose, figure emblématique du compas et de la musique populaire haïtienne, s’est éteint, laissant derrière lui une œuvre riche et un héritage profondément ancré dans la mémoire collective. L’annonce de sa disparition a suscité une vive émotion à travers le pays, au point que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a publié une note officielle de sympathie saluant la contribution exceptionnelle de l’artiste à la culture nationale. À travers ses chansons, Dieudonné Larose s’était imposé comme une voix incontournable de la scène musicale haïtienne. Son talent, reconnu tant par le public que par ses pairs, lui a permis de traverser les générations, touchant aussi bien les amateurs de compas traditionnel que les jeunes mélomanes. Ses textes, souvent empreints de sensibilité, d’amour et de réalisme social, reflétaient les joies, les douleurs et les espoirs du peuple haïtien. Le CPT, dans sa note de sympathie, souligne que Dieudonné Larose n’était pas seulement un musicien, mais un porteur de mémoire et d’identité. Sa musique, devenue au fil du temps un repère culturel, continuera de résonner « comme un chant d’amour pour Haïti et pour l’humanité ». Une reconnaissance institutionnelle qui témoigne de l’impact durable de l’artiste bien au-delà de la scène musicale. La disparition de Dieudonné Larose laisse un vide immense, non seulement au sein de sa famille et de ses proches, mais aussi dans toute la communauté artistique haïtienne. Pour de nombreux musiciens, il représentait un modèle de rigueur, de créativité et de fidélité à l’authenticité musicale haïtienne. Son parcours inspire aujourd’hui une nouvelle génération appelée à préserver et renouveler cet héritage culturel. Au-delà de l’émotion, la mort de Dieudonné Larose relance également le débat sur la préservation du patrimoine musical haïtien et la reconnaissance des artistes de leur vivant. Dans un pays confronté à de multiples crises, la culture demeure l’un des rares espaces de résistance, de cohésion et d’espoir. Les œuvres de Larose s’inscrivent pleinement dans cette dynamique, rappelant que la musique reste une force de rassemblement et d’affirmation identitaire. En adressant ses condoléances à la famille de l’artiste, à ses amis, à ses collègues musiciens et aux mélomanes, le Conseil Présidentiel de Transition a exprimé le sentiment partagé par toute une nation. Si Dieudonné Larose n’est plus physiquement parmi nous, son héritage artistique, lui, est appelé à traverser le temps. Comme beaucoup de grandes figures de la musique haïtienne, Dieudonné Larose entre désormais dans l’histoire. Une histoire faite de notes, de paroles et d’émotions, qui continueront d’inspirer Haïti et ses générations futures.

Videos pub

SANTé

Guerlency Michel : un médecin haïtien au service de la santé publique

Originaire d’Haïti, Guerlency Michel a commencé sa carrière dans son pays, où il a travaillé auprès de populations confrontées à d’importantes difficultés sanitaires et sociales. Entre 2013 et 2019, il a notamment exercé au Centre de santé mentale de Morne Pelé, au Cap-Haïtien. Cette expérience a nourri son intérêt pour les enjeux de santé publique et pour les conséquences des crises sur les communautés les plus vulnérables. Son parcours professionnel l’a ensuite conduit en Belgique, où il s’est spécialisé dans le domaine de la transfusion sanguine. Cette discipline joue un rôle essentiel dans les hôpitaux, notamment pour assurer la disponibilité, la qualité et la sécurité du sang destiné aux patients. Une expertise dans la transfusion sanguine Guerlency Michel exerce des responsabilités dans le secteur de la collecte des produits sanguins. Son travail consiste notamment à superviser les opérations de collecte, à coordonner les équipes médicales et infirmières et à veiller au respect des normes de sécurité. Il intervient également dans le domaine de l’hémovigilance. Cette activité permet de suivre le parcours des produits sanguins, depuis leur prélèvement jusqu’à leur administration au patient. Elle contribue à prévenir les incidents, à analyser les réactions indésirables et à améliorer continuellement la sécurité des transfusions. Derrière chaque don de sang se trouve une organisation complexe et rigoureuse. La mission des professionnels comme Guerlency Michel est de garantir la confiance des donneurs et la protection des patients. Son travail exige une grande précision, un sens élevé des responsabilités et une collaboration constante avec les établissements de santé. Un chercheur engagé sur les réalités haïtiennes En 2020, Guerlency Michel a consacré un mémoire à la vulnérabilité sanitaire et sociale en Haïti pendant la crise de la COVID-19. Dans le cadre de cette recherche menée à l’Université de Liège, il s’est intéressé aux conséquences de la pandémie sur la population haïtienne et aux difficultés rencontrées par les professionnels de santé. Son étude s’appuyait notamment sur des entretiens avec des professionnels impliqués dans la prise en charge de la COVID-19 ainsi que sur une enquête menée auprès de plus d’un millier de personnes en Haïti. Cette recherche souligne l’importance de mieux préparer les systèmes de santé aux situations d’urgence. Elle met également en évidence le lien entre la pauvreté, les inégalités sociales, l’accès aux soins et la capacité d’un pays à faire face à une crise sanitaire. Un parcours qui honore la diaspora haïtienne Le parcours de Guerlency Michel illustre la contribution de nombreux professionnels haïtiens établis à l’étranger. Dans les hôpitaux, les universités, les laboratoires et les institutions publiques, la diaspora haïtienne participe au développement des sociétés qui l’accueillent. Son expérience témoigne également de l’importance de la formation et de la spécialisation. En investissant dans ses compétences, il a réussi à intégrer un secteur médical exigeant et à y exercer des responsabilités importantes. Mais son parcours ne se limite pas à une réussite professionnelle. Son intérêt pour les questions sanitaires en Haïti montre qu’il reste attentif aux réalités de son pays d’origine. Ses recherches et son expérience peuvent contribuer à nourrir les réflexions sur la prévention, la gestion des crises et l’amélioration des soins. Un modèle pour la jeunesse Guerlency Michel représente une source d’inspiration pour les jeunes Haïtiens qui souhaitent entreprendre des études dans les domaines de la médecine, de la recherche et de la santé publique. Son itinéraire montre que la persévérance, la discipline et la formation peuvent ouvrir des perspectives internationales. Il rappelle également que réussir à l’étranger ne signifie pas oublier ses origines. Au contraire, l’expérience acquise dans la diaspora peut devenir un outil pour mieux comprendre les défis d’Haïti et contribuer à la recherche de solutions. Une contribution au service de la vie À travers son travail dans la médecine transfusionnelle et ses recherches sur les crises sanitaires, Guerlency Michel s’inscrit dans une démarche fondée sur la prévention, la rigueur et la protection de la vie humaine. Son parcours entre Haïti et la Belgique mérite d’être connu et valorisé. Il illustre le potentiel de la diaspora haïtienne et la contribution de ses professionnels dans des domaines essentiels. Guerlency Michel incarne ainsi une génération de médecins et de chercheurs haïtiens qui mettent leur compétence au service des autres, tout en portant avec responsabilité et fierté le lien avec leur pays d’origine.

Scandale médical : une mineure contaminée au VIH, l’OPC exige des sanctions immédiates

Le soleil tape sur la cour de l’hôpital Nos Petits Frères et Sœurs. Des parents, des enfants, des silhouettes fatiguées attendent sous la chaleur. Rien, absolument rien, dans cette scène ordinaire ne laisse deviner qu’ici, il y a sept ans, la vie d’une enfant a basculé. En 2018, une fillette de 10 ans avait été admise pour un soin banal. Quelques heures plus tard, une transfusion lui était administrée. Ce jour-là, dans une salle froide, un geste censé la sauver a bouleversé son futur. Aujourd’hui, devenue adolescente, elle porte encore les conséquences d’une erreur médicale que l’hôpital a reconnue peu après les faits, sans jamais réellement réparer le tort causé. Une famille brisée dans le silence Dans le quartier où la jeune fille vit toujours, les voisins évoquent une famille discrète, épuisée mais digne. L’un d’eux confie, presque en murmurant : « Sa maman ne parle pas beaucoup… mais on voit que cette histoire leur pèse. Ils ont cherché de l’aide partout. C’est comme s’ils avaient crié longtemps dans un espace où personne ne répondait. » Depuis le drame, la famille a dû apprendre à vivre avec un poids qu’elle n’a jamais choisi : consultations, médicaments, rendez-vous, fatigue, inquiétudes, regards parfois lourds. Tout cela dans un pays où les structures d’accompagnement sont souvent inexistantes. L’OPC brise enfin le mur Sept ans après, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a décidé d’agir. Dans une lettre ferme adressée au ministère de la Santé publique, le Protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, exige des sanctions immédiates et une réparation juste pour la jeune fille et ses proches. Pour lui, ce cas représente bien plus qu’une faute médicale : c’est une atteinte directe à la dignité, aux droits et à l’avenir d’une adolescente qui ne méritait que protection. « Ce n’est pas un accident isolé » Un professionnel du secteur médical, touché mais prudent, lâche : « Dans nos hôpitaux, les équipes font ce qu’elles peuvent… mais parfois, le système laisse passer l’irréparable. Et quand ça arrive, les familles restent seules. ». Cette phrase résume la réalité que l’OPC veut mettre en lumière : les contrôles insuffisants, les mécanismes de suivi défaillants, le manque d’encadrement, et surtout le silence qui entoure ces cas. Dans sa correspondance, l’OPC parle même d’autres situations similaires, étouffées par l’absence d’accompagnement pour les victimes. Une adolescence volée Pour la jeune fille, la vie a pris un tournant que ni elle ni sa famille n’avaient imaginé. Les rêves d’enfant, les ambitions scolaires, l’insouciance… tout cela s’est heurté à une réalité douloureuse. Un proche de la famille raconte : « Ce n’est pas seulement une maladie. C’est le choc, la honte qu’on impose, la peur du lendemain, l’injustice. Elle n’a rien demandé… elle voulait juste guérir. » Dans les couloirs de l’hôpital, le contraste est brutal : les files d’attente, les pas pressés, les pleurs parfois… Et au milieu, l’histoire d’une adolescente qui rappelle ce que peut coûter une seule négligence. Un pays face à un choix moral Ce drame n’est pas un cas isolé, mais il devient un symbole. Un symbole de ce que vit une population qui ne demande que des soins sûrs, respectueux, encadrés. Pour l’OPC, l’heure n’est plus aux excuses. Il faut des sanctions, oui. Mais il faut surtout redonner à cette jeune fille et à toutes les autres victimes possibles la place qu’elles méritent : celle d’êtres humains auxquels l’État doit protection, transparence et justice. Un appel à la conscience collective Ce cas rappelle une vérité sensible : derrière chaque faute médicale se cache une vie, une famille, une histoire. Et derrière chaque silence institutionnel, il y a une souffrance qui s’alourdit. Le drame de Tabarre doit devenir un tournant. Pas seulement pour sanctionner, mais pour reconstruire. Pour que les hôpitaux soient des lieux de guérison, pas des lieux où une simple erreur peut briser une enfance.

Nathacha Rosier : l’infirmière qui transforme des vies et inspire tout un peuple

Dans le Sud d’Haïti, là où les routes s’effacent entre montagnes et ravines, une femme illumine les villages et réinvente la santé avec courage, vision et passion. Nathacha Rosier n’est pas seulement une infirmière diplômée : elle est une force de transformation, une entrepreneure sociale audacieuse, et une leader communautaire engagée. Chaque jour, elle incarne ce que signifie véritablement servir, protéger et inspirer. Depuis ses débuts à Maniche, elle a choisi un chemin rare : mettre la santé et le bien-être au cœur de sa mission, en allant au-delà des murs des institutions, là où les patients sont le plus vulnérables. Diplômée en sciences infirmières en 2020 à l’Université Notre Dame d’Haïti et licenciée par le MSPP en 2021, elle a très vite démontré que la compétence seule ne suffit pas : il faut la passion, l’audace, la créativité et le courage pour transformer une communauté. Une vision audacieuse et un engagement sans faille Nathacha n’attend pas que les solutions viennent des autres. Elle crée, innove et agit. Février 2021 : Elle fonde Miss Nathou Resto, promouvant une alimentation saine, naturelle et accessible. Août 2021 : Après le séisme, elle organise la cuisson et la distribution de repas pour les familles sinistrées, apportant soutien et espoir en temps de crise. Décembre 2021 : Elle rejoint le centre de santé de Maniche, développant des programmes de prévention et de dépistage, touchant des centaines de femmes et d’hommes. Cette capacité à anticiper, innover et agir est l’une des qualités majeures qui fait d’elle une entrepreneure à succès : vision claire, leadership, audace et persévérance. Une clinique mobile, un pont vers l’espoir En août 2024, elle transforme son rêve en réalité : sa propre clinique à domicile, sillonnant les villages les plus reculés de Maniche, Camp Périn, Guilgo, Coraux, Saint-Louis, Cavaillon et Bananier. Depuis, elle a soigné près de 200 patients, franchissant ravines et chemins impraticables, chaque trajet étant un acte de courage, chaque geste posé un acte d’humanité. Chaque vie sauvée est un trophée, chaque sourire retrouvé un triomphe sur l’adversité. Les familles pleines de gratitude témoignent que Nathacha ne sauve pas seulement des corps, mais redonne la confiance et la dignité. Leadership et impact durable Pour amplifier son action, Nathacha fonde en juin 2025 l’OPSED’S (Organisation des Professionnels Sanitaires Engagés pour le Développement du Sud). Cette initiative fédère les professionnels de santé autour d’un objectif clair : protéger, éduquer et renforcer la communauté. Juillet 2025 : Formation de plus de 100 habitants aux gestes de premiers secours. Août 2025 : Organisation d’une clinique mobile gratuite, offrant des soins primaires à tous. Ces réalisations témoignent de son esprit stratégique, de sa discipline et de sa capacité à mobiliser et inspirer. Elle combine la vision d’une leader, le courage d’une aventurière et la sensibilité d’une humaniste. Un modèle universel d’excellence Nathacha Rosier est bien plus qu’une infirmière : elle est un exemple vivant de ce qu’une entrepreneure, un leader et une humaniste peuvent accomplir. Elle allie : -Vision et audace pour créer des solutions innovantes. -Persévérance et résilience face aux obstacles. -Leadership et capacité à inspirer ceux qui l’entourent. -Compassion et humanité pour transformer chaque vie en victoire. Elle milite pour un hôpital digne à Maniche, capable de traiter tous les patients, prouvant que la santé est un droit, pas un privilège. Ine source d’inspiration mondiale Aujourd’hui, Nathacha Rosier est un phare pour sa communauté, un modèle d’entrepreneuriat social et un exemple universel de courage et de détermination. Chaque patient soigné, chaque vie sauvée et chaque sourire retrouvé est la preuve qu’un seul individu, guidé par la passion, le service et l’excellence, peut transformer une région entière et inspirer le monde entier.

Haïti : alerte sanitaire après le passage de l’ouragan Melissa

Lors de la 28ᵉ édition des #MardisDeLaNation, le Gouvernement à travers son ministre de la santé, Dr Sinal BERTRAND a présenté les mesures mises en œuvre pour contenir cette crise sanitaire. L’accent est mis sur la prévention, la protection des populations vulnérables et la réhabilitation rapide des infrastructures de santé endommagées. Parmi les actions prioritaires : -Assistance immédiate aux populations sinistrées et soutien aux structures sanitaires affectées ; -Campagnes de sensibilisation et prévention, avec un message clair sur l’importance de l’eau potable, de l’hygiène personnelle et de la sécurité alimentaire ; -Opérations d’assainissement et distribution de kits d’hygiène dans les communautés les plus exposées ; -Surveillance sanitaire renforcée, permettant une réaction rapide face aux nouveaux cas et une coordination étroite avec les partenaires locaux et internationaux ; -Mobilisation des équipes médicales pour garantir la prise en charge des malades et la mise en place de centres de traitement temporaires si nécessaire. Le Gouvernement appelle toutes les communautés à rester vigilantes et à coopérer pleinement pour limiter la propagation des maladies. La population est invitée à respecter les mesures d’hygiène, à privilégier l’eau traitée ou bouillie et à signaler toute situation suspecte aux autorités sanitaires. Face à ces défis post-catastrophe, la prévention et la réactivité restent les armes essentielles pour protéger la santé publique et éviter que la situation ne se transforme en crise majeure.

publié récemment

Actualité

Lula : de l’ombre au sommet, l’incroyable success story d’un survivant

Très jeune, Lula connaît le travail et les difficultés. Il devient ouvrier métallurgiste et découvre la dure réalité des travailleurs brésiliens. Au lieu de se résigner, il transforme sa colère en combat. Dans les années 1970, il prend la tête de grandes grèves contre la dictature militaire et devient la voix de ceux qui n’en avaient pas. Mais cette ascension attire l’attention du pouvoir, et bientôt, Lula est arrêté. Son premier grand défi commence alors. Après avoir participé à la création du Parti des travailleurs, Lula se lance à la conquête de la présidence. Mais le chemin est loin d’être tracé. Il se présente en 1989, puis en 1994 et en 1998 : trois candidatures, trois défaites. Beaucoup auraient abandonné. Lula, lui, comprend que chaque échec contient une leçon. Il change son discours, élargit ses alliances et revient plus déterminé que jamais. En 2002, celui que certains considéraient comme incapable de gouverner devient finalement président du Brésil. Au pouvoir, Lula transforme son passé en programme politique. Lui qui a connu la pauvreté place les plus démunis au centre de son action et lance des politiques sociales qui améliorent la vie de millions de Brésiliens. Sa popularité grandit, mais son histoire ne va pas tarder à basculer. Après avoir quitté la présidence, il est condamné et emprisonné dans le contexte des scandales de corruption qui secouent le pays. Sa carrière semble terminée. Pour beaucoup, Lula appartient désormais au passé. Mais c’est précisément dans cette chute que commence son retour le plus spectaculaire. Ses condamnations sont ensuite annulées pour des irrégularités judiciaires, ce qui lui permet de retrouver ses droits politiques. Alors que ses adversaires pensent qu’il ne pourra plus jamais revenir, Lula reprend le combat. En 2022, il affronte Jair Bolsonaro dans une élection extrêmement serrée. Contre toute attente, l’ancien ouvrier, l’ancien président et l’ancien prisonnier retrouve le pouvoir. La success story de Lula ne repose donc pas sur une vie sans échec, mais sur son refus d’abandonner. Il a connu la pauvreté, les défaites, la prison et la chute politique, mais aucune de ces épreuves n’a réussi à effacer son ambition. Son parcours démontre qu’un destin peut changer lorsque le courage rencontre la persévérance. Lula n’est pas devenu président parce que la route était facile : il l’est devenu parce qu’il a continué à avancer lorsque tout semblait perdu.

Date : 29-Oct-2026
Auteur : Maxime Daniel ETIENNE
Éditorial

A qui profite l’image d’une Haïti réduite au chaos ?

Il faut avoir le courage de le dire : un peuple peut être plongé dans la violence sans être un peuple violent ; une nation peut être appauvrie sans être une nation inférieure ; un pays peut être déstabilisé sans être condamné au mépris. Alors, pourquoi certains s’obstinent-ils à réduire Haïti à ses gangs, à sa misère et à ses institutions fragilisées ? À qui profite cette image d’un pays prétendument incapable de se relever ? Une crise réelle, mais pas une identité La situation est dramatique. Les violences liées aux gangs ont fait de nombreuses victimes, déplacé des familles entières et aggravé une crise politique déjà profonde. Les élections ont été reportées, tandis que les groupes armés étendent leurs attaques vers les zones rurales. Ces faits doivent être regardés en face. Les victimes haïtiennes ne sont pas des statistiques commodes : ce sont des familles brisées, des enfants déplacés, des femmes agressées, des quartiers abandonnés et une population à qui l’on demande encore de survivre. Mais une vérité en exige une autre : la souffrance d’Haïti ne justifie pas qu’on méprise Haïti. Ne pas confondre le peuple et les gangs Les gangs ne sont pas Haïti. Ils ne représentent ni la dignité du peuple, ni sa culture, ni son histoire. Ils représentent une violence qui détruit les citoyens haïtiens en premier. Confondre les gangs avec la nation haïtienne est une paresse intellectuelle et une injustice morale. C’est comme si l’on jugeait tout un peuple à partir de ceux qui le terrorisent. Haïti mérite une analyse sérieuse de ses responsabilités internes : corruption, faiblesse institutionnelle, impunité, luttes de pouvoir et incapacité politique. Mais cette analyse ne peut pas servir d’excuse à une lecture raciste ou méprisante. Qui profite du mépris ? Le mépris profite d’abord à ceux qui veulent transformer une crise politique en défaut national. Il permet de présenter Haïti comme un pays naturellement condamné au chaos, plutôt que de poser les questions qui dérangent : qui fournit les armes ? Qui finance les réseaux ? Qui profite de l’instabilité ? Qui intervient, puis abandonne le pays lorsque les résultats ne correspondent plus à ses intérêts ? Le trafic d’armes ne tombe pas du ciel. Les armes franchissent des frontières, passent par des réseaux, sont transportées, vendues et financées. Ceux qui contribuent à armer la violence ne peuvent ensuite se présenter comme de simples spectateurs horrifiés. Cela ne signifie pas qu’une puissance étrangère serait seule responsable de la crise. Cela signifie qu’il est hypocrite de parler de violence haïtienne sans parler aussi des circuits qui l’alimentent. Une histoire qu’on voudrait effacer Haïti n’est pas une nation sans histoire. En 1804, des personnes anciennement réduites en esclavage ont proclamé l’indépendance du pays. Vingt et un ans plus tard, la France a reconnu cette souveraineté en échange d’une indemnité imposée aux anciens propriétaires coloniaux. Pour payer cette indemnité, la jeune république a dû contracter des emprunts qui ont alourdi son fardeau financier. Cette histoire ne supprime pas les responsabilités haïtiennes actuelles, mais elle interdit de raconter la crise comme si Haïti était née de la pauvreté, de la violence et de l’échec. On ne peut pas étrangler un pays dans l’histoire, l’abandonner dans le présent, puis utiliser ses blessures comme preuve de son infériorité. À Donald Trump : Haïti vous répond Donald Trump, lorsque vous avez qualifié Haïti de « pays de merde », vous n’avez pas seulement insulté un territoire. Vous avez insulté un peuple, une histoire et une nation qui a payé le prix de sa liberté.Haïti n’est pas votre cible facile. Ce n’est pas un décor de misère que vous pouvez mépriser depuis le confort du pouvoir. C’est une nation née d’une révolution qui a défié l’esclavage, le colonialisme et l’ordre racial de son époque. Vous voyez les ruines, mais vous oubliez ceux qui les ont traversées. Vous voyez la pauvreté, mais vous oubliez les dettes imposées, les ingérences, les abandons et les armes qui ont contribué à nourrir l’instabilité. Vous condamnez les conséquences, mais vous refusez de regarder les responsabilités. Et puisque vous aimez donner des leçons de grandeur, commencez par regarder l’histoire de votre propre pays : l’esclavage, la ségrégation, les discriminations et les guerres ont également marqué les États-Unis. Aucun pays n’a le droit de se présenter comme moralement supérieur. Alors, Donald Trump, écoutez bien : Haïti n’est pas votre « pays de merde ». Haïti est un pays meurtri, mais debout ; pauvre, mais digne ; en crise, mais pas sans histoire. Vous pouvez mépriser Haïti. Vous pouvez l’insulter. Vous ne pourrez pas effacer ce qu’elle représente. Une nation debout Haïti n’est pas parfaite. Elle est traversée par la violence, la corruption et des crises politiques profondes. Le nier serait mentir au peuple haïtien, qui paie le prix le plus lourd de ces échecs. Mais reconnaître les fautes d’un pays ne donne à personne le droit d’insulter son peuple. La critique est nécessaire ; le mépris est une lâcheté. La vérité est indispensable ; la caricature est une arme. Haïti est en crise, mais elle n’est pas une crise. Elle est une nation, une histoire, une mémoire et un peuple qui refuse de disparaître sous les insultes. Haïti n’a pas honte de son histoire. Ceux qui la méprisent devraient peut-être avoir honte de la leur.

Date : 29-Oct-2026
Auteur : Maxime Daniel ETIENNE
Société

Depuis le dimanche 25 octobre, des hommes armés rôdent autour de cette commune de l'Artibonite. Les habitants redoutent de perdre l'un des derniers grands centres de soins du pays.

À Deschapelles, la peur a pris la place du calme. Depuis le dimanche 25 octobre 2026, des individus armés sont signalés aux abords de cette commune de l'Artibonite. Des habitants joints par téléphone parlent d'une présence qui ne s'éloigne pas et qui grandit d'heure en heure. Ils ont lancé un appel pressant aux forces de l'ordre pour que la commune ne tombe pas à son tour sous la coupe des groupes armés. Dans ce message, une inquiétude revient plus que toutes les autres : le sort de l'hôpital Albert Schweitzer. Pour les riverains, protéger Deschapelles revient d'abord à protéger cet établissement. Un hôpital qui a fait grandir la commune L'hôpital Albert Schweitzer Haiti ouvre ses portes le 26 juin 1956, dans la vallée de l'Artibonite. Il doit son existence à Larry et Gwen Mellon, un couple américain inspiré par l'œuvre du docteur Albert Schweitzer au Gabon. Larry Mellon et son épouse y ont consacré le reste de leur vie. Il est mort en 1989, elle en 2000. En près de soixante-dix ans, l'établissement est devenu bien plus qu'un hôpital. Il soigne les patients de toute une région qui compte plusieurs centaines de milliers d'habitants et mène aussi des actions de santé communautaire. Deschapelles, simple bourg tranquille à l'origine, a grandi autour de lui. Des familles s'y sont installées pour y trouver du travail et des soins. Une liste d'hôpitaux qui s'allonge La menace qui pèse sur Deschapelles survient dans un contexte déjà lourd pour le système de santé haïtien. Selon la presse en ligne, l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti, plus connu sous le nom d'hôpital général, ainsi que l'Hôpital universitaire de Mirebalais, sont aujourd'hui sous le contrôle de groupes armés. Si Deschapelles basculait à son tour, l'Artibonite perdrait un pilier de son offre de soins, dans un pays où les structures encore debout se font rares. Pour les malades, les conséquences seraient immédiates. Il faudrait parcourir de plus longues distances, sur des routes peu sûres, pour atteindre un autre établissement. Les femmes enceintes, les enfants et les blessés seraient les premiers touchés. Une région où l'insécurité gagne du terrain Dans l'Artibonite, les gangs continuent d'étendre leur emprise. La Police nationale d'Haïti y a pourtant dépêché des renforts le 18 octobre. Ils n'ont pas inversé la tendance sur le terrain. Le groupe dénommé « gran grif », installé à Savien, domine déjà une partie du département. Au même moment, l'attention des autorités reste largement tournée vers la région métropolitaine de Port-au-Prince. Depuis l'attaque du 18 octobre contre quatre techniciens militaires salvadoriens de la Force de répression des gangs, à Santo 17, dans la commune de Croix-des-Bouquets, plusieurs fiefs de gangs sont visés par des opérations. À ce jour, aucun chef de gang connu n'a été tué ou arrêté. Ce que réclament les habitants À Deschapelles, la demande est claire : un déploiement rapide de policiers pour sécuriser la commune et préserver l'hôpital. Les habitants rappellent qu'il ne s'agit pas seulement de défendre un bâtiment, mais un service dont dépendent des milliers de vies. Reste à savoir si l'État entendra cet appel avant que les armes ne parlent.

Date : 29-Oct-2026
Auteur : Maxime Daniel ETIENNE
Actualité

Haïti : 1 300 soldats salvadoriens en une semaine, mais le sort de quatre d'entre eux reste un mystère

Dans le même temps, quatre militaires salvadoriens demeurent introuvables. D'après Rezo Nòdwès, ils ont disparu le 18 octobre dans le secteur de Santo, à Croix-des-Bouquets, une zone où évoluent des groupes armés. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux relance le débat. Wilson Joseph, alias « Lanmo Sanjou », chef présumé du gang 400 Mawozo, y affirme ne pas détenir les quatre hommes. Selon HaitiLibre, il soutient qu'ils auraient été tués par erreur lors d'une fusillade dans la zone contrôlée par le gang rival Chen Mechan. Il ajoute que, s'ils avaient été sur son territoire, il les aurait gardés comme otages afin de négocier directement avec le président salvadorien Nayib Bukele, en exigeant notamment le départ des forces étrangères d'Haïti. Ces propos sont ceux d'un chef de gang recherché par la justice américaine, avec une récompense pouvant aller jusqu'à un million de dollars pour sa capture. Ils n'ont, à ce stade, été confirmés par aucune source indépendante. Rezo Nòdwès rapporte par ailleurs que, selon le Washington Post, des restes retrouvés pourraient ne pas appartenir aux quatre Salvadoriens. Le contraste est frappant : les effectifs étrangers se multiplient en quelques jours, mais le sort de quatre militaires déjà sur place n'est toujours pas établi. Tant que les autorités concernées ne fourniront pas d'éléments vérifiés, la parole d'un chef de gang restera le principal récit disponible.

Date : 29-Oct-2026
Auteur : Maxime Daniel ETIENNE

A LA UNE

Haïti : Abinader propose un soutien logistique à Bukele, alors que des munitions dominicaines sont retrouvées chez des gangs

Cette proposition intervient alors que le Salvador poursuit une opération destinée à retrouver quatre techniciens militaires disparus en Haïti. Les autorités salvadoriennes ont mobilisé des forces spécialisées pour participer aux recherches, dans un contexte où les circonstances exactes de leur disparition restent encore à établir. Une coopération sous surveillance Selon Luis Abinader, la République dominicaine maintient des contacts avec la Force de suppression des gangs et pourrait fournir un appui dans les domaines de la logistique et du renseignement. Les informations disponibles ne font pas état d’une décision d’envoyer des troupes dominicaines combattre directement aux côtés des forces salvadoriennes. Le gouvernement dominicain affirme également avoir renforcé la surveillance de sa frontière avec Haïti. Des soldats supplémentaires, des véhicules blindés, des drones et des aéronefs seraient mobilisés afin de prévenir toute tentative d’incursion de groupes armés sur le territoire dominicain. Les gangs 400 Mawozo et Chen Mechan sont cités parmi les groupes opérant dans les zones liées à la disparition des Salvadoriens. Toutefois, les responsabilités précises ainsi que les circonstances de l’incident doivent encore être confirmées par les autorités compétentes. Des munitions provenant de stocks dominicains L’offre d’assistance dominicaine intervient alors que la circulation des armes et des munitions dans la région suscite de nouvelles interrogations. Selon des informations attribuées au Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti, un inventaire aurait révélé le détournement de 908 001 articles, principalement des munitions, provenant des stocks de la Police nationale dominicaine. Des inspections réalisées à Port-au-Prince auraient également permis d’identifier, entre les mains de 400 Mawozo et d’autres groupes armés, des munitions compatibles avec celles déclarées disparues des stocks dominicains. Ces éléments ne prouvent pas que le gouvernement dominicain a directement fourni des armes aux gangs. Ils soulèvent cependant la possibilité de détournements, de complicités ou de défaillances dans les systèmes de stockage, de contrôle et de distribution du matériel de sécurité. Une contradiction qui interpelle La situation met en évidence une contradiction politique difficile à ignorer. D’un côté, la République dominicaine affirme vouloir empêcher les groupes armés haïtiens de menacer son territoire et propose un soutien à l’opération menée avec l’appui du Salvador. De l’autre, des munitions provenant de stocks dominicains auraient été retrouvées entre les mains de gangs responsables d’une partie de la violence en Haïti. Il serait toutefois imprudent d’affirmer que la République dominicaine alimente directement les gangs sans distinguer la responsabilité de l’État, le détournement de matériel et le trafic transfrontalier. Le nombre de 908 001 articles correspond aux pertes identifiées dans les stocks dominicains et ne signifie pas que 400 Mawozo aurait utilisé l’intégralité de ces munitions. Des explications attendues Les autorités dominicaines sont désormais appelées à clarifier les circonstances dans lesquelles ces munitions ont disparu, à identifier les responsables présumés et à présenter les mesures prises pour empêcher de nouveaux détournements. Une enquête sérieuse devrait également examiner les éventuelles complicités au sein des forces de sécurité, les réseaux de transport et les circuits de contrebande qui facilitent le passage des armes vers Haïti. La coopération avec le Salvador pourrait contribuer à retrouver les militaires disparus. Elle ne devrait toutefois pas faire oublier le problème central : le contrôle des armes et des munitions qui alimentent la violence en Haïti. Toute assistance régionale devra respecter la souveraineté haïtienne, protéger les populations civiles et garantir la transparence sur l’origine des armes retrouvées auprès des groupes armés. La question demeure donc entière : comment la République dominicaine compte-t-elle contribuer à la lutte contre les gangs tout en empêchant que son propre matériel de sécurité ne tombe entre leurs mains ?

Lula : de l’ombre au sommet, l’incroyable success story d’un survivant

Très jeune, Lula connaît le travail et les difficultés. Il devient ouvrier métallurgiste et découvre la dure réalité des travailleurs brésiliens. Au lieu de se résigner, il transforme sa colère en combat. Dans les années 1970, il prend la tête de grandes grèves contre la dictature militaire et devient la voix de ceux qui n’en avaient pas. Mais cette ascension attire l’attention du pouvoir, et bientôt, Lula est arrêté. Son premier grand défi commence alors. Après avoir participé à la création du Parti des travailleurs, Lula se lance à la conquête de la présidence. Mais le chemin est loin d’être tracé. Il se présente en 1989, puis en 1994 et en 1998 : trois candidatures, trois défaites. Beaucoup auraient abandonné. Lula, lui, comprend que chaque échec contient une leçon. Il change son discours, élargit ses alliances et revient plus déterminé que jamais. En 2002, celui que certains considéraient comme incapable de gouverner devient finalement président du Brésil. Au pouvoir, Lula transforme son passé en programme politique. Lui qui a connu la pauvreté place les plus démunis au centre de son action et lance des politiques sociales qui améliorent la vie de millions de Brésiliens. Sa popularité grandit, mais son histoire ne va pas tarder à basculer. Après avoir quitté la présidence, il est condamné et emprisonné dans le contexte des scandales de corruption qui secouent le pays. Sa carrière semble terminée. Pour beaucoup, Lula appartient désormais au passé. Mais c’est précisément dans cette chute que commence son retour le plus spectaculaire. Ses condamnations sont ensuite annulées pour des irrégularités judiciaires, ce qui lui permet de retrouver ses droits politiques. Alors que ses adversaires pensent qu’il ne pourra plus jamais revenir, Lula reprend le combat. En 2022, il affronte Jair Bolsonaro dans une élection extrêmement serrée. Contre toute attente, l’ancien ouvrier, l’ancien président et l’ancien prisonnier retrouve le pouvoir. La success story de Lula ne repose donc pas sur une vie sans échec, mais sur son refus d’abandonner. Il a connu la pauvreté, les défaites, la prison et la chute politique, mais aucune de ces épreuves n’a réussi à effacer son ambition. Son parcours démontre qu’un destin peut changer lorsque le courage rencontre la persévérance. Lula n’est pas devenu président parce que la route était facile : il l’est devenu parce qu’il a continué à avancer lorsque tout semblait perdu.

A qui profite l’image d’une Haïti réduite au chaos ?

Il faut avoir le courage de le dire : un peuple peut être plongé dans la violence sans être un peuple violent ; une nation peut être appauvrie sans être une nation inférieure ; un pays peut être déstabilisé sans être condamné au mépris. Alors, pourquoi certains s’obstinent-ils à réduire Haïti à ses gangs, à sa misère et à ses institutions fragilisées ? À qui profite cette image d’un pays prétendument incapable de se relever ? Une crise réelle, mais pas une identité La situation est dramatique. Les violences liées aux gangs ont fait de nombreuses victimes, déplacé des familles entières et aggravé une crise politique déjà profonde. Les élections ont été reportées, tandis que les groupes armés étendent leurs attaques vers les zones rurales. Ces faits doivent être regardés en face. Les victimes haïtiennes ne sont pas des statistiques commodes : ce sont des familles brisées, des enfants déplacés, des femmes agressées, des quartiers abandonnés et une population à qui l’on demande encore de survivre. Mais une vérité en exige une autre : la souffrance d’Haïti ne justifie pas qu’on méprise Haïti. Ne pas confondre le peuple et les gangs Les gangs ne sont pas Haïti. Ils ne représentent ni la dignité du peuple, ni sa culture, ni son histoire. Ils représentent une violence qui détruit les citoyens haïtiens en premier. Confondre les gangs avec la nation haïtienne est une paresse intellectuelle et une injustice morale. C’est comme si l’on jugeait tout un peuple à partir de ceux qui le terrorisent. Haïti mérite une analyse sérieuse de ses responsabilités internes : corruption, faiblesse institutionnelle, impunité, luttes de pouvoir et incapacité politique. Mais cette analyse ne peut pas servir d’excuse à une lecture raciste ou méprisante. Qui profite du mépris ? Le mépris profite d’abord à ceux qui veulent transformer une crise politique en défaut national. Il permet de présenter Haïti comme un pays naturellement condamné au chaos, plutôt que de poser les questions qui dérangent : qui fournit les armes ? Qui finance les réseaux ? Qui profite de l’instabilité ? Qui intervient, puis abandonne le pays lorsque les résultats ne correspondent plus à ses intérêts ? Le trafic d’armes ne tombe pas du ciel. Les armes franchissent des frontières, passent par des réseaux, sont transportées, vendues et financées. Ceux qui contribuent à armer la violence ne peuvent ensuite se présenter comme de simples spectateurs horrifiés. Cela ne signifie pas qu’une puissance étrangère serait seule responsable de la crise. Cela signifie qu’il est hypocrite de parler de violence haïtienne sans parler aussi des circuits qui l’alimentent. Une histoire qu’on voudrait effacer Haïti n’est pas une nation sans histoire. En 1804, des personnes anciennement réduites en esclavage ont proclamé l’indépendance du pays. Vingt et un ans plus tard, la France a reconnu cette souveraineté en échange d’une indemnité imposée aux anciens propriétaires coloniaux. Pour payer cette indemnité, la jeune république a dû contracter des emprunts qui ont alourdi son fardeau financier. Cette histoire ne supprime pas les responsabilités haïtiennes actuelles, mais elle interdit de raconter la crise comme si Haïti était née de la pauvreté, de la violence et de l’échec. On ne peut pas étrangler un pays dans l’histoire, l’abandonner dans le présent, puis utiliser ses blessures comme preuve de son infériorité. À Donald Trump : Haïti vous répond Donald Trump, lorsque vous avez qualifié Haïti de « pays de merde », vous n’avez pas seulement insulté un territoire. Vous avez insulté un peuple, une histoire et une nation qui a payé le prix de sa liberté.Haïti n’est pas votre cible facile. Ce n’est pas un décor de misère que vous pouvez mépriser depuis le confort du pouvoir. C’est une nation née d’une révolution qui a défié l’esclavage, le colonialisme et l’ordre racial de son époque. Vous voyez les ruines, mais vous oubliez ceux qui les ont traversées. Vous voyez la pauvreté, mais vous oubliez les dettes imposées, les ingérences, les abandons et les armes qui ont contribué à nourrir l’instabilité. Vous condamnez les conséquences, mais vous refusez de regarder les responsabilités. Et puisque vous aimez donner des leçons de grandeur, commencez par regarder l’histoire de votre propre pays : l’esclavage, la ségrégation, les discriminations et les guerres ont également marqué les États-Unis. Aucun pays n’a le droit de se présenter comme moralement supérieur. Alors, Donald Trump, écoutez bien : Haïti n’est pas votre « pays de merde ». Haïti est un pays meurtri, mais debout ; pauvre, mais digne ; en crise, mais pas sans histoire. Vous pouvez mépriser Haïti. Vous pouvez l’insulter. Vous ne pourrez pas effacer ce qu’elle représente. Une nation debout Haïti n’est pas parfaite. Elle est traversée par la violence, la corruption et des crises politiques profondes. Le nier serait mentir au peuple haïtien, qui paie le prix le plus lourd de ces échecs. Mais reconnaître les fautes d’un pays ne donne à personne le droit d’insulter son peuple. La critique est nécessaire ; le mépris est une lâcheté. La vérité est indispensable ; la caricature est une arme. Haïti est en crise, mais elle n’est pas une crise. Elle est une nation, une histoire, une mémoire et un peuple qui refuse de disparaître sous les insultes. Haïti n’a pas honte de son histoire. Ceux qui la méprisent devraient peut-être avoir honte de la leur.

Depuis le dimanche 25 octobre, des hommes armés rôdent autour de cette commune de l'Artibonite. Les habitants redoutent de perdre l'un des derniers grands centres de soins du pays.

À Deschapelles, la peur a pris la place du calme. Depuis le dimanche 25 octobre 2026, des individus armés sont signalés aux abords de cette commune de l'Artibonite. Des habitants joints par téléphone parlent d'une présence qui ne s'éloigne pas et qui grandit d'heure en heure. Ils ont lancé un appel pressant aux forces de l'ordre pour que la commune ne tombe pas à son tour sous la coupe des groupes armés. Dans ce message, une inquiétude revient plus que toutes les autres : le sort de l'hôpital Albert Schweitzer. Pour les riverains, protéger Deschapelles revient d'abord à protéger cet établissement. Un hôpital qui a fait grandir la commune L'hôpital Albert Schweitzer Haiti ouvre ses portes le 26 juin 1956, dans la vallée de l'Artibonite. Il doit son existence à Larry et Gwen Mellon, un couple américain inspiré par l'œuvre du docteur Albert Schweitzer au Gabon. Larry Mellon et son épouse y ont consacré le reste de leur vie. Il est mort en 1989, elle en 2000. En près de soixante-dix ans, l'établissement est devenu bien plus qu'un hôpital. Il soigne les patients de toute une région qui compte plusieurs centaines de milliers d'habitants et mène aussi des actions de santé communautaire. Deschapelles, simple bourg tranquille à l'origine, a grandi autour de lui. Des familles s'y sont installées pour y trouver du travail et des soins. Une liste d'hôpitaux qui s'allonge La menace qui pèse sur Deschapelles survient dans un contexte déjà lourd pour le système de santé haïtien. Selon la presse en ligne, l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti, plus connu sous le nom d'hôpital général, ainsi que l'Hôpital universitaire de Mirebalais, sont aujourd'hui sous le contrôle de groupes armés. Si Deschapelles basculait à son tour, l'Artibonite perdrait un pilier de son offre de soins, dans un pays où les structures encore debout se font rares. Pour les malades, les conséquences seraient immédiates. Il faudrait parcourir de plus longues distances, sur des routes peu sûres, pour atteindre un autre établissement. Les femmes enceintes, les enfants et les blessés seraient les premiers touchés. Une région où l'insécurité gagne du terrain Dans l'Artibonite, les gangs continuent d'étendre leur emprise. La Police nationale d'Haïti y a pourtant dépêché des renforts le 18 octobre. Ils n'ont pas inversé la tendance sur le terrain. Le groupe dénommé « gran grif », installé à Savien, domine déjà une partie du département. Au même moment, l'attention des autorités reste largement tournée vers la région métropolitaine de Port-au-Prince. Depuis l'attaque du 18 octobre contre quatre techniciens militaires salvadoriens de la Force de répression des gangs, à Santo 17, dans la commune de Croix-des-Bouquets, plusieurs fiefs de gangs sont visés par des opérations. À ce jour, aucun chef de gang connu n'a été tué ou arrêté. Ce que réclament les habitants À Deschapelles, la demande est claire : un déploiement rapide de policiers pour sécuriser la commune et préserver l'hôpital. Les habitants rappellent qu'il ne s'agit pas seulement de défendre un bâtiment, mais un service dont dépendent des milliers de vies. Reste à savoir si l'État entendra cet appel avant que les armes ne parlent.

POLITIQUE

Haïti face à l’ultimatum : l’ombre des gangs et le silence du pouvoir

La disparition de quatre techniciens salvadoriens en Haïti fait désormais peser une inquiétude lourde sur les groupes armés et sur les responsables politiques haïtiens. Ce qui pouvait apparaître comme un nouvel épisode de violence dans un pays meurtri prend une dimension internationale : des ressortissants étrangers, affectés à une mission d’assistance, sont désormais au cœur d’une crise qui expose l’impuissance de l’État et la brutalité des gangs. Dans un message ferme, le président salvadorien Nayib Bukele affirme avoir lancé une opération pour retrouver les quatre hommes et les ramener vivants. Son avertissement résonne comme un coup de tonnerre : si les otages sont blessés ou tués, la réponse annoncée pourrait dépasser largement le cadre d’une simple opération de recherche. Pour les gangs, le temps de l’impunité pourrait toucher à sa fin. En s’attaquant à des techniciens présentés comme des non-combattants, ils auraient franchi une ligne dangereuse : celle qui transforme un crime local en affrontement diplomatique et sécuritaire. Chaque heure de silence augmente la pression, chaque menace proférée contre les captifs rapproche les ravisseurs d’une confrontation aux conséquences imprévisibles. Mais cet avertissement s’adresse également aux dirigeants haïtiens. Car lorsque des hommes armés peuvent enlever des étrangers au cœur du territoire national, ce n’est pas seulement la puissance des gangs qui est révélée : c’est aussi la faiblesse d’un appareil d’État incapable de garantir la sécurité, de protéger les civils et de faire respecter la loi. Le pouvoir haïtien ne peut plus se contenter de condamner les violences après coup. Les familles attendent des réponses, les partenaires internationaux exigent des actes et la population observe, avec une inquiétude grandissante, un pays où les ravisseurs semblent parfois disposer de plus d’autorité que les institutions. Le message venu du Salvador agit ainsi comme un miroir brutal. Il renvoie aux gangs l’image de leur propre vulnérabilité, mais il rappelle aussi aux dirigeants haïtiens le prix du silence et de l’inaction. Une nation ne peut être gouvernée par la peur, ni abandonnée aux armes de ceux qui confondent puissance et terreur. L’enjeu dépasse désormais le sort de quatre hommes. Il concerne la souveraineté d’Haïti, la crédibilité de ses institutions et la capacité de ses dirigeants à reprendre le contrôle du territoire. Si les captifs sont encore en vie, leur libération doit être la priorité absolue. Si leur sécurité est compromise, la responsabilité morale et politique des ravisseurs, mais aussi celle des autorités qui n’auront pas su les protéger, sera immense. Face aux gangs, la fermeté est nécessaire, mais elle doit s’inscrire dans le droit. Face aux dirigeants, la pression citoyenne est légitime : gouverner ne consiste pas à commenter le chaos, mais à protéger la population et à agir contre ceux qui la terrorisent.

Élections : une réunion au sommet, aucune mesure concrète et un calendrier qui se brouille

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a réuni mardi 13 octobre les responsables de la sécurité et des représentants du CEP pour examiner les conditions des prochaines élections. La rencontre s'est achevée sans l'annonce de mesures concrètes. Dans un pays où la sécurité demeure le nœud du problème, cette concertation pouvait laisser espérer des décisions claires. Il n'en a rien été. Les autorités ont discuté, évalué, échangé, mais les citoyens, eux, restent sans réponse sur ce qui sera fait pour garantir un scrutin possible. À ce flou s'ajoute une contradiction troublante. Selon franceinfo, le CEP aurait annoncé le 6 octobre un report sine die des élections. Pourtant, d'autres médias continuent de parler de candidatures et d'inscriptions, comme si le processus suivait normalement son cours. Deux lectures d'une même réalité, et une seule vérité qui peine à s'imposer : le calendrier reste à confirmer. C'est ici que la question de la crédibilité du processus se pose avec force. Comment mobiliser des électeurs quand la date du vote est incertaine ? Comment demander à des candidats de s'engager quand on ignore si la compétition aura lieu ? Et comment parler de confiance quand l'information officielle elle-même semble divisée ? Une élection ne se juge pas seulement le jour du vote. Elle se juge dès les premiers signes : la clarté des dates, la cohérence des annonces, la capacité des institutions à tenir parole. Sur ces points, le doute s'installe. Tant que les autorités n'auront pas levé ces ambiguïtés par une communication nette et un calendrier officiel, la crédibilité de ce processus restera suspendue à une réponse que l'opinion attend toujours.

Partenaires

Partenaire de RTVHaiti
Partenaire de RTVHaiti
Partenaire de RTVHaiti
Partenaire de RTVHaiti